La lettre d’information d’ELNET du vendredi 21 Septembre 2018

Il y a tout juste 40 ans, Anouar el-Sadate et Menahem Begin étaient réunis à Washington par le président américain Jimmy Carter pour entamer un processus de négociation qui donna naissance à deux accords-cadres. Le premier prévoyait la signature d’un traité de paix israélo-égyptien (signé en mars 1979), la restitution par étapes à l’Égypte de la péninsule du Sinaï, et la reconnaissance par l’Égypte du droit de libre passage des navires israéliens dans le canal de Suez, le détroit de Tiran et le golfe d’Aqaba. Le second accord, qui avait pour but, selon les parties, de satisfaire les « droits légitimes » des Palestiniens, prévoyait pour la Cisjordanie et Gaza un statut évolutif en deux étapes. Le Sinaï fut évacué par l’armée israélienne mais le traité, rejeté par la quasi-totalité des pays arabes, ne débouchera que sur une paix « froide » et séparée.

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Anouar el-Sadate fut sans doute l’un des seuls chefs d’Etat arabe, avec le roi Hussein de Jordanie, à avoir eu le courage de faire un pas vers les Israéliens. Côté palestinien, nul leader ne fut capable du moindre compromis, et si la communauté internationale perçut à tord Yasser Arafat puis Mahmoud Abbas comme des intermédiaires fiables, leur double discours prouva le contraire. Et l’actualité récente ne fait qu’illustrer cette triste réalité. Le 23 juillet dernier, le chef de l’Autorité palestinienne affirmait qu’il continuerait à verser des salaires aux familles des prisonniers palestiniens et des terroristes tués. Ainsi déclarait-il, « les prisonniers et les martyrs sont des étoiles dans les cieux du combat palestinien et ils ont la priorité en tout ». Dans le cadre de sa politique de financement des familles des « martyrs » pour la cause palestinienne, le budget de l’AP pour 2017 et 2018 s’est élevé à 1.2 milliard de shekels par an. Ainsi, la famille du terroriste Khalil Jabarin, qui a assassiné dimanche l’Israélien Ari Fuld dans une attaque au couteau, recevra 1.400 shekels (335 euros) par mois de l’Autorité palestinienne pour les trois prochaines années, selon des informations fournies par Ramallah.

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Déterminés à cesser d’alimenter une Autorité palestinienne qui ne cache pas son double jeu,  les Etats-Unis ont supprimé dimanche dernier une nouvelle tranche d’aide destinée aux Palestiniens, après avoir déjà mis fin à plus de 200 millions de dollars (170 millions d’euros) d’aide qui leur étaient destinés, selon une source diplomatique. Ces nouvelles coupes américaines concernent des programmes visant à rapprocher Palestiniens et Israéliens, dotés jusque là d’un budget de 10 millions de dollars (8,6 millions d’euros), d’après une source au sein de l’ambassade américaine en Israël. Le président Donald Trump a dit avoir pris ces décisions pour forcer les Palestiniens à négocier.

Les Etats-Unis cherchent également à négocier avec l’Iran un traité qui couvrirait à la fois le programme nucléaire et le programme balistique de Téhéran, a déclaré mercredi le représentant spécial américain pour l’Iran, Brian Hook. Lors d’une intervention devant le groupe de réflexion Houston Institute, Brian Hook a évoqué « le nouvel accord que nous espérons être capables de signer avec l’Iran (…) et qui doit être un traité ».

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En Iran, la guerre de propagande se poursuit et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, a assuré jeudi que son mouvement, engagé dans le conflit syrien, avait réussi à se doter de « missiles de haute précision », malgré les tentatives d’Israël de l’en empêcher avec ses frappes en Syrie. Selon l’Etat-major israélien, le Hezbollah disposerait de 100.000 à 120.000 Lundi soir, une opération israélienne a mal tourné. Les tirs ont touché par erreur un avion de l’armée russe causant la mort de 15 membres de son équipage. L’armée russe a, dans un premier temps, jugé Israël responsable du drame en raison des tirs de missiles sur Lattaquié, imputés par Moscou à quatre F-16 israéliens, et qui ont fait deux morts et 10 blessés, dont des soldats syriens, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’armée israélienne a affirmé le lendemain que ses appareils avaient attaqué un site du régime où des systèmes entrant dans la fabrication d’armes de précision allaient être livrés au Hezbollah.

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Hier, une délégation israélienne, conduite par le général Amikam Norkin, chef de l’armée de l’air, s’est rendue à Moscou pour présenter les conclusions de son enquête. Suite à un échange téléphonique avec le Premier ministre israélien, Vladimir Poutine a parlé d’ « un enchaînement de circonstances accidentelles tragiques », indiquant clairement qu’Israël n’était pas à l’origine de l’abattage de l’avion russe.

Au mois de juillet, pour la troisième fois depuis le début de l’année, Benyamin Netanyahou s’était rendu en Russie avec pour objectif de convaincre Vladimir Poutine qu’il était dans l’intérêt même de Moscou de se débarrasser de la présence iranienne en Syrie. La relation entre les deux hommes s’est considérablement renforcée et cet « incident » ne saurait la détériorer.