La lettre d’information du Vendredi 08 Mai 2020

Cette semaine, Benyamin Netanyahou et Benny Gantz se sont finalement entendus sur un accord qui prévoit un gouvernement à deux têtes pour le pays. Le chef du Likoud devrait assurer le rôle de Premier ministre pendant 18 mois avant de céder la place à son nouvel allié.

L’ambassadeur d’Israël auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Danny Danon, a déclaré mercredi que son gouvernement exigeait des « changements majeurs » au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Par ailleurs, Tsahal intensifie de puis plusieurs semaines ses bombardements en Syrie. Les attaques visent des infrastructures militaires, des sites iraniens et des installations fabriquant des missiles de précision du Hezbollah transportés ensuite au Liban.

Les différents revers électoraux de ces derniers mois n’ont pas eu raison de Benyamin Netanyahou, pas plus que des nombreuses affaires judiciaires dans lesquelles il est empêtré. Après un an et demi de blocage politique et d’élections à répétition, Israël a finalement un accord de gouvernement, d’une forme particulière. Il s’agit d’un gouvernement à deux têtes, où deux Premiers ministres successifs se passeraient le relais au bout de 18 mois. La Cour suprême a donné le feu vert à ce gouvernement d’union mercredi 6 mai, et, tout en soulignant « la lourdeur des charges » envers Benyamin Netanyahou, elle a estimé qu’il n’entrait pas en contradiction avec la loi. Si cet accord peut surprendre compte tenu de la virulence des propos de Benny Gantz à l’égard de Benyamin Netanyahou dernièrement, cette union tactique permettra à l’actuel Premier ministre d’être relativement serein face à la justice. Le président israélien Reuven Rivlin a chargé jeudi soir Benyamin Netanyahou de former un gouvernement d’union qui a donc reçu la bénédiction de la Knesset, scellant la fin de la plus longue crise politique de l’histoire moderne d’Israël. Celle avait entraîné une grande lassitude chez beaucoup d’électeurs qui s’inquiètent par ailleurs de l’impact très négatif du coronavirus sur l’économie israélienne. On estime en effet que le chômage, autour de 3 à 4 % dans le pays, a bondi à plus de 25 % en quelques semaines à peine.

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Alors que l’Allemagne a interdit le Hezbollah en Allemagne, l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies Danny Danon a expliqué mercredi que Jérusalem réclamait un changement drastique dans la façon dont la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) effectue sa mission du maintien de la paix au Liban. Le diplomate a ainsi réclamé que la force soit plus efficace. Lors d’une visioconférence avec la presse, il a réclamé que les casques bleus en mission dans le pays aient accès à tous les sites, qu’ils bénéficient d’une liberté de mouvement et que le Conseil de sécurité de l’ONU soit immédiatement informé dès lors qu’ils feraient face à des restrictions – imposées notamment par le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran. « Nous avons constaté que, doucement, il y a de moins en moins d’endroits du sud Liban dans lesquels les troupes de l’opération de maintien de la paix peuvent voyager », a déclaré Danny Danon. « Nous voulons donc qu’ils aient une totale liberté de mouvement. J’en ai discuté avec le commandant de la force et nous leur disons : ‘Vous êtes sur place, vous ne pouvez pas vous déplacer et vous ne pouvez pas inspecter, alors pourquoi êtes-vous là ?’ », a-t-il poursuivi. Selon l’ambassadeur, Israël a constaté à maintes occasions que les troupes de la FINUL avaient été empêchées de se rendre sur des sites suspects. « Nous avons prouvé par le passé que le Hezbollah creusait des tunnels, transportait des armes à la frontière, et rien que dans les dernières semaines, nous avons eu plusieurs incidents à la frontière », a-t-il ajouté. Israël continuera donc à faire pression en faveur de réformes avant le renouvellement du mandat de la FINUL au cours de l’été et expliquera la position d’Israël aux membres du conseil. Danny Danon a déclaré qu’Israël était reconnaissant du vif soutien de l’ambassadrice américaine Kelly Craft à ce sujet.

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Tsahal intensifie ses bombardements en Syrie. Les attaques visent des infrastructures militaires, des sites iraniens et des installations fabriquant des missiles de précision du Hezbollah transportés ensuite au Liban. Un raid mené lundi dans la région d’Alep a ciblé un site du Centre d’études et de recherches scientifiques de l’armée syrienne où sont développées des armes chimiques et biologiques. Cette stratégie tous azimuts n’a pas de limite géographique et touche tous les partenaires de l’axe chiite dirigé par l’Iran. Les gardiens de la révolution iranienne, les milices chiites irakiennes, le Hezbollah libanais et des unités de l’armée syrienne sont dans la ligne de mire. L’idée serait de forcer les Iraniens à reconsidérer leurs plans militaires régionaux. Israël pense que l’Iran traverse une période de difficultés inédites, et que le moment est venu d’asséner des coups plus durs pour affaiblir ses forces en position délicate et favoriser leur recul. Accélérée par les conséquences de la pandémie et par la chute des prix du pétrole, l’asphyxie économique iranienne aurait des répercussions sur le financement de ses opérations extérieures. Téhéran aurait moins de moyens pour assister le Hezbollah.

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Alors qu’Israël se déconfine progressivement, des chercheurs auraient isolé un anticorps clé du coronavirus, a déclaré lundi Naftali Bennett, le ministre israélien de la Défense, qualifiant cette étape de « percée significative » vers un éventuel traitement de la pandémie de Covid-19. Cet anticorps « peut neutraliser (le coronavirus pathogène) à l’intérieur des corps des porteurs », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il s’est rendu en début de semaine à l’Institut israélien de recherche biologique (IIBR). Selon le directeur de cet Institut, Shmuel Shapira, la formule d’anticorps est « en cours de brevet ». Les Israéliens rechercheraient d’ailleurs déjà des partenaires industriels mondiaux capables de fabriquer des millions de doses. L’IIBR a dirigé les efforts israéliens pour développer un traitement et un vaccin contre le coronavirus, y compris le test sanguin de ceux qui ont récupéré du Covid-19. Les anticorps contenus dans ces échantillons sont largement considérés comme la clé du développement d’un remède possible. L’anticorps signalé est monoclonal, c’est-à-dire qu’il est dérivé d’une seule cellule récupérée et a donc potentiellement une valeur plus puissante pour donner un traitement. Le ministère israélien de la Santé a déclaré jeudi que le nombre des personnes guéries du coronavirus est désormais deux fois plus élevé que celui des malades.