Cette semaine a été marquée par les élections parlementaires de mi-mandat (midterms) aux Etats-Unis. Les démocrates ont pris le contrôle partiel du Congrès, mais la « vague » bleue anti-Trump annoncée n’a pas eu lieu.

Les républicains ont conservé leur majorité au Sénat, ce qui a permis à Donald Trump de rapidement revendiquer un « immense succès », sans évoquer la perte par son parti de la Chambre des représentants. Le contrôle de la Chambre confère à l’opposition la capacité de bloquer les projets législatifs du président et de placer son Administration sous surveillance. La consolidation de sa majorité au Sénat permettra cependant à Donald Trump de faire approuver ses nominations, notamment dans les tribunaux fédéraux, et de bénéficier d’un appui utile dans la mise en œuvre de sa politique étrangère. Le président n’a aucune raison de changer sa trajectoire politique. Tous les risques que listaient les commentateurs politiques aux vues des sondages hésitants jusqu’à la veille, sont écartés.

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Au Moyen-Orient, le ministre israélien de la Protection Environnementale Ze’ev Elkin, également en charge des Affaires de Jérusalem, a déclaré qu’Israël pourrait cibler les systèmes de missiles sol-air S-300 livrés début octobre à la Syrie par Moscou, si les forces syriennes tentent de les utiliser pour abattre des avions israéliens Selon le ministre, qui est également co-président de la Commission intergouvernementale Russie-Israël, Israël n’hésitera pas à viser les missiles, même si cela doit mettre en danger les spécialistes militaires russes sur les sites de lancement. Ze’ev Elkin, qui s’exprimait devant des médias russes, a indiqué que la fourniture par Moscou de missiles S-300 à son allié syrien était « une grave erreur », car ces missiles sophistiqués pourraient « conduire à la déstabilisation de la situation ». « Compte tenu du désordre (dans lequel se trouvait l’armée syrienne), on ne peut pas lui faire confiance pour faire fonctionner correctement le matériel, et elle pourrait finir par abattre un avion militaire ou commercial israélien au-dessus du territoire israélien », a-t-il mis en garde.

Il y a deux semaines, la Russie a demandé à Israël de la prévenir plus tôt, avant de mener des raids aériens en Syrie, demande que le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, a refusé.

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A une autre frontière, la trêve entre le Hamas et Israël a fait l’objet de tractations ces derniers jours. Lors d’une visite officielle à Charm el-Cheikh, en Égypte, Mahmoud Abbas a déclaré à son homologue Abdel Fattah al-Sissi en accepter les termes, selon le journal Al-Hayat. Ainsi il renonce à s’opposer à cet accord qui prévoit deux étapes : une première qui sera effective dans quinze jours, et une seconde dans six mois. L’accord prévoit notamment que le Hamas s’engage à restreindre les violences lors des émeutes hebdomadaires de la « Marche du Retour ». De son côté, Israël s’engage à accorder 5000 permis de travail aux Gazaouis. L’Égypte, elle, s’emploiera à lever 70% du siège imposé à Gaza jusqu’à la fin des émeutes.

Le dirigeant palestinien souhaite accorder aux habitants de Gaza « une marge de manœuvre » après les affrontements récurrents entre les émeutiers palestiniens et l’armée israélienne à la frontière entre l’Etat hébreu et l’enclave palestinienne au cours des derniers mois. De son côté, Israël a accepté de transférer dans la bande de Gaza une subvention octroyée par le Qatar d’un montant de 90 millions de dollars (77 214 114 millions d’euros), afin de payer les salaires des employés du Hamas pour une période de six mois.

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Le rapprochement entre Israël et les pays arabes du Golfe se poursuit. Le ministre israélien des Transports a présenté mercredi à Mascate un projet de ligne ferroviaire reliant, à travers son pays, la Méditerranée aux pays du Golfe, nouvelle illustration de l’offensive de charme israélienne en direction des pays arabes. Yisrael Katz est intervenu lors d’une conférence de l’Union internationale des transports routiers (IRU), ouverte mardi à Oman. Israël n’entretient des relations diplomatiques qu’avec deux pays arabes, l’Egypte et la Jordanie avec lesquels il a signé des traités de paix.

La ligne ferroviaire, appelée la « voie de la paix régionale », partirait de Haïfa, le plus important port israélien, passerait par la Jordanie, puis emprunterait des lignes existantes vers le Golfe, selon le ministre.

Par ailleurs, le ministre israélien de l’Économie et de l’Industrie, Eli Cohen, a été officiellement convié à participer à la conférence « Startup Nations Ministerial » à Bahreïn. De hauts responsables du monde entier sont attendus à ce congrès où les participants travailleront sur l’identification de nouveaux outils politiques visant à stimuler les initiatives technologiques entre les pays. Il s’agit de la cinquième édition de cette initiative de la Banque mondiale et du Global Entrepreneurship Network.

Ces nouvelles alliances entre les Etats du Golfe et Israël constituent un vrai tournant.  Historiquement, les pays arabes ont fait du règlement de la question palestinienne la condition d’une normalisation avec Israël. Mais Benyamin Netanyahou et des membres de l’administration Trump défendent une approche inversée dans laquelle une normalisation avec les pays arabes favoriserait la paix avec les Palestiniens.

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