Présidentielle : Fillon et Macron au coude-à- coude, Le Pen en tête

Le Figaro – par Judith Waintraub


Selon un sondage Kantar Sofres-One Point pour Le Figaro, RTLet LCI, François Fillon et Emmanuel Macron obtiendraient 22 % et 21 % au premier tour de la présidentielle, devancés par Marine Le Pen.

Un grand vent d’incertitude souffle sur la présidentielle. Réalisée les 26 et 27 janvier, notre enquête Kantar Sofres-OnePoint pour Le Figaro, RTL et LCI montre que les accusations d’emplois fictifs lancées contre le couple Fillon  ont un impact sur les intentions de vote au premier tour. En effet, notre sondage mesure un resserrement entre François Fillon et Emmanuel Macron désormais au coude-à-coude avec respectivement 22% et 21%, si François Bayrou n’était pas candidat. La qualification de Marine

Le Pen au second tour reste l’hypothèse la plus probable à ce stade, avec 25% des suffrages. Mais quel que soit son adversaire final, la présidente du Front national est battue en duel. Quant à la candidature de Benoît Hamon, crédité de 15% des intentions de vote, elle inverse la hiérarchie à gauche. Le député des Yvelines devance en effet Jean-Luc Mélenchon, relégué à la cinquième place avec seulement 10 % des intentions de vote. Marine Le Pen battue au second tour dans tous les cas

«À trois mois de la présidentielle, on peut parler d’un écart entre Fillon et Macron qui n’est plus que de l’épaisseur du trait», constate Emmanuel Rivière, le directeur général France de Kantar Public. «Dans ce contexte particulier de la révélation de l’affaire des emplois fictifs, la qualification de Fillon au second tour n’est plus garantie», selon Emmanuel Rivière, qui précise que «le décrochage ducandidat de la droite et du centre par rapport à sa position dominante au lendemain de sa victoire à la primaire n’est pas entièrement dû à ses ennuis judiciaires, mais à un tassement de sa dynamique de campagne».

Autre signe d’inquiétude pour Fillon: il ne battrait Le Pen qu’à 60 % contre 40 % des suffrages, tandis que Macron, lui, creuserait l’écart à 65 % des voix contre 35 % pour la présidente du Front national. Emmanuel Rivière estime que ce différentiel «tient autant aux déboires récents de l’ex-premier ministre qu’au positionnement très rigide qu’il a adopté après la primaire à la fois sur les questions sociales et sociétales». «Le choix entre Fillon et Le Pen apparaît compliqué pour un électeur de gauche», résume le directeur général France de Kantar Public.


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Quelques atouts

Dans ce «match pour la deuxième place», selon la formule du sondeur, François Fillon conserve tout de même quelques atouts: en termes de «sûreté de choix», il est à 61 %, tandis que le fondateur d’En marche! n’est qu’à 41 %. «La dynamique est plutôt favorable à Macron mais la solidité, plutôt favorable à Fillon», résume Emmanuel Rivière.

Dans ce «match pour la deuxième place», selon la formule du sondeur, François Fillon conserve tout de même quelques atouts : en termes de «sûreté de choix», il est à 61 %, tandis que le fondateur d’En marche ! n’est qu’à 41 %. «La dynamique est plutôt favorable à Macron mais la solidité, plutôt favorable à Fillon», résume Emmanuel Rivière.

À gauche, la qualification de Benoît Hamon apparaît comme un facteur d’incertitude supplémentaire, même si elle ne bouleverse pas la donne. Jusqu’à présent, le vainqueur de la primaire, quel qu’il soit, semblait condamner à arriver cinquième au premier tour. Dans notre enquête, le candidat du PS dame le pion à Jean-Luc Mélenchon. Ce qui, avec 10 %, ramènerait Mélenchon à un point de son score de la présidentielle de 2012. «Un nouveau match dans le match est créé, et il est totalement ouvert, car il y a une très grande fluidité entre les deux électorats», estime Emmanuel Rivière.

Selon lui, le « défi »pour le candidat de la France insoumise est de surmonter « la concurrence que lui fait Hamon à la gauche du PS, avec l’avantage d’apparaître comme un homme nouveau alors qu’il est membre du Parti socialiste depuis vingt-cinq ans». Mélenchon doit donc renouveler son discours par rapport à celui qu’il tenait lors de sa dernière campagne présidentielle et montrer qu’il est une force de proposition, l’une des clés du succès de Hamon étant d’avoir fait en sorte que le débat s’articule autour de ses idées. 

L’ex-leader du Front de gauche peut aussi espérer que les sympathisants socialistes qui soutenaient Manuel Valls réagissent à la défaite de leur champion en s’éparpillant et en rejoignant Emmanuel Macron. Si c’était le cas, la progression de Benoît Hamon pourrait être au moins en partie entamée.

«Les mouvements d’un électorat à l’autre sont facilités par la présence dans la compétition du fondateur d’En marche !, remarque Emmanuel Rivière. Il bouscule les équilibres et crée des passerelles.» L’instabilité des rapports de forces a incité Kantar Sofres à tester un second tour Macron-Fillon. L’ex-ministre de l’Économie battrait le candidat de la droite 58 % contre 42 %. «Ce n’est pas l’hypothèse qui semble sortir du rapport de forces, explique le sondeur, mais nous n’avons pas souhaité donner le sentiment qu’il y aurait des duels annoncés et que les choses seraient figées, à trois mois du scrutin.»