Lettre d’informations du Vendredi 26 Juin 2020

Cette semaine, Washington a proposé à l’ONU de prolonger l’embargo sur les armes en Iran ; l’armée syrienne accuse Israël d’avoir attaqué plusieurs de ses bases ; les tensions et les pressions internationales s’intensifient à propos du projet d’application de la souveraineté israélienne sur certaines parties de la Cisjordanie.

Les Etats-Unis ont remis lundi au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution condamnant des attaques en 2019 en Arabie saoudite imputées à l’Iran et proposant de prolonger pour ce pays un embargo sur les armes, selon des diplomates. Soutenus depuis vendredi par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les Etats-Unis devraient utiliser une réunion semestrielle sur l’Iran du Conseil de sécurité prévue le 30 juin pour défendre leur projet, auquel devraient s’opposer la Russie et la Chine. Aucune date pour un vote n’a encore été avancée. L’Iran est soumis jusqu’à octobre à un embargo sur les armes lié à la résolution 2231 ayant entériné l’accord nucléaire international conclu en 2015 avec Téhéran. Depuis le début de l’année, Washington a entrepris d’inciter des membres du Conseil de sécurité à soutenir une prolongation de l’embargo, en remettant à certains d’entre eux un projet de résolution en ce sens. Vendredi, dans un communiqué conjoint, Paris, Berlin et Londres, signataires de l’accord nucléaire avec Moscou et Pékin, se sont prononcés contre la levée de l’embargo. « Nous considérons que la levée programmée pour octobre prochain de l’embargo des Nations unies sur les armes conventionnelles, instauré par la résolution 2231, pourrait avoir des implications majeures pour la sécurité et la stabilité régionales », ont-ils écrit. La bataille diplomatique devrait s’intensifier d’ici octobre, avec en toile de fond l’élection présidentielle américaine de novembre.

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L’armée syrienne a annoncé avoir répliqué suite à des attaques de la part d’Israël sur des positions dans le sud et le centre de la Syrie. Selon certaines sources, les raids ciblaient des bases iraniennes. L’armée a déclaré que les avions israéliens ont frappé certains de ses avant-postes dans la province de Hama quelques heures seulement après que des missiles aient touché d’autres installations militaires dans la province de Deir ez-Zor le long de la frontière avec l’Irak et dans le sud de la Syrie près de la frontière avec la Jordanie. Ces bases sont situées dans l’est et le sud de la Syrie, des zones où une forte présence de milices soutenues par l’Iran est suspectée et qui ont été frappées par Israël ces derniers mois. « Les Iraniens et leurs mandataires chercheront des moyens pour riposter et porter un coup à Israël », a tweeté mercredi Amos Yadlin, ancien chef du renseignement de Tsahal et directeur exécutif de l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS). « Nasrallah a pris une place centrale dans l’axe chiite en marchant dans les pas de [l’ancien commandant de la Force Quds Qassem] Soleimani », a-t-il ajouté.

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L’ONU et la Ligue arabe ont demandé mercredi à Israël d’abandonner ses plans d’ « annexion en Cisjordanie » qui pourraient « mettre fin aux efforts internationaux en faveur de la création d’un État palestinien viable ». Cet appel a été formulé par leurs chefs lors d’une visioconférence du Conseil de sécurité de l’ONU, à laquelle participaient plusieurs ministres. Le gouvernement du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou doit annoncer à partir du 1er juillet sa stratégie pour mettre en place le plan américain. Un haut fonctionnaire de la Maison-Blanche, cité par The Hill, a qualifié de « productives » les discussions – auxquelles ont participé Donald Trump, son gendre et artisan du plan de paix, Jared Kushner, le secrétaire d’État Mike Pompeo et les principaux collaborateurs du président en matière de sécurité nationale –, sans qu’elles soient concluantes : « Les réunions de cette semaine ont été productives (mais) il n’y a pas encore de décision finale sur les prochaines étapes de la mise en œuvre du plan Trump. » Les consultations avec les responsables israéliens doivent se poursuivre. Selon un haut responsable de l’administration, l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, et l’envoyé spécial de l’administration pour la paix au Moyen-Orient, Avi Berkowitz, doivent se rendre en Israël pour de nouvelles discussions. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a quant à lui déclaré qu’Israël n’annexerait pas la vallée du Jourdain, a rapporté jeudi soir le radiodiffuseur public Kan. « Je suppose qu’il n’y aura pas d’annexion dans la vallée du Jourdain. Tout le monde comprend cela », a-t-il indiqué, précisant qu’il ne soutiendrait qu’une « initiative responsable » prise en coordination avec les États-Unis et les pays voisins.

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