Pyongyang a aidé le programme syrien d’armes chimiques

D’après des experts de l’ONU, la Corée du Nord est parvenue pendant cinq ans à contourner aisément l’embargo sur les armes, échappant à la surveillance des renseignements occidentaux.

De 2012 à 2017, la Corée du Nord s’est jouée avec une facilité déconcertante de l’embargo sur les armes décrété par les Nations unies. D’après un panel de huit experts onusiens, 40 chargements de contrebande auraient échappé à la surveillance satellitaire des services de renseignements américains et alliés. Pire, ils comprenaient des composants de missiles balistiques et d’armes chimiques.

Ces révélations surviennent alors que les chancelleries occidentales accusent Damas de s’être livré à des bombardements chimiques au chlore contre le fief rebelle de la Ghouta orientale. Dans le document confidentiel de 200 pages sont décrits les efforts déployés par Pyongyang pour contourner les sanctions. Usant d’une nébuleuse de sociétés écran et d’intermédiaires grassement rémunérés, le régime de Kim Jong-un a mené des cyberattaques pour voler des secrets militaires à l’étranger et sollicité son réseau diplomatique pour faciliter toutes sortes de contrebande. La présence de techniciens missiliers nord-coréens, en outre, aurait été repérée sur des sites d’armes chimiques en Syrie.

Dénonçant les dangers de cette coopération fructueuse entre deux États-parias de la société des nations, le rapport tance aussi la Russie et la Chine, jugées trop laxistes sur l’importation de charbon nord-coréen, ainsi que l’exportation vers Pyongyang de pétrole et de certains produits de luxe.