Lettre d’information du Vendredi 05 Avril 2019

Cette semaine, Jair Bolsonaro s’est rendu en Israël où il a été reçu par Benyamin Netanyahou, un des rares dirigeants de premier plan à avoir fait le déplacement à Brasilia pour l’investiture du président brésilien début janvier. Le Premier ministre israélien avait alors salué une « nouvelle fraternité » entre les deux pays. Le Brésil a ouvert un bureau diplomatique à Jérusalem, a annoncé dimanche le ministre israélien par intérim des Affaires étrangères, Israel Katz, à l’occasion de cette visite.

Le président brésilien est un précieux soutien. Il avait déclenché une vive polémique en annonçant au lendemain de son élection, fin octobre, son intention de transférer l’ambassade du Brésil à Jérusalem. Pour Jair Bolsonaro, ce geste est aussi un enjeu de politique intérieure : il compte ainsi satisfaire l’électorat évangélique, très attaché à Israël, qui a fortement contribué à sa victoire.

Accompagné de Benyamin Netanyahou, le président brésilien s’est rendu lundi au Mur des Lamentations à Jérusalem, devenant ainsi le premier chef d’Etat à effectuer une telle visite au côté d’un Premier ministre israélien, rompant avec la pratique diplomatique.

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Benyamin Netanyahou a poursuivi son offensive diplomatique en se rendant en Russie jeudi 4 avril. Sa visite, la douzième rencontre officielle entre les deux dirigeants depuis l’engagement russe en Syrie en septembre 2015, lui permet de réaffirmer aux yeux de l’électorat israélien sa stature d’homme d’État, pour qui la porte est grande ouverte chez les dirigeants de ce monde, qu’ils soient rivaux ou non. Ce à quoi ne peuvent pas prétendre ses concurrents puisqu’il domine la scène politique israélienne depuis trois mandats successifs. Il peut aussi courtiser l’électorat d’origine russe qui, avec son million de votants, serait « le plus grand bloc électoral parmi les électeurs juifs du pays », selon le Haaretz.

Mais comme à chaque fois depuis 2015, c’est avant tout un partenaire pour endiguer l’influence iranienne en Syrie que Benjamin Netanyahu est venu chercher à Moscou. La Russie est la clé de la stratégie israélienne en Syrie. Dans un entretien accordé au New York Times en janvier dernier, le chef d’état-major israélien, Gadi Eizenkot, affirmait que l’État hébreu avait effectué des « milliers » de frappes contre des cibles iraniennes en Syrie ces deux dernières années. Moscou, parrain de Damas au même titre que l’Iran, a laissé une fenêtre d’actions aux Israéliens pour effectuer ses opérations tout en définissant ses propres lignes rouges.

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Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi que l’armée russe, avec l’aide de la Syrie, avait participé aux efforts visant à récupérer la dépouille du sergent Zachary Baumel, qui avait été tué en 1982 lors de la Première guerre du Liban lors de la bataille de Sultan Yacoub contre l’armée syrienne. « Les soldats de l’armée russe ont trouvé le corps en coordination avec l’armée syrienne », a déclaré Poutine durant une conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Après une opération secrète et complexe appelée « Chanson douce amère », la dépouille de Baumel est arrivée en Israël à bord d’un avion El Al par le biais d’un pays tiers non nommé, selon un porte-parole de l’armée mercredi. L’agence officielle syrienne Sana a affirmé que Damas ne disposait d’aucune information sur la découverte de la dépouille du militaire israélien. Ni Vladimir Poutine, ni Benjamin Netanyahu n’ont apporté de détails sur la façon dont les restes de l’ancien commandant de char ont été retrouvés. Le Premier ministre israélien a simplement déclaré que « les soldats russes, au péril de leurs vies, ont ramené les restes de Zachary sur le territoire israélien ».

Après le retour de Zachary Baumel, l’unité spécialisée dans ces recherches dénombre quatre soldats dont le sort demeure inconnu notamment Sultan Yakoub, l’aviateur Ron Arad, capturé lors d’une mission au Liban en 1986, et Guy Hever, disparu sur le Golan en 1997.

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En quête d’un cinquième mandat, Benyamin Netanyahou, 69 ans dont 13 au pouvoir, pourrait battre le record de longévité établi par l’historique David Ben Gourion s’il est reconduit au poste de Premier ministre après les législatives du 9 avril.

Son efficacité politique, son côté stratège, ses réussites et ses coups d’éclat diplomatiques, conjugués à sa maitrise indéniable de la communication ont, au fil des années, annihilé la concurrence. Mais les sondages lui prédisent aujourd’hui un combat serré avec le général Benny Gantz, ancien chef d’état-major à la tête d’une liste de centre-droit. Et tous les électeurs savent que, vainqueur ou vaincu, Benyamin Netanyahou va au-devant d’une inculpation pour corruption, sous réserve d’une audition de la dernière chance par le procureur général avant le 10 juillet. Adoré des uns, détesté des autres, le Premier ministre fait cependant l’unanimité sur un point: sa formidable faculté à affronter l’adversité.                 

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Dans la bande de Gaza, malgré une trêve entre Israël et les factions palestiniennes, des terroristes du Djihad islamique ont été aperçus dans la nuit de dimanche à lundi en train de préparer un plan d’attaque le long de la barrière de sécurité. Après les incidents survenus la semaine dernière, de tels agissements pourraient raviver les tensions dans la région alors que l’Egypte a réussi à mettre en place un plan de cessez-le-feu entre Israël et les factions terroristes présentes dans l’enclave côtière. Dans une lettre, Le Caire a précisé ne plus être en mesure de jouer son rôle d’intermédiaire à répétitions, avec l’Etat hébreu, mais surtout entre les frères ennemis palestiniens. Face à la situation, le Hamas est actuellement en train de faire pression sur le Djihad islamique, a expliqué une source sécuritaire. Face à la situation, Le Caire a envoyé une lettre d’avertissement au Hamas. Si une attaque venait à être commise par le Djihad, les équipes de Yahya Sinwar pourraient emprisonner certains de ces donneurs d’ordres, voire les éliminer.

Le nouveau secrétaire général du Djihad islamique sème actuellement le trouble au sein de la bande de Gaza ; à la solde des Iraniens, Ziad Nahala pousse ses hommes à commettre des actions contre Israël, malgré l’opposition du Hamas, qui joue souvent un double-jeu. Lundi, l’Etat hébreu a lui aussi mis en garde le Hamas, lui demandant de vérifier l’intégralité de ses rampes de lancement de missile pour éviter un quelconque incident.

Alors que Tel Aviv et ses environs ont été touchés à deux reprises par des obus gazaouïs ces dernières semaines, le mouvement terroriste du Hamas a indiqué que les roquettes avaient été tirées par « erreur ».

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