Lettre d’informations du Vendredi 19 Avril 2019

Une semaine après les élections législatives anticipées, Reuven Rivlin a remis à Benyamin Netanyahou la lettre de sa nomination pour mettre en place une coalition gouvernementale, lors d’une cérémonie retransmise à la télévision. « Soixante-cinq députés (sur cent vingt) vous ont recommandé », a déclaré le Président israélien en s’adressant au Premier ministre, après ses consultations avec les chefs de partis élus au nouveau Parlement. Ce dernier a donc vingt-huit jours pour s’entendre avec ses partenaires autour d’un accord de gouvernement. Le délai peut être prolongé de quatorze jours.

Au pouvoir sans discontinuité depuis 2009, et depuis treize ans au total en comptant un précédent mandat entre 1996 et 1999, il battra le record de longévité à David Ben Gourion, père fondateur de l’Etat d’Israël.

« Je serai le Premier ministre de tous », avait-il promis le soir de sa victoire, se voulant fédérateur. Dans cette perspective, il aura la lourde tâche de concilier les exigences de ses futurs alliés, à commencer par le parti nationaliste et laïc Israël Beitenou et les partis ultra-orthodoxes. Reste aussi à voir dans quelle mesure ses démêlés judiciaires interféreront dans les marchandages.

Les premiers pas du gouvernement coïncideront avec la présentation du plan de paix élaboré par l’administration Trump.

Lire aussi : Israël : « Netanyahou est un redoutable stratège »

Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies a déclaré que Benyamin Netanyahou ne prendra pas de décision sur une annexion israélienne d’implantations avant la divulgation du plan américain. « Je ne pense pas que nous ferons quoi que ce soit avant la publication du plan », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec des journalistes. « Nous allons attendre. Nous verrons le plan. Nous en discuterons et je ne sais pas où cela nous mènera », a-t-il ajouté.

Mercredi, l’envoyé du président Trump pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt a interpellé le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh, nommé le mois dernier à son poste, au sujet du plan de paix. Peu avant, l’envoyé américain avait déploré le fait que ce dernier a démarré sa prise de fonctions en dénonçant un plan dont il n’avait pas connaissance, jugeant cela « injuste pour les Palestiniens ». « Vous avez l’obligation d’envisager une opportunité avant de la décliner », a-t-il écrit dans un tweet, ajoutant que tenir l’administration américaine à distance n’aiderait en rien à améliorer les conditions de vie des Palestiniens.

Jeudi, le chef du gouvernement palestinien a répondu directement à la déclaration de Jason  Greenblatt, en affirmant que « toute initiative politique n’appelant pas la fin de l’occupation israélienne et la création d’un État palestinien indépendant et souverain avec pour capitale Jérusalem aux frontières de 1967 avec le règlement des réfugiés était inacceptable pour les Palestiniens. » Deux jours auparavant, Mohammad Shtayyeh avait déclaré que le tant attendu document était « mort-né » et qu’il « déclarait une guerre contre le peuple palestinien », lors d’une interview.

Lire aussi : « Le plan de paix de Trump est mort-né » (PM de l’Autorité palestinienne)

Mardi, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a rappelé que l’Union européenne refusait de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan devant le Parlement européen de Strasbourg, réuni pour la dernière session plénière avant les élections. Un rappel qui fait suite à la récente annonce de Donald Trump, de reconnaître l’annexion du Golan par Israël.

Une position maintes fois répétée, a insisté Federica Mogherini, qui estime dangereuse l’idée de modifier des frontières manu militari. Elle a également, et avec précaution, rappelé l’amitié et les partenariats de l’Union européenne avec Israël, avec la Palestine et avec les États-Unis. « Il est important pour nous, l’Union européenne, et nous sommes unis sur ce point, de redire qu’abandonner la solution des deux États n’apportera que le chaos », a-t-elle dit.

Mais l’Union des 27 ne semble pas si évidente. Récemment en Roumanie, une polémique entre la Première ministre et le président roumain a fait débat sur le transfert de l’ambassade roumaine à Jérusalem.

Lire aussi : L’UE refuse de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan