Lettre d’informations du 24 Mai 2019

Cette semaine les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis sont au cœur de l’actualité. Washington poursuit sa politique de « pression maximale » contre l’Iran en rappelant mercredi 15 mai son personnel diplomatique non-essentiel en Irak, en invoquant une « menace imminente » en « lien direct » avec l’Iran. Les Américains ont renforcé leurs moyens militaires dans la région, avec notamment l’envoi d’un porte-avions et de missiles Patriot.

L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont de leur côté dénoncé des « actes de sabotage », dimanche contre quatre navires pétroliers dans le Golfe

Mardi, des frappes de drones revendiquées par les rebelles houtistes du Yémen, alliés de l’Iran, ont endommagé des installations pétrolières saoudiennes. En avril, Washington avait annoncé le classement des gardiens de la révolution sur sa liste des « organisations terroristes internationales ».

Le chef de la diplomatie du Royaume-Uni, Jeremy Hunt, est venu apporter son soutien à la position américaine, après le cafouillage provoqué par un général britannique de la coalition internationale antijihadistes qui avait démenti toute « aggravation de la menace posée par les forces pro-iraniennes ». « Nous partageons la même évaluation de la menace renforcée posée par l’Iran » que les Etats-Unis, a tweeté jeudi le ministre britannique.

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Le Qatar a commencé lundi à distribuer des millions de dollars aux familles de la bande de Gaza, un geste destiné à apaiser les tensions après un nouvel accès de violence entre les groupes armés palestiniens de l’enclave et Israël. Un accord de cessez-le-feu conclu par l’entremise du Caire et de l’ONU a été annoncé au bout de deux jours. Tenu secret, il prévoirait des mesures d’apaisement bénéficiant aux Gazaouis et réclamées par le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne, en échange d’un retour au calme exigé par Israël.

L’organisation terroriste est extrêmement contestée en interne mais aussi au sein de la communauté internationale. A part l’Iran, le soutien au Hamas est excessivement faible. Mais, en interne, les Palestiniens l’accusent de dictature, de fanatisme religieux, de corruption au plus haut niveau. Pour contrebalancer ces accusations récurrentes, l’organisation terroriste joue la posture du combattant contre Israël. En mars dernier, ses forces de sécurité ont violemment réprimé des manifestations contre le coût de la vie, le chômage et l’enfermement. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré les forces du Hamas tirer pour disperser les manifestants.

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Isolée, affaiblie, délégitimée, l’Autorité palestinienne est confrontée à une crise financière majeure qui pourrait avoir des conséquences pour Israël en matière sécuritaire. Selon une source diplomatique, elle accroît actuellement son endettement auprès des banques à l’extrême limite de l’acceptable et ne paie plus une partie de ses fournisseurs.

Dans un rapport publié le 17 avril, la Banque mondiale dresse un constat sombre. Après une croissance quasi nulle dans les territoires occupés en 2018, le déficit budgétaire de l’Autorité palestinienne pourrait atteindre 1 milliard de dollars en 2019 (900 millions d’euros), contre 400 millions de dollars l’an passé, et ce malgré une aide internationale de 676 millions de dollars. Mais ce sont surtout les conséquences de cette trésorerie dans le rouge qui occupent les esprits.

Depuis des années, le Chef de l’Autorité palestinienne est confronté à une forte pression du Fatah, son parti, et de l’OLP, afin de mettre un terme à la coordination sécuritaire avec Israël. Cet affaiblissement de facto de la coordination sécuritaire inquiète vivement l’armée israélienne et le Shin Bet (service de sécurité intérieure). Il pourrait permettre à des cellules islamistes de bourgeonner. Depuis longtemps, le raïs palestinien utilise cette menace comme un levier de pression.

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Le président israélien Reuven Rivlin a prolongé, lundi, de deux semaines le délai accordé à Benyamin Netanyahou pour former une nouvelle coalition de gouvernement après que le Premier ministre a réclamé une période supplémentaire pour continuer les négociations avec ses partenaires potentiels.

Sous les termes des Lois fondamentales quasi-constitutionnelles en Israël, le vainqueur d’une élection a 28 jours pour former un gouvernement mais le président peut accorder une prolongation pouvant aller jusqu’à 14 jours.

Le Likoud de Netanyahu a remporté 35 sièges lors des élections générales du 9 avril et la majorité des députés du parlement – fort de 120 membres – ont recommandé qu’il ait la charge de la formation du gouvernement. Reuven Rivlin l’avait officiellement chargé de cette mission le 17 avril.

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Vainqueur de l’édition 2018, Israël est le pays hôte de l’Eurovision cette année. Avec près de 200 millions de téléspectateurs, c’est une exposition très importante pour un pays qui est dans une constante bataille d’image.

Pour attirer les touristes et téléspectateurs, l’organisateur a associé des personnalités israéliennes parmi les plus connues sur la scène internationale : la mannequin Bar Rafaeli et l’actrice Gal Gadot, qui a incarné Wonder Woman au cinéma, par exemple. Mais Israël n’a pas échappé aux appels au boycott qui accompagnent chaque grand événement organisé dans le pays. Le mouvement BDS, « boycott, désinvestissement, sanctions », mène des campagnes auprès d’artistes internationaux pour leur demander de ne pas se produire en Israël, sans succès puisque Madonna a affirmé qu’elle ne céderait pas aux pressions politiques. Le gouvernement israélien a, lui, mis en place une équipe interministérielle pour répondre aux éventuels messages politiques des artistes engagés dans cette compétition. Et l’organisateur de cet Eurovision 2019, le groupe audiovisuel public israélien Kan, a lui décidé de miser sur l’humour en diffusant la semaine dernière un clip satirique pour présenter le pays hôte.

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