Lettre d’Information du Vendredi 30 Novembre 2018

Hier, après six mois d’événements en France et en Israël, le ministre de la Culture Franck Riester a clôturé la saison croisée au Musée d’art de Tel Aviv. Sans Miri Regev, son homologue israélien. Selon le quotidien Haaretz, les Israéliens attendaient qu’Emmanuel Macron rende la pareille à Benyamin Netanyahou, qui était venu à Paris pour le lancement de la saison, le 5 juin. Le Président français s’était alors publiquement engagé à lui rendre visite dans les mois qui viennent. Quant à Edouard Philippe, son voyage, formellement annoncé pour les 31 mai et 1er juin, a été annulé à la dernière minute. Pour des raisons de politique intérieure, avait insisté Matignon (au moment du pic des grèves de la SNCF), soucieux que ce désistement ne soit pas interprété comme une réponse au transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et aux émeutes à Gaza survenues quinze jours plus tôt. Dernièrement, c’est la visite fin octobre du secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, qui avait été compromise par le remaniement ministériel.

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Toujours dans la poursuite du renforcement des liens stratégiques, Idriss Déby, a effectué une visite d’État inédite en Israël du 25 au 27 novembre, la première effectuée par un président tchadien, alors que les deux pays n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1972. Pour Benyamin Netanyahou, il s’agit d’une « visite historique » qui marque une nouvelle percée diplomatique en Afrique. Le président tchadien dont la venue a été tenue secrète a droit à tous les honneurs, à savoir un tête-à-tête et un dîner avec le Premier ministre ainsi qu’une rencontre avec le président israélien, Reuven Rivlin.

Il y a deux ans, Dore Gold, directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères de l’époque et homme de confiance de Benyamin Netanyahou, s’était rendu au Tchad où il avait rencontré Idriss Déby. A cette occasion, il a affirmé que les deux pays avaient un ennemi en commun à savoir « le terrorisme islamique ». Selon des experts, Israël aurait déjà vendu du matériel militaire au Tchad pour faire face aux rébellions qui agitent ce pays.

Sur le front diplomatique, Benyamin Netanyahu marque un nouveau point en Afrique où il a effectué trois visites en deux ans, notamment au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie.

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Le président de la République Tchèque Miloš Zeman s’est envolé dimanche en Israël, où il effectue une visite officielle de quatre jours. Lors de son séjour, le chef de l’Etat a rencontré  son homologue Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjamin Netanyahou. En tant que premier haut représentant politique tchèque, Miloš Zeman a prononcé un discours à la Knesset, le Parlement israélien et a assisté à l’inauguration de la Maison tchèque accueillera plusieurs institutions dépendant du gouvernement de Prague. Accompagné de son épouse Ivana, ainsi que du président de la Chambre des députés Radek Vondráček (ANO), de plusieurs ministres et des dizaines de chefs d’entreprises, Miloš Zeman a assisté à la signature des mémorandums entre les entreprises tchèques et israéliennes. Avant cela, le chef de l’Etat a déposé, à Jérusalem, une couronne de fleurs sur la tombe du fondateur du sionisme Theodor Herzl.

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Sur le plan diplomatique, Israël a obtenu hier une petite victoire à l’ONU. Les Etats-Unis ont obtenu le soutien de l’Union européenne concernant une résolution condamnant les tirs de roquettes vers Israël du mouvement islamiste palestinien Hamas, qui fera l’objet d’un vote en début de semaine prochaine à l’Assemblée générale de l’ONU selon des diplomates. « Les 28 membres de l’Union européenne soutiendront le texte américain », a indiqué à l’AFP une source européenne sous couvert d’anonymat. Le vote proposé aux 193 membres des Nations unies pourrait intervenir dès lundi, selon une autre source.

Le texte du projet, qui tient en moins d’une page, « condamne le Hamas pour des tirs répétés de roquettes en Israël et pour incitation à la violence, mettant la vie de civils en danger ». Il « exige que le Hamas et d’autres entités militantes incluant le Jihad islamique palestinien cessent toutes les provocations et activités violentes dont le recours à des engins aériens incendiaires ». Le projet final condamne également la construction d’infrastructures militaires, « y compris de tunnels pour des infiltrations en Israël et d’équipements permettant de lancer des roquettes dans des zones civiles ». Le texte promeut enfin « la réconciliation inter-palestinienne » et souhaite des « étapes concrètes pour réunir la bande de Gaza et la Cisjordanie sous le contrôle de l’Autorité palestinienne ».

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Côté technologique, la semaine a été a été fructueuse en Israël. La société privée Elbit, spécialisée dans la défense, a annoncé dimanche avoir terminé le processus d’achat du groupe public des Industries militaires israéliennes (IMI). Le groupe a versé 1,8 milliard de shekels (424 millions d’euros) pour l’acquisition de la compagnie publique, ainsi que 100 millions de shekels supplémentaires (23,5 millions d’euros) à l’Etat du fait des performances de la société, a-t-elle précisé dans un communiqué. « Cette vente facilitera la progression de l’industrie militaire israélienne et contribuera à l’économie israélienne », a déclaré Benyamin Netanyahou dans un communiqué.

S’agissant des investissements en Israël, un rapport de l’IVC Research Center a montré que les investisseurs étrangers ont injecté près de 77 % du total des fonds engrangés par les start-up israéliennes ces deux dernières années, ce qui correspond à la part la plus élevée jamais enregistrée depuis 2013. Près de 368 multinationales sont actives aujourd’hui en Israël. La plupart d’entre elles ont commencé leurs opérations en acquérant une start-up, ce qui a conduit à une expansion de leurs activités dans les années qui ont suivi. Au cours des trois premiers trimestres de l’années, des centres de recherche et développement de cinq multinationales ont ouvert, après l’ouverture de 12 centres en 2017. Au cours des cinq dernières années, les acheteurs étrangers représentaient 451 acquisitions, sur un total de 608 transactions de fusion et acquisition. Sur ces transactions, 53 % des acheteurs étaient Américains, 6 % étaient Britanniques et 3 % Chinois et Allemand, a indiqué IVC.

Le Soft Power technologique israélien se porte donc plutôt bien, couplé aux offensives diplomatiques engagées par Israël avec des pays périphériques, comme le souhaitait David Ben Gourion, mais qui marque également l’intérêt croissant, économique et diplomatique, de des partenaires plus discrets d’Israël.