Nétanyahou fonde une «Trump Colony» dans le nord-ouest du Golan (Thierry Oberlé – Le Figaro)

Le Premier ministre israélien a choisi le site où sera construite sur le plateau du Golan occupé par Israël une nouvelle colonie qui prendra à sa demande le nom du président américain.

Benyamin Nétanyahou a trouvé le lieu de la nouvelle colonie israélienne qu’il a décidé de baptiser du nom de son ami Donald Trump sur les hauteurs du Golan, un territoire annexé par l’État hébreu en 1981. L’implantation va voir le jour dans le nord-ouest de la région et le Premier ministre israélien devrait poser sa première pierre en juin, à l’occasion du 52ème anniversaire de la prise de contrôle du Golan par Israël pendant la guerre des Six Jours.

L’initiative est destinée, selon Benyamin Nétanyahou, à remercier le président américain pour sa décision de reconnaître la souveraineté israélienne sur le plateau considéré par l’ensemble de la communauté internationale – à l’exception désormais des États-Unis – comme un territoire syrien occupé.

Donald Trump a validé de manière unilatérale ce changement du tracé d’une frontière internationale par un Tweet, puis a signé le 25 mars en présence du chef du chef du gouvernement israélien une proclamation reconnaissant officiellement la souveraineté d’Israël dans la salle de réception diplomatique de la Maison-Blanche à Washington. Le cadeau offert à l’allié israélien avait particulièrement ravi Benyamin Nétanyahou, à quelques jours d’élections législatives disputées qu’il a remporté sur le fil.

120 familles religieuses et laïques

«Cette semaine, nous célébrons le premier anniversaire de l’ouverture de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem», a déclaré dimanche le Premier ministre israélien au début de la réunion hebdomadaire de son cabinet à Jérusalem. «Nous apprécions beaucoup cette décision historique du Président Trump, tout comme nous apprécions grandement sa décision historique sur le plateau du Golan». «J’ai promis que nous allons fonder une implantation du nom du président Trump. Nous avons sélectionné le site et le processus est en marche», a-t-il ajouté.

Selon le quotidien Makor Rishon, le village accueillera dans un premier temps 120 familles religieuses et laïques près de la colonie de Kela Alon et sera construit en utilisant les plans d’un projet communautaire abandonné. Environ 18 000 Druzes syriens dont la quasi-totalité refusent la citoyenneté israélienne vivent toujours sur le plateau où se sont installés quelque 20 000 colons israéliens dans 33 colonies de peuplement. La région est réputée en Israël pour sa viande, son vin et son huile d’olive. Elle compte aussi une station de ski.

« Nous avons sélectionné le site et le processus est en marche »

Benyamin Nétanyahou

Une force des Nations unies est chargée depuis 1974 de contrôler l’application du cessez-le-feu entre les forces israéliennes et syriennes en l’absence d’un agrément entre les deux pays. L’ONU n’a jamais reconnu l’annexion et considère que les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international. L’administration américaine qui a longtemps joué un rôle de facilitateur lors de négociations secrètes entre les deux parties s’est toujours alignée sur ce point de vue. En mars, la volte-face de Donald Trump a suscité un tollé. L’Europe, la Russie, les pays arabes et l’Iran ont confirmé qu’ils maintenaient leur refus de l’annexion. L’alignement du président américain sur les revendications israéliennes inquiète les milieux diplomatiques, alors que la Maison-Blanche a prévu en juin de dévoiler son plan de paix pour le Proche-Orient.