Lettre d’informations du Vendredi 13 Mars 2020

La propagation du coronavirus se trouve encore au cœur des préoccupations partout dans le monde, reléguant au second plan tout autre événement politique.

Mercredi 11 mars, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, accompagné de son ministre des Finances Moshe Kahlon et du directeur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron a annoncé une série de mesures pour soutenir l’économie en pleine crise du coronavirus. Le gouvernement débloque une enveloppe de 2,4 milliards d’euros pour renforcer le système de santé du pays et pour soulager la trésorerie des entreprises en difficulté sous forme de prêts à très faible taux.  Moshe Kahlon a estimé pendant la conférence de presse que le coronavirus coûterait à l’économie israélienne 2,5 à 3,5 milliards d’euros.  Tous les événements rassemblant plus de 2 000 personnes sont reportés ou annulés, le pays a pratiquement fermé ses frontières et de nombreuses compagnies aériennes ne desservent plus Israël. Comme dans beaucoup de pays, le secteur du tourisme connaît une crise historique avec une chute du chiffre d’affaires estimée à au moins 1,5 milliards de dollars. Le pire reste à venir avec les fêtes de Pâques qui attirent habituellement énormément de visiteurs à Jérusalem en avril. El Al met 85% de ses pilotes en congé sans solde jusqu’en mai. L’hôtellerie va connaître de nombreux dépôts de bilan.  L’instabilité politique provoque une incertitude peu appréciée des milieux économiques. Benyamin Netanyahou ne dispose pas d’une majorité solide à la Knesset et peut encore perdre son siège de Premier ministre mais Israël semble en mesure de surmonter la crise politique, maintenant sanitaire et demain économique. Le pays bénéficie en effet d’une croissance solide (+3% de PIB en 2019) capable de lui faire digérer la perte de 0,5 à 1% de PIB par rapport aux prévisions pour 2020. Son un endettement modéré (60% du PIB) lui laisse une marge de manœuvre pour agir.

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Le chef du Likoud, Benyamin Netanyahou, et celui de Bleu Blanc, Benny Gantz, ont évoqué jeudi soir au téléphone la possibilité de former un gouvernement d’urgence, cherchant ainsi à mettre de côté les divergences pour gérer au mieux la crise du coronavirus qui touche le pays. Les deux hommes ont exprimé leur soutien à la formation d’une coalition d’union compte tenu des circonstances, mais dont l’inclusion de la Liste arabe unifiée resterait à débattre. Plus tôt dans la soirée, Benyamin Netanyahou et Benny Gantz avaient affirmé être prêts à entamer des négociations sur la formation « immédiate » d’un gouvernement d’urgence d’union nationale pour faire face à la propagation du nouveau coronavirus qui paralyse le pays. Le Premier ministre israélien a toutefois indiqué que « les partisans du terrorisme ne peuvent pas faire partie du gouvernement – ni en temps normal, ni en cas d’urgence », ciblant ainsi certains éléments de la Liste arabe unifiée, ce à quoi Benny Gantz s’est opposé. Dans une courte déclaration publiée vendredi matin, le leader de Bleu Blanc a déclaré qu’il était disposé à discuter d’un gouvernement d’urgence, mais a ajouté que les discussions devaient inclure « des éléments de tous les bords politiques ». Le leader de Blanc Blanc a affirmé avoir demandé à Benyamin Netanyahou à ce que des équipes de chaque parti entament des négociations dès jeudi soir « afin d’étudier la formation d’un gouvernement d’urgence large et national pour combattre la propagation du coronavirus ».

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Dans un contexte d’augmentation constante des menaces contre le président de la liste Bleu Blanc Benny Gantz, le service de sécurité du Shin Bet a annoncé qu’il commencera à fournir une protection personnelle au chef de l’opposition. Seuls le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Défense et le président de la Knesset bénéficient d’une telle sécurité. Benny Gantz a reçu la semaine dernière des menaces de mort sur les réseaux sociaux après l’annonce de la liste Bleu Blanc de son intention de constituer un gouvernement soutenu par la Liste arabe unifiée. Les dirigeants de Blanc Bleu ont rencontré mardi après-midi le président d’Israël Beiteinu, Avigdor Lieberman, et ont qualifié la réunion de « positive et substantielle ». Les quatre députés, Benny Gantz, Yair Lapid, Moshe Ya’alon et Gabi Ashkenazi ont pris une photo avec Lieberman à la fin de la réunion, qu’ils ont diffusée sur les réseaux sociaux. Benny Gantz et Avigdor Lieberman se sont rencontrés lundi et se sont engagées à coopérer afin d’empêcher une quatrième élection.

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En France le Président Emmanuel Macron a dessiné un durcissement des mesures sanitaires mises en place pour endiguer l’épidémie du nouveau coronavirus, jeudi soir, lors d’une allocution télévisée retransmise à 20 heures. Contrairement au président du Conseil italien, Giuseppe Conte, qui avait annoncé de cette manière le décret qui a mis l’Italie sous cloche, le chef de l’Etat n’a pas révélé de nouveau cadre légal pour les Français, ni même de fameux franchissement du « stade 3 » de l’épidémie. La « bonne organisation » évoquée dans son discours semble toutefois se diriger vers une forme, pour l’instant adoucie, de confinement. Cette manière radicale mais efficace d’endiguer une épidémie consiste à restreindre, voire interdire les déplacements et les rassemblements de personnes afin d’éviter toute contagion. En Italie, seuls les déplacements professionnels, impératifs ou sanitaires sont ainsi tolérés. Les transports publics, bien que désertés, restent fonctionnels. Mais les forces de l’ordre effectuent des contrôles sur les routes, dans les gares et sur les lieux de transit. Les contrevenants s’exposent à une arrestation, une amende de près de 200 euros, voire une peine de trois mois de prison. Ce scénario ne semble pas à l’ordre du jour. « J’invite tous les Français à limiter leurs déplacements au strict nécessaire », a simplement exhorté le président, demandant particulièrement aux personnes âgées et fragiles de rester le plus possible à leur domicile. Sur les rassemblements, Emmanuel Macron a botté vers le gouvernement, chargé d’annoncer sous peu des mesures pour les « limiter au maximum ». Seul changement annoncé, les établissements scolaires sont fermés « jusqu’à nouvel ordre ».

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