Lettre d’information du Vendredi 27 Mars 2020

Alors que la crise sanitaire mondiale provoquée par le coronavirus préoccupe tous les gouvernements, un coup de théâtre politique est survenu jeudi 26 mars en Israël qui éloigne de fait la perspective de nouvelles élections législatives.

Dans un retournement spectaculaire, Benny Gantz a été élu président de la Knesset, le Parlement israélien, jeudi 26 mars, dans le cadre d’un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benyamin Netanyahou, Premier ministre sortant dont la survie politique est en jeu après avoir été inculpé pour corruption dans une série d’affaires. A la dernière minute, Benny Gantz, dont le parti centriste Bleu Blanc a mené trois campagnes électorales en moins d’un an contre le Likoud de Benyamin Netanyahou, a présenté sa propre candidature et non celle d’un de ses députés au poste de président de la Knesset, le Parlement israélien. Le Parlement a d’ailleurs indiqué dans la foulée que Benny Gantz était le seul candidat pour ce poste, vacant après la démission la veille de Yuli Edelstein, proche de Benyamin Netanyahou. Benny Gantz a été aussitôt élu par 74 voix contre 18, obtenant notamment les voix des députés du Likoud, mais perdant des appuis dans son propre camp, des membres de Bleu Blanc ayant refusé de cautionner ce rapprochement avec le parti de Benyamin Netanyahou.

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Après l’annonce de Benny Gantz, les ténors du parti, Yaïr Lapid et Moshe Yaalon, ont indiqué quitter le navire. « Benny Gantz a décidé ce jeudi de scinder la liste Bleu Blanc et le gouvernement de Netanyahou. C’est une décision décevante », a déclaré le numéro 2 de la liste centriste, Yaïr Lapid, lors d’une conférence de presse commune avec Moshe Yaalon.
« Nous sommes partis en campagne ensemble parce qu’il m’a regardé dans les yeux et a dit qu’il ne siégerait jamais dans ce mauvais gouvernement. Je l’ai cru. Avec nous, plus d’un million d’électeurs de Bleu Blanc ont marché de rue en rue et se sentent trahis aujourd’hui, et à juste titre. Leurs votes ont été volés et donnés en cadeau à Netanyahou », a ajouté Yair  Lapid.  « Je félicite Benny Gantz pour sa décision courageuse d’intégrer un gouvernement d’unité mené par Benyamin Netanyahou. Il s’agit de la bonne décision à prendre pour Israël en cette période d’urgence » sanitaire, a commenté le ministre de la Défense, Naftali Bennett. Israël combat la pandémie, dont l’un des effets secondaires a été le report sine die du procès de Benyamin Nétanyahou, inculpé pour corruption, malversations et abus de confiance dans trois affaires. Jusqu’à présent, plus de 2 660 cas et huit morts ont été confirmés officiellement en Israël. Les autorités ont renforcé les restrictions en interdisant aux citoyens de sortir de chez eux hormis pour des raisons essentielles comme acheter des vivres, des médicaments, recevoir des soins de santé ou, dans certains cas, travailler.

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Selon Ynet et Channel 12, les discussions prévoient pour l’instant que Benyamin Netanyahou reste Premier ministre encore un an et demi, avant de céder sa place à Benny Gantz qui sera Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères pendant cette période. La Défense devrait revenir à Gaby Ashkenazi, ancien chef d’état-major de Tsahal, et ex-figure de proue du parti Bleu Blanc. Le portefeuille de l’Education devrait rester entre les mains du parti Yamina de Naftali Bennett, bien que ses proches aient démenti l’existence de discussions sur le sujet. En outre, le bloc de droite devrait obtenir les ministères du Trésor, des Transports, de l’Intérieur, de la Santé et de la Sécurité intérieure.  Résilience pour Israël, de son côté, recevrait les ministères de la Justice, des Communications, de la Culture, ainsi que la présidence de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense.  Rien n’a par ailleurs encore été décidé concernant la ligne politique du gouvernement, les échéances de la rotation, ou encore l’application du plan de paix américain pour le Proche-Orient. Enfin, selon des responsables du Likoud, Yuli Edelstein pourrait reprendre son poste de président de la Knesset sitôt que le gouvernement sera formé. Les responsables ont indiqué à Channel 13 que Benyamin Netanyahou y était favorable et que Benny Gantz n’y était pas opposé.

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Emmanuel Macron, a annoncé dans la nuit de jeudi 26 à vendredi 27 mars qu’il préparait avec le président américain, Donald Trump, et d’autres pays une « nouvelle initiative importante» face à la pandémie de coronavirus. «Très bonne discussion avec @realDonaldTrump. Face à la crise du COVID-19, avec d’autres pays, nous préparons pour les prochains jours une nouvelle initiative importante», a tweeté le chef de l’État après un échange avec son homologue américain, sans autre précision. De son côté, la Maison-Blanche a indiqué que les deux dirigeants avaient convenu de «l’importance d’une coopération étroite par le biais du G7, du G20 et du P5 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de ONU) pour aider les organisations multilatérales, notamment l’Organisation mondiale de la santé, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, à éliminer rapidement la pandémie et à en minimiser l’impact économique ». Le coronavirus a déjà tué plus de 23.000 personnes dans le monde, dont les deux tiers en Europe, où près de 275.000 cas sont officiellement diagnostiqués, selon un comptage réalisé par l’AFP jeudi soir. Les États-Unis et la France figurent parmi les pays les plus touchés par l’épidémie. Celle-ci progresse de façon exponentielle sur le sol américain. Le pays, qui avait initialement observé de loin la propagation du virus, pourrait bientôt devenir l’épicentre de la pandémie.

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