Lettre d’information du Vendredi 04 Octobre 2019

Cette semaine, lors d’une réunion biennale des commandants des Gardiens de la Révolution, le général de division Hossein Salami a une fois encore menacé Israël. La destruction du pays, traditionnel allié des Etats-Unis au Proche-Orient, « n’est plus un rêve mais un but à portée de main », a-t-il déclaré. Au terme des 40 premières années « de la Révolution islamique, nous sommes parvenus à atteindre la capacité pour détruire le régime sioniste imposteur », a-t-il poursuivi, cité par Sepahnews, le site officiel des Gardiens. L’agence officielle iranienne Irna les a également rapportées, mais dans le corps d’une dépêche titrée « Les ennemis souffrent d’un affaiblissement irréversible ». Irna a mis davantage l’accent sur les propos du général selon lesquels en dépit de l’ « hostilité » à son égard, l’Iran ne cesse de gagner en puissance et finira par triompher de ses adversaires. Ecrit en persan, en anglais et en hébreu, le message est accompagné du hashtag  #ShanahTova. L’hostilité affichée de la République islamique à l’égard d’Israël est une constante de la politique iranienne depuis la révolution de 1979. En juin 2018 déjà, le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, avait réaffirmé qu’Israël est pour le Moyen-Orient « une tumeur cancéreuse maligne qui doit être enlevée et éradiquée ».

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 La télévision d’Etat iranienne a diffusé mardi soir un entretien exclusif avec le général de division Ghassem Soleimani, haut commandant des Gardiens de la Révolution, consacré à sa présence au Liban lors du conflit israélo-libanais de l’été 2006. L’entretien était présenté comme la première interview du général, homme de l’ombre à la tête de la force Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens, l’armée idéologique de la République islamique. Soleimani a affirmé être entré au Liban au tout début de la guerre à partir de la Syrie avec Imad Moughnieh, haut commandant militaire du Hezbollah, tué en 2008, considéré par le mouvement terroriste comme l’artisan de ce qu’il a qualifié de « victoire » contre Israël lors de ce conflit. Il est revenu sur l’élément déclencheur de la guerre: l’attaque, le 12 juillet, d’un commando du Hezbollah parvenu « à entrer en Palestine occupée, attaquer un blindé sioniste et capturer deux soldats blessés ». Soleimani a également raconté comment, pris sous des bombardements israéliens sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, il est parvenu à évacuer Nasrallah de la « chambre d’opérations » où il se trouvait. La publication de l’interview, réalisée par le bureau de Khamenei, survient quelques jours après la publication, par ce même bureau, d’une photo inédite montrant Hassan Nasrallah aux côts de Khamenei et du général Soleimani et accréditant l’idée d’une rencontre récente entre les trois hommes à Téhéran.

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En Israël, Benyamin Netanyahou a suggéré jeudi la tenue d’élections primaires au sein de son parti, le Likoud, afin de couper court à toute tentative de « rébellion » dans ses rangs au moment où il négocie son maintien au pouvoir. Les élections du 17 septembre dernier n’ayant fait ressortir aucun vainqueur clair, le président Reuven Rivlin a « mandaté » le Premier ministre sortant pour former un gouvernement d’union avec son rival Benny Gantz, chef du parti centriste Kahol Lavan. Or les pourparlers entre leurs deux partis, arrivés en tête des législatives, piétinent. Et s’il ne parvient pas à former un gouvernement, Netanyahou devra retourner son « mandat » au président, qui pourrait aussitôt demander à Benny Gantz de tenter sa chance pour diriger un gouvernement. Dans ce scénario, Benny Gantz pourrait notamment tenter de coopter des députés dissidents au sein du Likoud, et ainsi obtenir une majorité au Parlement. Dans la matinée, Benyamin Netanyahou a rencontré Avigdor Lieberman, pour évoquer les négociations de coalition, mais «  aucune avancée n’a été enregistrée lors de la réunion », a indiqué le Likoud Par ailleurs, le président de la Knesset, Yuli Edelstein, a déclaré sur une radio israélienne que Netanyahou était prêt à prendre un congé temporaire, dans le cas où le procureur général d’Israël Avishai Mandelblit décidait de l’inculper, à la fin de l’audition de quatre jours, consacrée aux affaires de corruption dans lesquelles le Premier ministre est impliqué.

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La nouvelle Knesset s’est réunie jeudi pour la première fois, dans un pays toujours sans gouvernement. Les 120 députés du Parlement israélien, élus lors des législatives du 17 septembre, ont prêté serment et fait les photos d’usage en fin d’après-midi à Jérusalem « Mon appel à former un gouvernement d’union a été critiquée à gauche et à droite. J’entends ces critiques, elles sont légitimes et contiennent quelques vérités (…) mais vous avez, chers élus et leaders du peuple, l’opportunité et la chance de former un gouvernement d’union qui mettra fin aux désaccords », a déclaré le président Reuven Rivlin dans son discours d’ouverture. Les députés des partis arabes, qui se sont imposés comme la troisième force politique d’Israël avec 13 sièges lors des dernières élections, ont brillé par leur absence lors de la cérémonie d’intronisation au Parlement. Pendant ce temps au ministère de la Justice, à Jérusalem, le procureur général Avichaï Mandelblit poursuivait l’audition des avocats de Benyamin Netanyahou, soupçonné de corruption, abus de confiance et malversation dans une série de dossiers, incluant l’ « affaire 4000 ». Dans ce dossier, il est soupçonné d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron du géant israélien des télécoms Bezeq, en échange d’une couverture médiatique favorable de la part du site Walla, un média du groupe. Dans les semaines suivant l’audition, qui doit se terminer lundi, le procureur général doit décider s’il inculpe ou non Benyamin Netanyahou. Mais la question demeure : ce dernier sera-t-il alors toujours Premier ministre ?