Lettre d’informations du 17 Mai 2019

Depuis plusieurs semaines, la tension est forte entre les Etats-Unis et l’Iran, faisant craindre le spectre d’un conflit armé dans la région. « Si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran. Ne menacez plus jamais les Etats-Unis ». Donald Trump a fait monter d’un cran ses menaces contre l’Iran dans un tweet publié dimanche. Le président américain a réitéré ce message dans une interview diffusée le même jour sur la chaîne Fox News : « Je ne veux tout simplement pas que [les Iraniens] aient des armes nucléaires, et ils ne peuvent pas nous menacer », a-t-il martelé. Avant d’assurer cependant : « je ne suis pas de ceux qui veulent faire la guerre », citant l’exemple nord-coréen.

L’Iran a, de son côté, suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l’accord de 2015. D’après le New York Times, le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a présenté à des conseillers de Trump un plan pour envoyer jusqu’à 120.000 hommes au Moyen-Orient en cas d’attaque iranienne.

Lire aussi : Le Maire évoque une «forte pression» américaine contre la poursuite des transactions avec l’Iran

Asphyxié par les sanctions américaines, Téhéran a réduit de moitié ses transferts d’argent au Hezbollah. Les salaires de ses membres ont été amputés. Sa base sociale est ciblée dans l’espoir qu’elle se retourne contre son chef, Hassan Nasrallah. Au-delà de l’Iran, qui fournit les deux tiers environ du budget de la milice chiite, l’Administration Trump a décidé d’assécher ses autres sources de revenus. Les transferts bancaires en provenance de diamantaires libanais d’Anvers, mais surtout de la diaspora chiite d’Afrique, sont désormais strictement surveillés. De même que les sites Internet pour collecter des dons, et les stations-service, implantées dans son fief du sud du Liban. Face à cet étranglement, le Hezbollah a renforcé son contrôle sur les points d’entrée des importations au port et à l’aéroport de Beyrouth. Il cherche également à augmenter les contributions au mouvement, qu’il s’agisse des particuliers – via l’impôt révolutionnaire – ou des entreprises, dont les recettes sont quasi exclusivement en cash, un avantage pour échapper aux contrôles américains.

Lire aussi : Les sanctions US contre l’Iran « font mal » au Hezbollah, selon le Washington Post

Les 25 et 26 juin prochains, l’administration Trump présentera à Bahreïn le volet économique de son plan de paix, en gestation depuis deux ans, qui a pour objectif de résoudre le conflit israélo-palestinien. La publication de ce document a déjà été reportée à plusieurs reprises. D’abord seront discutées les incitations, les investissements potentiels dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et dans les pays voisins, la Jordanie et l’Egypte. Viendra plus tard, peut-être, la partie politique : les réfugiés palestiniens, le statut de Jérusalem, la nature et les limites d’une « Palestine » négociée entre les parties. Les co-organisateurs, le royaume de Bahreïn et les Etats-Unis, ont publié un communiqué, dimanche 19 mai, pour présenter « l’atelier de travail » de la fin juin. Intitulé « La paix vers la prospérité », il aura lieu à Manama et regroupera des entrepreneurs et des ministres des finances. Les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont confirmé leur présence.

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a indiqué mercredi soir dans un communiqué que « la Palestine ne participera pas à la conférence de Manam. (…) Ceci est la position commune des Palestiniens, depuis le président Mahmoud Abbas et le Comité exécutif de l’OLP jusqu’aux mouvements et aux groupes politiques, personnalités nationales, secteur privé et société civile », a détaillé le document mis en ligne.

Lire aussi : Plan de paix israélo-palestinien: Washington dévoilera le volet économique fin juin à Bahreïn

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et ses potentiels partenaires ont annoncé jeudi soir qu’ils pourraient tenter d’obtenir l’approbation de la Knesset pour une coalition de seulement 60 membres, et donc sans majorité.Jeudi soir, le parti Likoud déclaré que tous les partenaires s’étaient mis d’accord sur la nécessité de former un gouvernement de droite le plus rapidement possible. Cette option intervient après que les discussions entre Netanyahou le chef du parti Yisrael Beitenu, Avigdor Lieberman se sont interrompues suite à l’insistance de ce-dernier pour faire voter la loi sur la conscription des ultra-orthodoxes. Le Likoud a appelé Liberman à « tenir ses promesses envers ses électeurs et à se joindre au gouvernement de droite sans délai ». Selon d’autres sources, Netanyahou, qui a jusqu’au 28 mai pour former sa coalition, songerait également à convoquer de nouvelles élections si aucune solution n’est trouvée d’ici là. Le Premier ministre a besoin des cinq sièges d’Yisrael Beitenu pour obtenir la majorité. De son côté, Lieberman a déclaré qu’il voterait contre un gouvernement minoritaire. « Un gouvernement de 60 n’est pas un gouvernement de droite, mais un gouvernement ultra-orthodoxe qui, au lieu de préserver Israël en tant qu’Etat juif, le transformera en théocratie », a-t-il déclaré.

Lire aussi : Benyamin Netanyahu veut abolir la limite du nombre de ministères

Lundi, Israël et le Hamas sont parvenus à un accord de cessez-le-feu de six mois le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Celui-ci inclut une obligation pour le Hamas de mettre fin aux incidents violents le long de la barrière frontalière, en maintenant une zone tampon à 300 mètres de la frontière, la fin du lancement de ballons incendiaires sur les localités israéliennes, la fin des affrontements nocturnes entre émeutiers palestiniens et les forces de sécurité, et l’arrêt des flottilles qui tentent de franchir la frontière maritime entre Gaza et Israël. En retour, Israël autorise à nouveau la pêche jusqu’à 15 milles marins au large des côtes de Gaza, donnera son feu vert au programme « argent contre travail » des Nations Unies, à l’entrée de médicaments et d’autres aides civiles dans la bande de Gaza et ouvrira des négociations sur les questions relatives à l’électricité, aux points de passage, à la santé et aux transferts de fonds.

Toutefois mercredi, au moins onze feux ont été déclenchés mercredi dans le sud d’Israël, par des dispositifs incendiaires attachés à des ballons, lancés par-dessus la clôture de sécurité de l’enclave côtière. Près de huit hectares de champ de blé ont été brûlés.

Lire aussi : Israël/Ballons incendiaires: le Hamas brise la trêve informelle