Lettre d’informations du Vendredi 17 Juillet 2020

Cette semaine, un nouvel « incident » industriel a frappé l’Iran, et que certains experts attribuent aux Etats-Unis et Israël. Touché de plein fouet par une résurgence du coronavirus, l’Etat hébreu a rétabli des mesures de confinement tandis que les manifestations de mécontentement se multiplient dans le pays contre le gouvernement.

Un incendie s’est déclenché mercredi sur un chantier naval du port de Bouchehr dans le sud-ouest de l’Iran, endommageant plusieurs bateaux en construction sans toutefois faire de victime, selon des médias locaux. Selon Iribnews, le site internet de la télévision d’Etat, « un incendie de grande ampleur a frappé l’usine de bateaux de Delvar Kachti Bouchehr », couvrant le sud de la ville d’une épaisse fumée noire. Le site de l’audiovisuel public a publié des images montrant un camion de pompiers et plusieurs hommes pulvérisant de l’eau sur au moins trois navires de pêche typiques du sud de l’Iran. Sept bateaux ont été endommagés mais personne n’a été blessé, a annoncé l’agence officielle Irna, citant un responsable local. La province de Bouchehr abrite la centrale nucléaire éponyme, la seule du pays à ce jour, qui produit 1 000 mégawatts d’électricité. La centrale est située à une vingtaine de kilomètres de la ville. Depuis début juillet, plusieurs incendies et explosions ont été rapportés en Iran. Deux explosions ont eu lieu à Téhéran, l’une à proximité d’un site militaire et l’autre dans un hôpital (19 morts). Une troisième a eu lieu dans une usine au sud de la ville, faisant deux morts. Ces événements ont été présentés officiellement comme des accidents, mais nombre d’Iraniens y voient plutôt le résultat d’actions clandestines israéliennes. Téhéran est l’ennemi juré d’Israël, qui accuse notamment la République islamique de chercher à se doter de la bombe atomique pour un jour peut-être l’utiliser contre lui, ce que l’Iran nie. Une autre explosion a eu lieu le 2 juillet au sein du complexe nucléaire de Natanz, situé à environ 250 kilomètres au sud de la capitale. Les autorités, qui ont au début parlé d’un « accident », ont ensuite affirmé qu’elles n’en dévoileraient pas les causes pour le moment pour des « raisons de sécurité ».

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Israël a rétabli vendredi des restrictions sur les commerces et les loisirs pour ce week-end face à la résurgence des cas de contamination par le nouveau coronavirus. Les habitants pourront sortir de chez eux mais les centres commerciaux, les magasins, les piscines, les zoos et les musées seront fermés de vendredi après-midi à dimanche matin, a annoncé le gouvernement dans un communiqué. Un confinement plus strict, avec interdiction de quitter son domicile, pourrait être imposé tous les week-ends à partir de vendredi prochain si les députés approuvent cette mesure d’ici là, a rapporté Radio Israël. Le gouvernement a aussi annoncé que, tous les jours, les rassemblements seront limités à 10 personnes dans les lieux clos et à 20 personnes en extérieur tandis que les restaurants ne pourront effectuer que de la vente à emporter. Israël a rouvert les écoles et de nombreuses entreprises en mai, après un confinement imposé en mars. Mais le taux d’infection ayant fortement augmenté ces dernières semaines, de nombreux experts en santé publique ont déclaré que le gouvernement avait agi trop vite tout en négligeant de prendre les mesures épidémiologiques nécessaires pour contrôler l’épidémie. Israël, qui compte neuf millions d’habitants, a enregistré 377 décès et plus de 44.000 contaminations.

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Quelques centaines d’Israéliens se sont rassemblés jeudi soir devant la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem. Une manifestation pour réclamer le départ de Benyamin Netanyahou, pour la troisième fois en moins d’une semaine. Et d’autres rassemblements ont également eu lieu à Tel Aviv. Nourrie par le procès pour corruption en cours du chef du gouvernement et la gestion de la crise du coronavirus, la grogne anti-Netanyahou gagne actuellement en ampleur. Samedi dernier, 10 000 personnes s’étaient rassemblées à Tel Aviv pour protester contre le manque de soutien de la part du gouvernement face à la crise économique. Benyamin Netanyahou avait annoncé la semaine dernière que les chômeurs recevront des allocations chômage et des aides immédiates et ce jusqu’à ce que le taux de chômage redescende en dessous des 10% (il est aujourd’hui de 21%). Ensuite, les indépendants et les entrepreneurs recevront une allocation allant jusqu’à 1.500 dollars (1.328 euros). Enfin, les entreprises impactées par la crise toucheront 5.000 shekels tous les deux mois. « Les niveaux d’aide dépendront de la perte financière de l’entreprise et des décisions supplémentaires seront prises dès la semaine prochaine. (…) L’économie du pays est stable, nous avons donc la capacité d’emprunter à un taux faible », a-t-il assuré. Il a également rappelé l’importance du respect des gestes barrières, précisant que le pays était en train de payer un lourd tribut au niveau économique.  Benny Gantz, a quant à lui reconnu mercredi soir que le gouvernement était très proche d’ordonner un confinement complet pour la deuxième fois en quelques mois, ce qui, selon de nombreux analystes, marquerait un échec majeur de la nouvelle coalition à utiliser le temps offert par le premier confinement pour mettre en place des mesures de suivi des contacts, des systèmes de test et un plan économique à long terme pour endurer la pandémie sans détruire l’économie.

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