Lettre d’informations du Vendredi 24 Juillet 2020

A l’actualité cette semaine, le Liban s’enlise dans une crise profonde ; en Syrie, cinq combattants pro-Iran tués dans des frappes israéliennes ; Tsahal a décidé de renforcer ses troupes à la frontière nord ; la grogne contre le gouvernement se poursuit en Israël.

Le Liban s’enfonce dans une crise économique majeure. En quelques mois seulement, la monnaie locale a perdu six fois sa valeur, entrainant le pays dans une descente aux enfers que rien ne semble pouvoir arrêter. Les suicides et les braquages sont devenues monnaie courante tandis que la dette totale du Liban se monte à 90 milliards de dollars, presque deux fois son PIB. Et presque autant que le montant de l’argent évaporé dans les méandres du système financier, soit 85 milliards de dollars. Les négociations avec le FMI ont commencé au mois de mai ; elles sont suspendues depuis dix jours. En cause, une absence d’accord sur le diagnostic et le remède. Les banques libanaises, partie prenante de la négociation parce qu’elles détiennent une grande partie de la dette publique, font barrage. Elles ont refusé l’évaluation des comptes et surtout d’endosser des pertes. L’octroi d’une aide du FMI pourrait être l’occasion d’assainir ce modèle dévoyé, mais pour le moment, les principaux bénéficiaires font barrage. Les banques et leurs clients fortunés ont eu le temps de transférer leurs capitaux à l’étranger, à l’abri de l’inflation et de la dévaluation qui minent aujourd’hui l’épargne de la classe moyenne libanaise.  Parallèlement, ses soutiens s’impatientent. L‘influence de l’Iran via le Hezbollah irrite autant Washington que les capitales arabes. Paris déplore la paralysie des autorités, mais le chef de la diplomatie française s’est rendu à Beyrouth pour démontrer la solidarité de la France avec la population qui endure cette crise et a d’ailleurs promis un soutien aux écoles francophones.

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Cinq combattants pro-Iran ont été tués dans des frappes israéliennes au sud de Damas, a indiqué mardi 21 juillet l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), faisant aussi état de onze blessés, parmi lesquels sept soldats syriens. Selon l’OSDH, des missiles israéliens ont ciblé lundi soir des dépôts d’armes ainsi que des positions militaires du régime syrien et de milices alliées pro-Iran au sud de la capitale syrienne, tuant « cinq paramilitaires étrangers ». « Les forces aériennes de l’ennemi israélien ont lancé plusieurs missiles ayant traversé le plateau du Golan occupé vers le sud de Dama s», avait indiqué plus tôt l’agence officielle syrienne Sana, citant une source militaire. «Nos défenses anti-aériennes ont été enclenchées et ont intercepté la plupart» des missiles, a ajouté l’agence, précisant que l’attaque avait fait « sept blessés parmi les soldats » et des dégâts matériels. Selon l’OSDH, deux de ces blessés sont dans un état critique et quatre autres combattants non syriens ont aussi été blessés. Des correspondants de l’AFP à Damas ont fait état de puissantes explosions lundi soir.  Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, Israël a mené des centaines de frappes aériennes contre les forces de Damas mais aussi contre celles de l’Iran et de groupes pro-Téhéran, comme le Hezbollah libanais notamment, qui combattent aux côtés du régime du président Bachar al-Assad. Israël confirme rarement les détails de ses opérations militaires en Syrie voisine, mais ne cesse de répéter qu’il poursuivra ces attaques tant qu’il y aura une présence iranienne sur le territoire syrien qu’il considère comme une menace pour l’Etat hébreu. La guerre en Syrie a fait plus de 380.000 morts et entraîné le déplacement de plus de la moitié de la population d’avant-guerre.

