Lettre d’information du Vendredi 27 Septembre 2019

Le président israélien Reuven Rivlin a mandaté mercredi soir le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahou pour former le prochain gouvernement de coalition afin de sortir le pays de l’impasse après des élections législatives n’ayant pas réussi à faire de vainqueur clair. Toutefois Benny Gantz, chef du parti centriste Bleu et Blanc et grand rival lors des élections du 17 septembre, a rejeté sa main tendue pour faire partie d’un gouvernement d’union. À l’issue de ces législatives, Benyamin Netanyahou, avec ses alliés de droite et des partis religieux, compte 55 sièges sur les 120 du Parlement. Quant au centriste Benny Gantz, avec le ralliement des partis de gauche et majoritairement arabes, il ne rassemble que 54 députés. D’où l’appel plus tôt cette semaine du président Rivlin à des pourparlers entre les deux camps afin de former un gouvernement d’union. Les deux parties discutaient depuis lundi soir, la presse locale envisageant différents scénarios de partage du pouvoir, mais sans parvenir à s’entendre.

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Pour l’heure, le mandat dont hérite Benyamin Netanyahou ne lui garantit pas de rester au pouvoir, mais seulement d’être celui qui est chargé de rallier les voix afin de sortir le pays de l’impasse. Benny Gantz n’a pas fermé la porte à un rapprochement avec le Likoud mais seulement à un gouvernement dirigé par ce dernier, au pouvoir depuis 10 ans sans interruption. Au terme des élections d’avril dernier, qui n’avaient pas réussi aussi à départager les candidats Gantz et Netanyahou, le président Rivlin avait déjà mandaté ce dernier de former le gouvernement. Incapable d’y parvenir, Benyamin Netanyahou avait préféré dissoudre la Knesset et convoquer de nouvelles élections, celles du 17 septembre, plutôt que de permettre au président de confier le mandat à Benny Gantz. Or cette fois, Benyamin Netanyahou a assuré qu’il allait permettre à Benny Gantz de tenter sa chance pour réunir au gouvernement s’il échouait à nouveau.

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Outre-Atlantique, la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a annoncé mardi, lors d’une conférence de presse, l’ouverture d’une enquête formant la première étape d’une procédure de destitution visant Donald Trump. « Les actes du président jusqu’à ce jour ont violé la Constitution », a accusé la présidente démocrate de la Chambre des représentants. « Aujourd’hui, j’annonce que la Chambre des représentants ouvre une enquête officielle en vue d’une procédure de destitution », a-t-elle annoncé. Sur un plan pratique, elle a demandé aux six commissions de la chambre basse qui enquêtent déjà sur le président républicain de se placer dans le cadre de cette procédure. Concrètement, cela signifie que, si elles rassemblent suffisamment d’éléments à charges, elles pourront rédiger des articles de mise en accusation, qui seront soumis au vote en séance plénière. Les démocrates disposant d’une majorité à la Chambre, le président Trump court un risque conséquent d’être mis en accusation, « impeached » en anglais, ce qui n’est arrivé qu’à deux de ses prédécesseurs dans toute l’histoire des Etats-Unis. Il sera toutefois jugé par le Sénat, toujours contrôlé par les républicains. Seul un vote à la majorité des deux tiers pourrait aboutir à sa destitution, ce qui parait à ce stade peu probable. Donald Trump a dénoncé mardi qu’il s’agit d’une « chasse aux sorcières de caniveau ». « Ils disent tous que cela serait positif pour moi lors de l’élection », a ajouté le président américain, qui briguera en novembre 2020 un deuxième mandat de quatre ans.

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La semaine diplomatique a été marquée par la tenue de la 74ème Assemblée générale des Nations Unies (voir notre analyse). Le président iranien, Hassan Rohani, a redit mercredi son refus de discuter avec les Etats-Unis tant que leurs sanctions contre son pays resteraient en place. Lors de ce discours très offensif, il a affirmé ne pas croire en la sincérité de l’administration Trump puisqu’elle s’est retirée de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Après avoir appelé l’Arabie saoudite à « arrêter la guerre au Yémen », Hassan Rohani a prévenu que le Proche-Orient était « au bord du chaos » et qu’une « seule gaffe peut provoquer un immense incendie ». Il a demandé à l’ONU de soutenir son plan « Coalition de l’espoir », évoqué fin août, pour la sécurité du Golfe persique, par où transite le cinquième du pétrole mondial. Ce plan reviendrait à assurer une domination de l’Iran sur le Golfe Persique puisqu’il prévoit purement et simplement  l’éviction de toutes les forces occidentales. Même si cette invitation à une coalition a été formellement adressée à l’Irak, l’Arabie saoudite, le Koweït, le Yémen, le Qatar, Oman, Bahreïn et les Emirats arabes unis, on peine toutefois à discerner qui accepterait de jouer les supplétifs de cette « Pax Irania », puisque la quasi-totalité d’entre eux sont alliés des Etats-Unis… Washington, qui a imposé depuis mai 2018 plusieurs séries de sanctions visant à étrangler financièrement l’Iran en l’empêchant surtout d’exporter ses hydrocarbures, a annoncé juste avant le discours de Hassan Rohani de nouvelles sanctions contre des sociétés chinoises transportant du pétrole iranien.