Lettre d’information du Vendredi 20 Mars 2020

Cette semaine, nouveaux bilans, nouvelles mesures dans le monde pour lutter contre le coronavirus. La pandémie a tué plus de 10.000 personnes dans le monde, selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de données officielles, vendredi, à 10h30 GMT. Des multinationales de l’industrie pharmaceutique se sont engagées jeudi à fournir un vaccin contre le Covid-19 dans un délai estimé de 12 à 18 mois. Donald Trump a évoqué hier le recours imminent à la chloroquine, un antipaludéen, comme possible traitement pour le coronavirus, même si les autorités sanitaires ont un peu tempéré l’enthousiasme du président américain.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un plan d’urgence de 750 milliards d’euros destinés à des rachats de dette publique et privée, qui s’ajoutent aux 120 milliards décidés six jours auparavant. Sa présidente Christine Lagarde a dit s’attendre à une récession « considérable » en zone euro en raison de l’impact du coronavirus. Les Républicains du Sénat américain ont présenté hier un paquet d’aide d’environ 1000 milliards de dollars pour sauver l’économie américaine. En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, a annoncé jeudi un durcissement des mesures en vigueur dans le pays face à l’épidémie de coronavirus, en chargeant la police de faire appliquer le confinement à domicile de la population. « Dans le cadre de ces ordres, vous, citoyens israéliens, devez rester chez vous. Il ne s’agit plus d’une demande, il ne s’agit pas d’une recommandation, il s’agit d’une directive obligatoire qui sera appliquée par les autorités en charge du maintien de l’ordre », a-t-il déclaré à la télévision. Les Israéliens resteront autorisés à sortir pour aller acheter nourriture et médicaments, et certains salariés seront exemptés des mesures de confinement. Le ministère de la Santé israélien a fait état de 573 cas confirmés d’infection au coronavirus.

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Israël a commencé à utiliser des outils de surveillance numérique avancés afin de traquer les porteurs du coronavirus. Ces technologies, qui reposent en grande partie sur des données provenant de téléphones portables, ont été principalement utilisées par le service de sécurité du Shin Bet dans des opérations de lutte contre le terrorisme, et non contre des citoyens israéliens. “Nous allons utiliser certains moyens numériques que nous possédons pour lutter contre le terrorisme. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai évité d’utiliser ces mesures avec la population civile, mais je n’ai pas le choix”, a déclaré Netanyahou lors d’une conférence de presse samedi soir. Bien que le Shin Bet ait confirmé que cette option était effectivement envisagée, il a démenti les rumeurs selon lesquelles les outils seraient utilisés pour faire appliquer les règles de quarantaine.  Il a précisé qu’ils ne seraient utilisés que pour aider les autorités à suivre les parcours empruntés par les porteurs confirmés de la maladie afin de retrouver les personnes qu’ils auraient pu avoir infectées. Depuis plusieurs jours, la presse israélienne s’interroge sur une rupture de l’équilibre des pouvoirs en cours : un gouvernement de transition, qui a échoué à reconstituer sa majorité au fil de trois élections législatives depuis avril 2019, multiplie les mesures draconiennes pour lutter contre l’épidémie. Dimanche, le ministre de la justice a ainsi été vivement critiqué pour avoir décidé, au beau milieu de la nuit, de restreindre l’activité des tribunaux, provoquant le report du procès de Benyamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance, qui devait s’ouvrir le 17 mars.

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En France, face à une crise sans précédent, dans un pays quasiment à l’arrêt, le gouvernement a autorisé mercredi l’instauration d’un état d’urgence sanitaire, accompagné de mesures d’urgence pour soutenir l’économie. Le coronavirus se propage de plus en plus rapidement et le bilan des victimes ne cesse de s’alourdir, au quatrième jour du confinement ordonné par le gouvernement, avec un risque de saturation de services d’urgence. La France n’est qu’au « début de la crise » de l’épidémie de coronavirus mais « l’Etat tient », a insisté Emmanuel Macron vendredi en se rendant dans la Cellule interministérielle de crise, au sous-sol du ministère de l’Intérieur. Cette réunion, qui sera suivie d’un conseil de défense, doit examiner les aspects sanitaires, de contrôle et de continuité de l’économie, a annoncé le chef de l’Etat dans un bref propos liminaire devant les caméras. « Nous avons pris des mesures exceptionnelles pour absorber cette première vague, a-t-il déclaré. La crise mobilise tous les aspects de la vie de la Nation»«L’Etat tient, nous serons dans la durée au rendez-vous», a-t-il assuré en remerciant ses ministres d’être là «matin, midi et soir et nuitamment». Le chef de l’Etat s’est aussi agacé de ceux qui critiquent la gestion de la crise par l’exécutif, en lançant: « Je félicite ceux qui avaient prévu la crise une fois qu’elle a eu lieu.» « La France a activé ses dispositifs d’alerte avant même que l’OMS sonne le tocsin », a-t-il fait valoir. Le chef de l’Etat a enfin salué la mobilisation de l’Etat à tous les niveaux et demandé à ses ministres d’être « le plus réactif possible ». Pour mieux anticiper, le chef de l’Etat a mis en place une cellule d’anticipation qui doit « identifier les prochains défis qui seront les nôtres à J+8, J+15 et J + un mois ». En France, les premiers malades du nouveau coronavirus ont été déclarés le 24 janvier dernier. Depuis, le nombre de cas n’a cessé de grimper, pour atteindre, selon les données de Santé publique France, les 10.995 contaminations dont 372 décès jeudi 19 mars. Toutes les régions françaises sont concernées en métropole, les plus touchées étant l’Île-de-France, le Grand Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France. Des contaminations ont aussi été recensées en Outre-mer, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane ou encore à La Réunion.

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