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L’armée israélienne a décidé de renforcer ses troupes d’infanterie sur le front Nord, dans la région de la Galilée à la frontière avec le Liban, a annoncé jeudi un porte-parole de Tsahal. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions accrues suite au décès d’un combattant du Hezbollah, Ali Kamel Mohsen Jawad, lors d’une frappe aérienne à Damas en Syrie lundi. L’armée israélienne, qui redoute des représailles, a alors élevé son niveau d’alerte et se tient prête au pire des scénarios. Un porte-parole de Tsahal a précisé que le renforcement consistait en un bataillon – le 13e bataillon de la Brigade Golani – et un petit nombre de troupes supplémentaires, envoyées à la Division Galilée du Commandement Nord. Le Liban et Israël se trouvent toujours officiellement en état de guerre. La branche politique du Hezbollah participe au gouvernement libanais tandis que son bras militaire mène, depuis le Liban, des attaques visant Israël et est également présent en Syrie. Dans le passé, le Hezbollah a exercé des représailles pour la mort confirmée de ses membres aux mains d’Israël en lançant des attaques contre l’État juif, généralement le long de la frontière israélo-libanaise. Un tel échange s’est produit en août dernier, lorsque l’armée israélienne a tué deux membres du Hezbollah qui, selon les militaires, participaient à une opération menée par l’Iran dans le sud de la Syrie, qui visait à attaquer des positions frontalières de l’armée avec des drones armés.

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Largement critiqué pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a nommé un professionnel de santé publique pour gérer ce dossier, alors le nombre des contaminés est reparti à la hausse. Le mécontentement populaire s’est intensifié ces dernières semaines en Israël où des manifestations ont régulièrement lieu à Jérusalem et Tel-Aviv pour dénoncer la corruption et la gestion de la pandémie de Covid-19 et de ses conséquences par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Les appels se sont multipliés pour la nomination d’un coordinateur de la lutte contre le coronavirus, une tâche qui été confiée à Ronnie Gamzu, PDG du complexe médical Sourasky de Tel Aviv, selon un communiqué officiel. « Professeur Gamzu a de nombreuses années d’expérience administrative dans le domaine de la santé, y compris des responsabilités en tant que directeur général du ministère de la Santé », ajoute le communiqué. Jusqu’à récemment, Israël se vantait de sa gestion de la pandémie, mais le nombre de nouveaux malades est reparti à la hausse au fur et à mesure du déconfinement et le taux de chômage a bondi ces derniers mois, dépassant les 20%. Le pays de quelque neuf millions d’habitants a enregistré plus de 56.000 cas confirmés mercredi, dont 430 morts. Ces dernières semaines, de nouveaux cas ont régulièrement dépassé 1.000 par jour, avec un pic de 2000 mardi. La cote de popularité du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est en perte de vitesse, selon de nouveaux sondages publiés jeudi soir par les chaînes de télévision israéliennes, suggérant que de nouvelles élections, récemment envisagées, semblent peu probables. Selon une enquête publiée par Channel 13, le Likoud n’obtiendrait que 31 sièges si des élections avaient lieu aujourd’hui, contre 36 actuellement.  Le sondage de Channel 12 donne, quant à lui, 32 sièges au grand parti de droite. Le parti centriste Bleu Blanc de Benny Gantz n’obtiendrait que 11 sièges selon Channel 13, et seulement 9, selon Channel 12, contre 14 actuellement.La chute de Bleu Blanc profite à l’ancien allié de Benny Gantz, Yair Lapid et à son parti Yesh Atid, qui obtiendrait 19 sièges selon Channel 13, et 18, selon Channel 12, contre 14 actuellement. Le parti Yamina voit, quant à lui, sa cote grimper en flèche, avec l’obtention de 16 sièges en cas d’élections, selon Channel 13, et 15, selon Channel 12, contre seulement 6 actuellement. Le parti Meretz obtiendrait entre 7 et 8 sièges, contre 4 aujourd’hui, tandis que les partis ultra-orthodoxes, Shas et Judaïsme unifié de la Torah, restent stables avec l’obtention de 6 à 8 députés.

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