La lettre d’information d’ELNET du Vendredi 14 Septembre

Les Accords d’Oslo, 25 ans après

Il y a 25 ans, les Accords d’Oslo, signés à Washington par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, semblaient annoncer la fin du conflit israélo-palestinien. Si les deux parties n’ont pas réussi à en faire une réalité, le texte relevant plutôt de la déclaration de principe, ils occupent néanmoins une place importante dans l’imaginaire européen. C’est à cette date là que l’Autorité palestinienne vit le jour, en conservant un rôle ambigu, à la fois capable d’incitations à la violence, de soutien aux familles des terroristes et affaiblie par la division avec le Hamas, et de coopérer avec les Israéliens de façon efficace sur les questions sécuritaires. Par la suite, les propositions de règlement des années 2000 ont été rejetées. Les Israéliens se sont retirés de la bande de Gaza mais les premières élections libres ont vu l’arrivée au pouvoir d’un mouvement islamiste dans le territoire exigu. Depuis 2006, aucune élection n’a été organisée alors que le leader de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, malade, est largement discrédité par les Palestiniens et par les Etats arabes voisins.

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En plus de deux décennies, la configuration géostratégique régionale a beaucoup évolué. Guerre en Syrie, isolement de l’Iran, rapprochement entre Israël et les Etats arabes sunnites, pression des Etats-Unis sur les Palestiniens, remise en question du statut des réfugiés palestiniens… des sujets qui sont au cœur de l’actualité cette semaine.

 Les Palestiniens sous la pression américaine

Les Etats-Unis ont décidé de fermer la représentation diplomatique de l’OLP, l’Organisation de libération de la Palestine, à Washington. Cette décision intervient après l’annonce de la suspension de l’aide financière américaine dans les territoires palestiniens ainsi que la fin de la contribution des Etats-Unis au budget de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Selon le département d’Etat, les dirigeants palestiniens ont mérité de perdre leurs aides américaines après avoir diffamé l’administration. « L’aide étrangère américaine n’est jamais acquise pour qui que ce soit », a-t-il déclaré. Au même moment,  John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a dénoncé la Cour pénale internationale qu’il a qualifiée d’« inefficace, irresponsable et carrément dangereuse ». A plusieurs reprises, il a évoqué les risques qu’elle ferait également peser sur Israël, compte tenu de la volonté régulièrement affichée par l’Autorité palestinienne de la saisir pour enquêter sur les « crimes de guerre » perpétrés, selon elle, par l’armée israélienne dans les territoires occupés.

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Jeudi, Le gendre et conseiller du président américain, Jared Kushner, a défendu jeudi la série d’actions prises contre les Palestiniens et a insisté sur le fait qu’aucune d’entre elles n’avait diminué les chances d’arriver à un accord de paix entre Israël et les Palestiniens. S’exprimant sur la pelouse de la Maison Blanche 25 ans après la signature des accords de paix d’Oslo, Jared Kushner a déclaré que le président Trump avait réellement « amélioré » les chances du rétablissement de la paix au Moyen-Orient. « Trop de fausses réalités qui ont été créées (et) que les gens adulent devaient, à mon avis, être changées », a-t-il déclaré lors d’une interview. « Tout ce que nous faisons, c’est de faire les choses comme nous les voyons et de ne pas avoir peur de faire ce qui est bien. Je pense qu’ainsi vous avez beaucoup plus de chances de parvenir à une paix réelle », a-t-il ajouté.

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L’Iran en ligne de mire

Mercredi 12 septembre, lors du conseil des ministres, Benyamin Netanyahou a accusé les dirigeants européens de faire preuve de complaisance vis-à-vis de l’Iran au lieu de s’opposer à ses activités terroristes. Le Premier ministre israélien s’efforce de pousser les dirigeants du monde à se joindre aux États-Unis dans leurs pressions sur Téhéran. « Le temps est venu pour le monde de s’unir dans la lutte contre les organisations terroristes. Il l’a fait dans une certaine mesure contre le groupe État islamique, mais il ne le fait pas contre l’Iran », a-t-il dit. Benyamin Netanyahou peut compter sur le soutien de l’Administration Trump qui a averti mardi qu’elle tiendrait l’Iran pour responsable de toute action violente en Irak perpétrée par des milices qu’elle soutient et qui porterait atteinte à des individus ou des intérêts américains. « Ces derniers jours, nous avons assisté à des attaques dangereuses en Irak en particulier contre le consulat des Etats-Unis à Bassorah et contre le complexe qui abrite l’ambassade américaine à Bagdad », a indiqué l’exécutif l’américain dans un communiqué.

Au début du mois, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a évoqué la possibilité d’attaques contre des cibles iraniennes en Irak en cas de menace pour la sécurité d’Israël. L’Iran a profité de la guerre en Syrie pour intensifier sa présence au Moyen-Orient, ce qui lui permet d’agir contre ses ennemis sans risquer d’exposer son territoire à des représailles directes. En créant des abcès ailleurs, l’Iran part à l’offensive tout en se protégeant. Pour Bachar al-Assad, que Téhéran soutient, la présence iranienne est rassurante. Contrairement à la Russie, il sait pouvoir s’appuyer sur un allié indéfectible, qui a volé à son secours dès 2011 alors que le régime alaouite était sur le point de s’effondrer.

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