La lettre hebdomadaire du 14 Juin 2019

Au cœur de l’actualité cette semaine, les frappes israéliennes en Syrie, le regain de tension  à Gaza, la poursuite du bras de fer entre les Etats-Unis et l’Iran, et l’organisation de la conférence pour la paix au Moyen-Orient.

La défense antiaérienne syrienne a été activée mercredi après qu’Israël a mené des raids visant le sud de la Syrie, a annoncé l’agence officielle Sana. L’attaque est survenue dans le secteur de Tall al-Hara, dans la province de Deraa, située non loin du plateau du Golan. « Les dommages se limitent à des dégâts matériels, il n’y a pas de pertes humaines », a précisé l’agence qui accuse aussi Israël d’avoir mené « une guerre électronique » et d’avoir ainsi « brouillé des radars » de la Syrie. Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, l’Etat hébreu a mené plusieurs raids contre des positions militaires du pouvoir de Bachar al-Assad mais aussi ses alliés indéfectibles, l’Iran et le Hezbollah. La semaine passée, Israël a frappé la Syrie en riposte au tir de deux roquettes sur le mont Hermon, sur le plateau du Golan. Benyamin Netanyahou a réaffirmé qu’Israël « ne tolérera pas les tirs sur (son) territoire et réagira avec détermination contre toute agression menée contre (lui) ».

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Le Premier ministre israélien a publié lundi une vidéo en réponse au ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad, qui a affirmé qu’Israël avait menacé de détruire la République islamique. « Zarif ment encore une fois. C’est l’Iran qui menace ouvertement l’anéantissement. Les chefs du régime menacent quotidiennement de détruire d’Israël », a déclaré Benyamin Netanyahou. « L’Iran tente de s’implanter militairement en Syrie et on signale aujourd’hui une accélération de son programme nucléaire », a ajouté le Premier ministre. « Je répète. Nous ne permettrons pas à l’Iran de développer des armes nucléaires qui mettront en danger notre sécurité et celle du monde entier », a-t-il martelé. L’Agence internationale de l’énergie atomique a déclaré en début de semaine que l’Iran a commencé à accélérer sa production d’uranium enrichi, contrairement à ses engagements pris lors la signature de l’accord nucléaire iranien de 2015. Le directeur général de l’organisme, Yukiya Amano, a relevé que l’Iran avait annoncé le 8 mai qu’il ne se considérait plus obligé de respecter les limites des stocks d’eau lourde et d’uranium enrichi convenues dans le cadre du Plan d’action global commun de 2015 (JCPOA).

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L’Iran a dénoncé lundi la « guerre économique » menée par les États-Unis à son encontre : « On ne peut pas espérer qu’une guerre économique contre le peuple iranien continue et que ceux qui soutiennent cette guerre ou l’ont déclenchée restent en sécurité », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en recevant son homologue allemand Heiko Maas à Téhéran.

« Les nouvelles tensions dans la région sont le résultat de la guerre économique contre l’Iran dans laquelle (le président américain Donald) Trump lui-même dit être embarqué », a déclaré Mohammad Javad Zarif en faisant référence à la campagne de « pression maximale » des États-Unis contre l’Iran, notamment via l’arme des sanctions économiques que Washington a réimposées ou intensifiées depuis 2018. « Le seul moyen de faire baisser les tensions dans la région est de mettre un terme à cette guerre économique », a-t-il ajouté. « L’Allemagne et l’Union européenne peuvent jouer un rôle important pour faire baisser ces tensions, et nous les soutenons dans ce rôle », a encore dit le ministre iranien. Un an après le retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, la tension est à son comble entre les deux pays. Alors que le président iranien Hassan Rohani somme les 60 pays encore signataires à tenir leurs engagements bancaires et pétroliers sous peine de dommages et « pour l’Iran et pour le monde », Donald Trump, lui, continue de militer pour que les sanctions continuent.

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L’ONU a annoncé mercredi qu’elle sera représentée par un responsable régional à la conférence pour la paix au Moyen-Orient organisée les 25 et 26 juin par les Etats-Unis. Il s’agit du coordinateur adjoint des nations unies pour cette région, Jamie McGoldrick, qui gère aussi l’aide humanitaire dans les territoires palestiniens, a précisé le porte-parole adjoint des Nations unies, Farhan Haq, lors du point-presse de l’organisation. Lors de cette conférence de Manama, boycottée par les Palestiniens, les Etats-Unis doivent dévoiler le volet économique de projet en gestation depuis deux ans. Ils espèrent ainsi entraîner l’adhésion des pays arabes à de futures propositions politiques visant à mettre un terme au conflit israélo-palestinien. L’Egypte, la Jordanie et le Maroc participeront à eux à la conférence

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En Israël, l’armée a affirmé jeudi avoir mené un raid contre une position du Hamas au pouvoir à Gaza, après le tir d’une roquette contre Israël depuis l’enclave palestinienne. Des avions de combat ont attaqué une infrastructure souterraine dans une base militaire du Hamas dans le sud de la bande de Gaza, a indiqué l’armée dans un communiqué. Plus tôt dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée avait annoncé avoir intercepté une roquette lancée contre le territoire israélien depuis la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste. Le tir de roquette et le raid israélien n’ont pas fait de victimes, selon l’armée et une source de sécurité palestinienne. Il s’agit du premier tir de roquette depuis Gaza depuis une flambée de violences début mai au cours de laquelle des centaines de roquettes avaient été lancées contre Israël, tuant quatre Israéliens.

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