Lettre d’informations du 28 Juin 2019

Dans l’actualité cette semaine, la conférence de Bahreïn où Jared Kushner a présenté le volet économique de son plan de paix pour la Moyen-Orient, la normalisation des relations entre Israël et les Etats du Golfe, les tensions continues entre l’Iran et les Etats-Unis et les rumeurs d’une annulation des législatives israéliennes en septembre prochain.

La conférence consacrée à la dimension économique du plan de paix américain pour le Proche-Orient, concocté par le gendre du président Donald Trump, s’est ouverte mardi 25 juin, dans un palace de la capitale bahreïnie. En ouverture, Jared Kushner a exhorté les Palestiniens à revenir sur leur rejet quasi unanime de son initiative. Intitulé « De la paix à la prospérité » le projet propose 50 milliards de dollars d’investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. « Accepter une voie de développement économique est une condition préalable pour parvenir à régler ce problème politique auparavant insoluble », a affirmé Jared Kushner. Selon Washington, le plan pourrait permettre, grâce à de grands travaux et le développement du tourisme, la création d’un million d’emplois pour des Palestiniens englués dans une crise économique.

Mais les Palestiniens ont dès le départ rejeté cette initiative, estimant qu’il s’agissait, de la part d’un Trump ouvertement pro-israélien, de tenter de les acheter. Saëb Erakat, le secrétaire-général de l’OLP, a indiqué que l’administration Trump « insinue qu’elle sait ce qui est le mieux pour le peuple palestinien ». « Ce genre de campagne vise à faire accepter au peuple et aux dirigeants palestiniens les dictats, les menaces et la tyrannie à la fois des Etats-Unis et d’Israël : elle est vouée à l’échec », a-t-il assuré, alors même que l’Autorité palestinienne est au bord de la faillite.

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La conférence sur le développement palestinien, a indéniablement permis à Washington de rapprocher ses alliés du Golfe et Israël au moment où montent les tensions avec leur ennemi commun, l’Iran, avec notamment une interview exceptionnelle du chef de la diplomatie de Bahreïn sur une TV israélienne et la présence inédite de participants et de journalistes israéliens. Le Bahreïn a déclaré que l’atelier économique constituait une possible « nouvelle donne » dont la portée équivaut à celle de l’accord de paix de Camp David conclu en 1978 entre Israël et l’Égypte, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères de l’État du Golfe, qui soutient également fermement le droit à l’existence d’Israël. « Israël fait partie de l’héritage de cette région historiquement, le peuple juif a une place parmi nous et c’est la raison pour laquelle je veux leur dire (aux Israéliens): nous devrions parler », a dit cheikh Khaled ben Ahmed Al-Khalifa dans un entretien à la chaîne de télévision privée Channel 13 diffusé mercredi.

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Le nouveau volet de sanctions décrété par Donald Trump, lundi 24 juin, contre l’Iran et son Guide suprême, Ali Khamenei, a été qualifié de « stérile » par Téhéran, qui dénonce une volonté de « fermer de façon permanente la voie de la diplomatie avec le gouvernement prêt à tout de Trump ». Donald Trump a promis des sanctions contre le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, un modéré. « En même temps que vous appelez à des négociations, vous cherchez à sanctionner le ministre des affaires étrangères ! Il est évident que vous mentez », a déclaré, mardi, le président Hassan Rohani.

Mais Téhéran semble prêt à se risquer durablement dans l’escalade en cours avec les Etats-Unis. Jusqu’à provoquer un sentiment de vertige dans la population iranienne, en laissant craindre un dérapage vers une confrontation militaire. Alors que les incidents se multiplient autour du détroit d’Ormuz, et que l’Iran a annoncé sa volonté de rompre ses engagements nucléaires de juillet 2015, le pays s’installe dans une logique de tension, risquée mais calculée.

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En Israël, plusieurs sources ont rapporté lundi que le Likoud et la liste Bleu-Blanc réfléchissent actuellement à un moyen de faire annuler la dissolution du Parlement de l’Etat hébreu, prononcée le 30 mai dernier. Une manœuvre qui serait mise en place au profit de la constitution d’un gouvernement d’unité nationale qui comprendrait le parti de Benyamin Netanyahou ainsi que celui de Benny Gantz et Yaïr Lapid.

Si une majorité de 80 députés israéliens sur 120 vote en faveur de l’annulation de la dissolution de la Knesset, les citoyens de l’Etat hébreu n’auraient finalement pas à se rendre aux urnes le 17 septembre.

Les Israéliens pourraient alors voir se former un nouveau gouvernent comprenant les deux plus grands partis israéliens, plus rapidement que prévu et dans l’intérêt du Likoud comme dans celui de la liste Bleu-Blanc.

En effet, d’après les sondages, lors des prochaines élections, Benyamin Netanyahou comme Benny Gantz et Yaïr Lapid n’obtiendraient pas autant de voix qu’au cours du dernier scrutin législatif.

De plus, le Premier ministre israélien aurait vraisemblablement de grandes difficultés à former une coalition de droite sans Avigdor Lieberman, qui refuse de siéger aux côtés des partis ultra-orthodoxes.

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Le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, a démenti cette rumeur et a indiqué mercredi que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, trompait le public avec les appels de ses alliés à annuler le scrutin de septembre, indiquant qu’une telle manœuvre était « impossible juridiquement ».

Cependant, le président de la Knesset, Yuli Edelstein, qui œuvre en faveur de l’annulation du deuxième scrutin national en six mois, a rapidement réfuté les propos de Benny Gantz en affirmant que les outils légaux pour ce faire existaient.

L’ancien chef d’état-major a également commenté le retour en politique de l’ancien Premier ministre, Ehud Barak. Ce dernier a en effet annoncé cette semaine qu’il formait un nouveau parti pour se présenter aux prochaines élections.

« Je battrai Netanyahou et formerai un gouvernement »,  a promis Benny Gantz. « Toute scission nuira à cette opportunité ».

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