Lettre d’information du Vendredi 21 Février 2020

Cette semaine à l’actualité, la date du procès de Benyamin Netanyahou enfin fixée, une cyberattaque du Hamas dénoncée par Israël, les élections législatives en Iran et en France, Emmanuel Macron peine à convaincre dans son combat contre le « séparatisme islamiste ».

Le procès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance débutera le 17 mars, quinze jours après les élections législatives, a annoncé mardi 18 février le ministère israélien de la Justice. En plus de sa bataille juridique, Benyamin Netanyahou se bat pour sa survie politique lors des élections du 2 mars. Le chef du gouvernement devra être présent à l’ouverture du procès devant le tribunal de district de Jérusalem, afin d’assister à la lecture de l’acte d’accusation, a ajouté le ministère. Un panel de trois juges entendra l’affaire. Agé de 70 ans, Benyamin Netanyahou est accusé d’avoir accepté près de 265 000 dollars de cadeaux, dont les procureurs ont indiqué qu’il s’agissait de cigares et de champagne. Il nie toute malversation dans les trois dossiers de corruption ouverts à son encontre. Pour le chef de corruption il encourt dix ans d’emprisonnement et une peine maximale de trois ans pour fraude et abus de confiance. Pour l’heure, l’annonce de son inculpation n’a pas fait bouger le baromètre politique en Israël. Selon un dernier sondage de la chaîne israélienne Channel 13, la formation centriste Kahol Lavan de l’ex-général Benny Gantz obtiendrait 36 sièges sur les 120 de la Knesset, contre 33 pour le Likoud de Benyamin Netanyahou.

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L’armée israélienne a affirmé avoir déjoué une tentative de cyberattaque du mouvement terroriste Hamas, qui a enté de pirater les téléphones portables de ses soldats, en les appâtant avec de faux profils de jeunes femmes séduisantes. Les téléphones de quelques dizaines de soldats ont été ciblés, mais l’armée considère qu’il n’y a pas eu « de perte importante d’informations », selon son porte-parole, Jonathan Conricus, lors d’un point presse. Il s’agit de la troisième tentative de cyberattaque du genre du Hamas, ennemi d’Israël, en quatre ans visant des smartphones de soldats. Des messages ont ainsi été envoyés aux soldats via les applications Facebook, WhatsApp, Instagram et Telegram. Ces applications (Catch & See, ZatuApp et GrixyApp)  devaient infecter les téléphones des soldats avec des logiciels malveillants et donner un accès total aux appareils. L’armée n’a pas précisé par quels moyens elle avait déterminé que ces piratages étaient le fait du Hamas mais a évoqué des « preuves évidentes ». L’attaque a été lancée il y a plusieurs mois et Israël mène « une activité défensive » ces derniers jours, sans toutefois exclure de représailles, a affirmé Jonathan Conricus, sans préciser la nature de ces représailles.

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Ce vendredi 21 février, les électeurs iraniens sont appelés aux urnes pour choisir leurs 290 députés au Parlement.  Les Conservateurs devraient sortir renforcés tandis que le gouvernement de Hassan Rohani a vu sa cote de confiance s’effriter après le rétablissement des sanctions américaines. Plus récemment c’est la destruction de l’avion de ligne d’Ukraine Airlines qui pèse sur la popularité de l’exécutif. Les autorités iraniennes ont attendu trois jours avant de reconnaître qu’il avait été abattu par erreur. Le scénario d’une victoire des conservateurs s’est consolidé après l’invalidation de près de la moitié des candidats réformateurs et modérés par le Conseil des gardiens de la Constitution. En représailles, les États-Unis ont annoncé jeudi 20 février des sanctions financières contre cinq responsables de cet organe dominé par les ultraconservateurs. Une donnée importante reste l’abstention, qui profite généralement aux candidats proches du Guide suprême Ali Khamenei. Mais il a appelé ses concitoyens à voter avec enthousiasme, car pour Ali Khamenei une forte participation électorale est un gage de légitimité face à ceux qu’il qualifie d’ennemis de l’Iran, en particulier les États-Unis.

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Mardi, la Président de la République Emmanuel Macron a annoncé des mesures pour lutter contre le « séparatisme islamique »: fin progressive du système des « imams détachés », durcissement de l’accueil des psalmodieurs étrangers durant la période du ramadan, remplacement des « enseignements langue et culture d’origine » (Elco) par des « enseignements internationaux en langue étrangère » (EIL) avec des professeurs qui auront l’obligation de maîtriser la langue française, contrôle des financements des lieux de culte… A peine son discours achevé, le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, a dénoncé des mesures très faibles qui « ne permettront pas de faire régresser l’islamisme ». Face aux attaques sur ce sujet, le chef de l’Etat a vanté les résultats « concrets » obtenus par son gouvernement, depuis février 2018, dans quinze quartiers difficiles « pour lutter contre les mouvances diffusant des discours de haine ». Une offensive non dénuée d’arrière-pensées électorales, qui vise, sans doute, conforter l’électorat de droite, à un mois du scrutin municipal. Mais c’est surtout dans l’optique de la présidentielle de 2022 que s’inscrit l’initiative du chef de l’Etat. Lequel entend faire du régalien l’axe fort de la fin de son quinquennat, aux côtés de l’écologie.

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