Lettre d’informations du 21 Juin 2019

Cette semaine, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a convoqué son cabinet de sécurité de sécurité craignant que l’Iran ne lance une offensive contre Israël dans le but de forcer les Etats-Unis à renégocier l’accord sur le programme nucléaire. Jérusalem estime que Téhéran pourrait pousser la provocation en attaquant Israël en activant ses satellites dans la région: le Hezbollah au Liban et en Syrie ou le Jihad islamique dans la bande de Gaza. Pour faire face à ses menaces l’armée israélienne a mené 4 jours d’exercices avec des simulations de combats simultanés dans la bande de Gaza, en Syrie et au Liban. « J’entends nos voisins du nord, du sud et de l’est menacer de nous détruire. Je dis à nos ennemis : Tsahal a un immense pouvoir destructeur. Ne nous testez pas », a déclaré Benyamin Netanyahou.

La semaine dernière, le Hamas et le ministre des Renseignements iranien Mahmoud Alavi, se sont rencontrés à l’ambassade d’Iran à Beyrouth. La délégation du Hamas comprenait Saleh al-Arouri, le numéro deux du mouvement, Ossama Hamdane, chargé des relations internationales, ainsi que Ahmed Abdouhadi, son représentant au Liban. Durant la rencontre, les deux parties ont convenu de la nécessité de lutter contre « les défis et dangers provoqués par l’insistance du gouvernement américain à vouloir imposer l’accord du siècle ».

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La tension entre l’Iran et Washington ne faiblit pas. Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a annoncé que les réserves d’uranium enrichi de l’Iran dépasseraient la limite fixée aux termes de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 à partir du 27 juin. « Aujourd’hui, le compte à rebours pour passer au-dessus de 300 kilogrammes pour les réserves d’uranium enrichi a commencé et dans dix jours, c’est-à-dire le 27 juin, nous dépasserons cette limite », a déclaré, lundi 17 juin, Behrouz Kamalvandi lors d’une conférence de presse diffusée en direct par la télévision d’Etat iranienne. L’Iran avait annoncé le 8 mai qu’il avait décidé de ne plus respecter deux engagements qu’il a pris aux termes de l’accord international conclu à de Vienne en 2015 à propos de son programme nucléaire : ceux limitant ses réserves d’uranium enrichi (UF6) à 300 kg et ses réserves d’eau lourde à 130 tonnes. Cette décision survient dans une période de vives tensions avec les Etats-Unis qui ont fait de l’Iran leur bête noire au Moyen-Orient.

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En pleine crise avec l’Iran après la destruction d’un drone, le président américain fait face à des révélations du grand quotidien new-yorkais publiées ce vendredi. Selon celui-ci, Donald Trump a validé une offensive contre un éventail de cibles iraniennes, avant de se raviser et d’annuler les frappes au dernier moment. Aucun missile n’a été tiré, a déclaré un représentant de haut rang de l’administration. Le New York Times précise ne pas savoir à l’heure actuelle si une offensive américaine contre l’Iran est toujours programmée, indiquant ne pas avoir établi si Donald Trump avait changé d’avis ou si le revirement était dû à des interrogations stratégiques ou logistiques. Les craintes de confrontation directe entre Washington et Téhéran ont été ravivées jeudi après que l’Iran a abattu un drone américain se trouvant selon lui dans son espace aérien, près du détroit d’Ormuz, ce que contestent les États-Unis. Plusieurs élus républicains et démocrates ont pris part jeudi à la Maison blanche à une réunion d’information consécutive à cet incident. Le chef de file de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a cosigné un communiqué appellent les États-Unis à réagir de manière « mesurée » face à l’Iran.

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Le mouvement islamiste palestinien Hamas a appelé jeudi à l’annulation de la conférence prévue la semaine prochaine à Bahreïn sur le volet économique du plan américain pour résoudre le conflit israélo-palestinien, la dénonçant comme un acte de « normalisation » avec Israël. « Nous disons clairement que nous n’acceptons pas (…) qu’un quelconque pays arabe ou musulman soit l’hôte de telles conférences qui constituent (un acte de) normalisation avec l’occupant » israélien, a déclaré Ismaïl Haniyeh lors d’une conférence de presse dans la bande de Gaza. Haniyeh a pressé le roi Hamad de Bahreïn de prendre « une décision forte et de ne pas accueillir cette réunion de travail à la face de Dieu et du peuple palestinien ». Il a annoncé, sans plus de précision, des actes de protestation dans les Territoires palestiniens avant la conférence.

L’administration Trump organise mardi et mercredi prochains à Bahreïn une conférence économique qui se veut être un prélude à la présentation de l’initiative diplomatique attendue depuis des mois pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

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