Lettre d’information du Jeudi 30 Avril 2020

Cette semaine à l’actualité, les cimetières militaires ont été fermés pour Yom Hatzmaout, pour la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël, il y a 72 ans en raison du coronavirus et les Israéliens ont été enjoints de faire leur deuil ou de rendre leurs hommages en privé. S’en est suivi Yom Hazikaron, jour de commémoration de l’Indépendance du pays, dans des conditions toutes aussi particulières. Le candidat à la présidence américaine Joe Biden a déclaré qu’il maintiendrait l’ambassade américaine à Jérusalem s’il était élu, tandis que les autorités allemandes ont annoncé ce jeudi 30 avril l’interdiction complète en Allemagne des activités du puissant mouvement chiite libanais Hezbollah.

Le jour du Souvenir a commencé lundi soir par une sirène de raid aérien, qui donne lieu à une minute de silence. Les rares voitures encore dans les rues se sont immobilisées et les Israéliens, pour la plupart confinés, sont sortis sur leurs balcons et dans leurs jardins pour entamer cette journée de deuil, habituellement ponctuée de cérémonies et d’hommages publics. Le nombre de victimes de guerre israéliennes cette année, ce qui inclut les soldats, policiers, agents du Shin Bet et du Mossad, tués dans l’exercice de leurs fonctions, est de 23 816, selon les chiffres communiqués vendredi par le ministère de la Défense. Israël rend également hommage à 4 166 victimes du terrorisme. Ces deux chiffres remontent à 1860, avant la création de l’Etat d’Israël. Depuis le dernier Yom Hazikaron, 75 nouveaux noms ont été ajoutés à la liste de ceux tombés en défendant le pays depuis 1860. Quarante-deux d’entre eux étaient des soldats, des officiers de police et des civils, et 33 étaient des vétérans handicapés décédés en raison de complications résultant de blessures subies pendant leur service. Avec près de 23 000 victimes de guerres ou de bataille et plus de 4 000 victimes du terrorisme, la quasi-totalité des Israéliens sont concernés.

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Le couvre-feu total imposé par les autorités pour le Jour de l’Indépendance (Yom Haastmaout) a contraint les Israéliens à rester chez eux mardi soir. Afin de fêter malgré tout l’évènement – habituellement marqué dans le pays par des festivités tout au long de la nuit – ils ont été encouragés à manifester leur joie depuis leurs balcons.  Tandis qu’un certain nombre de municipalités ont choisi d’annuler leur traditionnel feu d’artifice pour éviter les rassemblements, mais aussi réaliser quelques économies en ces temps de crise, d’autres villes comme Jérusalem n’ont pas dérogé à la tradition, au grand bonheur de leurs habitants massés sur leurs terrasses.  Pour rajouter à l’ambiance festive, des camions ouverts diffusant des souhaits de bonne fête et de la musique à très hauts décibels ont sillonné les rues de nombreuses agglomérations. Le chef du parti Bleu Blanc, Benny Gantz, et le Premier ministre Benyamin Netanyahou ont salué, dans deux discours distincts, la « ténacité du peuple d’Israël » face au coronavirus. Le Jour de l’Indépendance, marquant la proclamation de l’Etat d’Israël, est célébrée d’après la date du calendrier hébraïque correspondant au 14 mai 1948. Il s’agit de la seule fête laïque en Israël.

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Aux Etats-Unis, Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a affirmé mercredi 29 avril qu’il maintiendrait à Jérusalem l’ambassade des Etats-Unis en Israël s’il remportait l’élection en novembre, tout en déplorant la décision de Donald Trump de la transférer depuis Tel-Aviv. L’ancien vice-président a déclaré que l’ambassade « n’aurait pas dû être déplacée »par l’administration Trump sans que cela n’entre dans le cadre d’un accord de paix plus large au Proche-Orient. « Mais maintenant que c’est fait, je ne ramènerais pas l’ambassade à Tel-Aviv », a-t-il ajouté lors d’une levée de fonds organisée en ligne. « Mais ce que je ferais… je rouvrirais aussi notre consulat à Jérusalem-Est pour dialoguer avec les Palestiniens, et mon administration exhortera les deux parties à prendre des initiatives afin de maintenir en vie la perspective d’une solution à deux Etats », a-t-il confié à quelque 250 donateurs, réunis sur le logiciel de vidéoconférence Zoom. Depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2017, Donald Trump a multiplié les gestes en faveur d’Israël, avec en particulier la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017, et le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv dans la ville sainte au mois de mai suivant. Cette décision avait pris le contrepied de décennies de statu quo dans la diplomatie internationale.

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Le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer a interdit aujourd’hui l’activité de l’organisation terroriste chiite Hezbollah en Allemagne, a indiqué un de ses porte-parole, Steve Alter, sur Twitter. Depuis l’aube plusieurs actions de police sont menées dans diverses régions, contre des établissements liés au mouvement, a ajouté le porte-parole. Selon les médias allemands Spiegel et Bild, il s’agit de trois mosquées à Berlin, la mosquée Al-Ishrad, à Brême, dans le nord du pays et Münster ainsi que d’un centre pour émigrés libanais à Dortmund, dans l’ouest de l’Allemagne. Plusieurs centaines de policiers au total ont été mobilisées. Né en 1982 lors de la guerre civile libanaise, le mouvement Hezbollah lutte contre l’État hébreu et est un acteur politique majeur au Liban. Il est proche du Liban et de la Syrie. En Allemagne, les autorités évaluent à un millier environ le nombre de ses membres, que le Renseignement intérieur accuse d’organiser des collectes de soutien, de recruter des sympathisants et d’organiser des manifestations appelant à la destruction d’Israël. En septembre dernier, l’ancien ambassadeur américain en Allemagne et aujourd’hui conseiller du président Donald Trump, Richard Grenell, avait exhorté l’Allemagne à bannir l’activisme politique du mouvement chiite sur son territoire, à l’image de la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas. Qu’attend la France pour faire de même ?