Lettre d’informations du Vendredi 10 Mai 2019

Mardi soir, Israël a débuté les cérémonies de commémoration de ses soldats morts au combat et des victimes du terrorisme, tandis que le lendemain, les sirènes du souvenir ont retenti à travers le pays. Reuven Rivlin et Aviv Kochavi, le chef d’état-major, ont assisté à la traditionnelle cérémonie au Mur des Lamentations. Le président a déclaré qu’Israël a fait « une autre promesse, qui est celle de construire un pays fort et juste, déterminé, ouvert et riant, qui porte sur ses épaules une foi, une culture riche et profonde, et qui désire vivre avant tout, de soleil et de mer, de prière et de chanson, une vie simple ».

Quelques heures avant le début de Yom Hazikaron, Benyamin Netanyahou a tenu un discours d’hommage depuis le Mémorial de Jérusalem en souvenir des soldats israéliens décédés. « Je m’engage à continuer à agir pour faire rapatrier en Israël les corps des soldats disparus et morts, de la même manière que nous avons fait revenir la dépouille de Zachary Baumel », a indiqué le Premier ministre israélien. Début avril, le président Vladimir Poutine avait annoncé que des soldats russes, en coordination avec les Syriens, avaient permis la localisation de la dépouille du soldat israélien capturé en 1982 lors de la guerre du Liban.

Selon des chiffres officiels, 23.741 soldats et membres des forces de sécurité sont morts en service actif depuis 1860, lorsque les premiers habitants juifs de la Vieille ville de Jérusalem ont créé pour la première fois de nouveaux quartiers en dehors des murailles. Le nombre de ces morts a augmenté de 96 depuis le précédent jour du souvenir.

Dans la soirée de mercredi et jeudi, le recueillement a cédé la place aux festivités du jour de l’Indépendance, anniversaire de la proclamation de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948.

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Ces événements se sont déroulés dans un contexte particulièrement tendu. Le week-end dernier a été marqué par de vifs affrontements entre le Hamas et le Jihad islamique à Gaza et Israël. 700 roquettes ont visé l’Etat hébreu et tué 4 civils israéliens. Le Hamas, le Jihad islamique et Israël sont parvenus à une trêve, entrée en vigueur lundi 6 mai. Officiellement, pour Israël, il n’est pas question de parler d’un cessez-le-feu. Dans un communiqué, Benyamin Netanyahou a affirmé que « la campagne n’est pas terminée. Elle demande patience et sagacité ». « Nous sommes prêts à continuer », a poursuivi le Premier ministre israélien pour qui « le but est et demeure d’assurer le calme et la sécurité pour les citoyens du sud » du pays.

L’aviation et l’artillerie israéliennes ont détruit plus de 350 objectifs du Hamas et du Djihad islamique visant des cibles militaires ou politiques. Ces attaques étaient en principe précédées d’un avertissement comme le survol d’un drone pour permettre une évacuation des lieux. L’armée israélienne a revendiqué l’élimination de Hamed Ahmed al Khodary, l’architecte d’un réseau de transfert d’argent au profit des groupes armés palestiniens. Son assassinat est un message adressé à l’Iran considéré par Israël comme un pourvoyeur de fonds du Djihad islamique particulièrement en pointe lors de la flambée de violence de ce week-end.

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Les forces de défense israéliennes ont annoncé avoir riposté à une cyberattaque en bombardant le quartier général des cyberagents du Hamas.

Selon Judah Ari Gross, le commandant de la cyber division de Tsahal, cette tentative d’attaque visait à « nuire au mode de vie des citoyens israéliens ». Il a affirmé que ses équipes ont mené cette opération avec beaucoup de facilité: « Nous avons toujours eu une longueur d’avance sur eux », a-t-il déclaré.

Jamais une armée n’avait jusque-là utilisé des armes conventionnelles pour éliminer un ou plusieurs pirates informatiques pris sur le fait. Bien que les États-Unis se soient servis d’un drone pour supprimer un hacker de l’État islamique, en 2015. Mais surtout, le porte-parole de l’armée israélienne évoque une attaque « de faible intensité », rapidement repérée puis déjouée par Israël.

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L’Iran a annoncé la suspension de l’application de certains de ses engagements pris dans le cadre de l’accord de Vienne de 2015 sur son programme nucléaire. La République islamique menace également de reprendre l’enrichissement à haut niveau de l’uranium si les promesses conclues dans cet accord ne sont pas respectées. Hassan Rohani a lancé un ultimatum de 60 jours au groupe des 5+1, signataire de cet accord. Le Premier ministre israélien, lui, a promis  d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a fait mardi 7 mai une visite surprise à Bagdad pour contrer une « escalade » attribuée à l’Iran, soupçonné de préparer des «attaques imminentes » contre les forces américaines dans la région. « La raison pour laquelle nous allons » à Bagdad, « ce sont les informations qui indiquent une escalade des activités de l’Iran », a déclaré Mike Pompeo aux journalistes qui l’accompagnaient dans son voyage vers la capitale irakienne, où il a rencontré le premier ministre Adel Abdel Mahdi et le président Barham Saleh. Au terme de sa visite, il a affirmé avoir reçu « l’assurance » des dirigeants irakiens qu’ils « comprenaient que c’était leur responsabilité » de « protéger de manière adéquate les Américains dans leur pays ».

Sa visite en Irak intervient en pleine période de tensions entre Téhéran et Washington. L’administration de Donald Trump, qui a fait de la République islamique d’Iran son ennemi numéro un au Moyen-Orient, a annoncé ces derniers jours l’envoi d’un porte-avions et de plusieurs bombardiers B-52 dans la région.

Le déploiement, dénoncé comme un acte de « guerre psychologique » par Téhéran, a été assorti par la Maison Blanche d’un message clair et sans équivoque au régime iranien : « nous répondrons de manière implacable à toute attaque contre les intérêts des Etats-Unis ou de nos alliés ».

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