Nucléaire iranien : Benyamin Netanyahou à l’assaut de l’Europe

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a entamé lundi 4 juin une tournée européenne pour s’entretenir avec Angela Merkel, Emmanuel Macron, et Theresa May. Peu avant de quitter Israël, il a déclaré: « Je vais rencontrer trois dirigeants et je vais discuter avec eux de deux sujets : l’Iran et l’Iran », appelant à « augmenter la pression » sur Téhéran concernant son programme nucléaire. Et d’ajouter : « Je discuterai avec eux des moyens de bloquer les aspirations nucléaires et l’expansion iranienne au Moyen-Orient. » Des questions qu’il juge « vitales pour la sécurité d’Israël ». L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni font partie des signataires de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre les grandes puissances (avec la Chine et la Russie) et l’Iran. Depuis le retrait des États-Unis de cet accord, mardi 8 mai, Berlin, Paris et Londres comptent le préserver en trouvant un compromis avec Téhéran.

Pour le chef du gouvernement israélien, si Téhéran a pu renforcer sa présence militaire au Moyen-Orient, notamment au Yémen ou en Syrie, c’est grâce à la manne financière libérée par la levée des sanctions économiques après la signature de l’accord. L’objectif de l’Iran est « de mener une guerre de religion en Syrie, en majorité sunnite », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse avec la chancelière allemande.

La décision de l’Iran d’augmenter ses capacités d’enrichissement d’uranium a provoqué une nouvelle envolée des tensions, Israël estimant que le programme nucléaire et les capacités balistiques iraniennes constituent une menace existentielle. « J’invite tout le monde à stabiliser la situation et à ne pas céder à cette escalade parce qu’elle ne mènerait qu’à une chose, le conflit », a lancé Emmanuel Macron à l’issue de son entretien avec Benyamin Netanyahu à l’Elysée. Le président français a mis en garde mardi 5 juin contre toute « escalade » vers une guerre au Moyen-Orient alors que le Premier ministre israélien l’exhortait à mettre une « pression maximale » sur l’Iran pour l’empêcher d’accéder à l’arme nucléaire. Dans un discours à la télévision, le guide suprême Ali Khamenei a catégoriquement exclu toute « limitation » du développement des missiles balistiques, comme le réclament les pays européens, qui cherchent à sauver l’accord nucléaire de 2015. « C’est un rêve qui ne se réalisera pas », a martelé lundi Ali Khamenei. Accusant les États-Unis de « mener une guerre économique et psychologique » contre Téhéran parce qu’ils ne veulent pas « d’un Iran indépendant dans la région », l’ayatollah Khamenei a prévenu que son pays « attaquerait dix fois plus s’il est attaqué ».

Benyamin Netanyahou et Emmanuel Macron ont campé sur leur position sur le dossier iranien. Ils ont également évoqué le conflit israélo-palestinien et fait apparaître leurs divergences. Toutefois, de sa dernière visite à Washington et de cette nouvelle rencontre avec le Premier ministre israélien, le président français a bien compris qu’il ne pourrait pas briser l’axe Netanyahou-Trump. Il tente de se poser en éventuel médiateur et facilitateur mais il a affirmé qu’il ne prendra pas d’initiative majeure comme une reconnaissance unilatérale de la Palestine. Du reste, sa marge de manoeuvre demeure extrêmement faible. Le Premier ministre israélien, qui en est à son quatrième président français, a appris à surmonter les injonctions européenne et ne saurait se laisser intimider.