Lettre d’information du Vendredi 18 Janvier 2019

Cette semaine a été marquée par plusieurs annonces et événements sur le plan militaire en Israël. Tsahal a affirmé avoir découvert la totalité des tunnels offensifs creusés par le Hezbollah libanais dans le but de mener des infiltrations sur son sol. La fin de l’Opération « Bouclier du Nord » lancée le 4 décembre dernier, est donc proche. L’entrée du dernier tunnel localisé se trouve dans le village libanais de Ramyeh situé à 800 m du territoire israélien. S’étendant sur plusieurs dizaines de mètres en Israël et creusé à 55 m sous terre, il s’agit du tunnel le plus profond, « le plus long et le plus complet » des six tunnels découverts par l’armée. Il devrait être détruit dans les prochains jours, selon le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne, qui a réaffirmé qu’Israël tenait le gouvernement libanais pour responsable « de tout acte de violence ou de toute violation de la résolution 1701 de l’ONU », qui a mis fin à la guerre de 2006. Israël construit actuellement un mur le long de la frontière pour stopper d’éventuelles tentatives d’infiltration du Hezbollah, seul mouvement à ne pas avoir été désarmé après la guerre civile ayant ravagé le Liban de 1975 à 1990.

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Les tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah se manifestent également en Syrie, où la milice chiite s’est alliée au régime de Bachar al-Assad. Israël a frappé à de multiples reprises des convois d’armes destinés au Hezbollah ainsi que des intérêts iraniens dans la Syrie en guerre. La dernière de ces attaques a eu lieu la semaine dernière lorsque l’aviation israélienne a visé « des entrepôts d’armes » iraniennes dans l’enceinte de l’aéroport international de Damas, a confirmé Benyamin Netanyahou. Le 17 septembre, lors d’une de ces opérations, des batteries syriennes ont abattu par erreur un avion russe, provoquant la mort des 15 soldats russes à bord et semblant remettre en cause la liberté d’action revendiquée par Israël en Syrie.

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Mardi, l’Iran a revendiqué avoir procédé à un tir de lanceur spatial, ce qui accentue un peu plus ses relations déjà très tendues avec les Etats-Unis. La diplomatie américaine reproche à l’Iran de développer des missiles balistiques sous le couvert d’activités spatiales liées à l’accès à l’espace. Selon le ministre des Télécommunications, la fusée a bien réussi à porter le satellite d’observation Omid à 500 kilomètres de la Terre. Mais une fois arrivé sur place, le troisième étage de la fusée n’a pas atteint la vitesse nécessaire pour placer le satellite sur son orbite. Début janvier, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait affirmé que ce lancement défiait la résolution 2231 du Conseil de sécurité, qui demande à l’Iran de ne pas mener d’activités sur des missiles capables de porter des têtes nucléaires. Washington et Paris estiment que l’Iran utilise la même technologie dans ses missiles balistiques et ses fusées.

La veille du lancement, le président Rohani avait rejeté ces critiques, affirmant que l’Iran allait utiliser une fusée de construction entièrement iranienne pour lancer un satellite construit par les ingénieurs de son pays.

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Côté palestinien, les dissensions entre le Fatah et le Hamas sont de plus en plus marquées. Dimanche dernier, l’Autorité palestinienne a annoncé son retrait du poste-frontière avec l’Egypte, créant un dilemme pour le Caire quant à l’opportunité de laisser la voie ouverte avec le Hamas aux commandes côté gazaoui. Pour l’instant, l’Egypte laisse seulement passer les Palestiniens dans un sens, celui du retour vers Gaza. Depuis des mois, Mahmoud Abbas a infligé de sévères mesures de rétorsion au Hamas pour l’épuiser financièrement. Selon un responsable de l’Autorité palestinien, environ 100 millions de dollars sont dépensés chaque mois à Gaza, notamment pour subventionner l’approvisionnement en électricité, et envisage de réduire considérablement ses dépenses. L’Autorité pourrait aussi, après la frontière avec l’Egypte, retirer son personnel des points de passage avec Israël, disent des proches de Mahmoud Abbas.

Israël serait alors confronté à la difficile décision de fermer les points de passage, au risque de la suffocation de Gaza, ou de les faire fonctionner avec le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par l’Etat hébreu, les Etats-Unis et l’Union européenne.

Les mesures contre le Hamas pourraient aussi inclure la réduction des salaires des familles des prisonniers du Hamas ou l’annulation des passeports palestiniens des employés du Hamas, selon les mêmes sources. Mahmoud  Abbas a déjà annoncé son intention de dissoudre le Parlement palestinien dominé par le Hamas. Cette assemblée ne s’est pas réunie depuis la scission de 2007, mais représente toujours formellement le lieu de l’activité législative.

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En Israël, les législatives arrivent à grands pas. La campagne voit se dessiner un paysage politique en pleine mutation, avec une gauche en voie d’extinction. Si le Likoud de Benyamin Netanyahou reste confortablement en tête des intentions de vote pour les élections anticipées, son principal adversaire, la justice, incarnée par le  procureur général Avichai Mandelblit n’aura pas son nom sur un bulletin. Après des années d’enquêtes de la police, celui-ci doit décider s’il inculpe Benyamin Netanyahou. La décision devrait être rendue mi-février, avant le début du scrutin.

L’ancien chef d’état-major Benny Gantz a officiellement lancé son parti Hossen LeYisrael à la fin du mois dernier, mais a depuis largement conservé le silence sur ses positionnements. Il a toutefois déclaré lundi que s’il est élu, il œuvrera à « modifier la loi sur l’État-nation ». Dans le même temps, le chef du parti centriste Yesh Atid, Yair Lapid, a lancé sa campagne intitulée Ce qu’ils ont abîmé, nous le réparerons. Dans une vidéo publiée sur Twitter, l’ancien ministre est filmé dans son bureau en train d’écrire le mot « réparer » sur des textes de loi, tels que la législation sur l’Etat-nation, le budget accordé aux déplacements du Premier ministre, ou encore la limitation de son mandat.

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Selon les sondages, Benny Gantz et Yair Lapid sont perçus comme les seuls véritables adversaires à Netanyahou. Une alliance pourrait augmenter leur chance de victoire mais à ce stade, aucun des deux candidats ne serait prêt à céder sa place de potentiel futur Premier ministre à l’autre.