A l’actualité cette semaine, Mike Pompeo a prévenu que les États-Unis tenteraient d’imposer un rétablissement des sanctions de l’ONU contre l’Iran si l’embargo international sur les armes devait expirer ; l’Iran a visé un faux porte-avions américain lors d’exercices militaires dans le Golfe tandis que la tension est montée entre Israël et le Hezbollah.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a prévenu jeudi 30 juillet que les États-Unis tenteraient d’imposer un rétablissement des sanctions de l’ONU contre l’Iran si l’embargo international sur les armes devait expirer. Lors d’une audition parlementaire, il a confirmé que Washington présenterait « dans un futur proche » une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies pour prolonger cet embargo sur les ventes d’armes conventionnelles à Téhéran, qui expire le 18 octobre. « Nous espérons qu’elle sera approuvée par les autres membres permanents » du Conseil, a-t-il dit, tout en estimant probable que la Chine, voire la Russie, aient recours à leur droit de veto pour s’y opposer. « Si elle n’est pas adoptée, nous prendrons les mesures nécessaires pour faire en sorte que cet embargo sur les armes n’expire pas », a insisté Mike Pompeo. Les États-Unis ont déjà estimé qu’ils avaient le droit d’imposer le rétablissement des sanctions économiques de l’ONU contre Téhéran levées dans le cadre de l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien – et ce même si Donald Trump a retiré son pays de cet accord en 2018. « Nous avons la capacité de mettre en œuvre ce rétablissement et nous allons l’utiliser de manière à protéger et défendre l’Amérique », a prévenu le secrétaire d’État, qui n’avait jamais dit aussi clairement que Washington était prêt à mettre cette menace à exécution. L’administration Trump estime que l’accord de 2015 est insuffisant pour empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.

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Alors que les tensions ne cessent de croitre entre Washington et Téhéran, les forces armées iraniennes ont détruit par missiles la maquette d’un porte-avions américain mardi, lors d’exercices militaires dans les eaux du Golfe au sud de l’Iran, a annoncé la télévision d’État. Ces exercices – appelés « Prophète Mohammed 14 » – ont eu lieu près du détroit d’Ormuz, important couloir de navigation, notamment pour les pétroliers. Selon des images diffusées à la télévision d’État, des forces terrestres et aériennes iraniennes se sont préparées à une attaque au large de la côte située au sud-ouest du pays. Des vedettes rapides étaient chargées de tirer et de lancer des roquettes sur le porte-avions. Par la suite, des missiles sol-mer ciblaient et détruisaient le faux transporteur. La maquette d’un porte-avions de classe Nimitz est ensuite apparue, avec des rangées de faux avions de combat visibles de chaque côté de sa piste d’atterrissage. La télévision d’État a coupé la séquence pour montrer des roquettes tirées vers la mer à l’arrière de camions, avant de montrer des dégâts à la coque de la maquette du faux porte-avions. Un autre missile tiré depuis un hélicoptère laisse une traînée de fumée avant de s’écraser sur le côté du faux navire de guerre Nimitz. Des forces armées ont ensuite été vues en train de descendre sur le pont du navire, alors qu’une dizaine de vedettes rapides l’entouraient. « Ce qui a été montré aujourd’hui dans ces exercices, au niveau des forces aérospatiales et navales, était tout à fait offensif », a déclaré le général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique. La marine américaine rapidement réagi, dénonçant ce mardi le comportement « irresponsable et dangereux » de l’Iran.

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L’armée israélienne a rapporté des heurts, lundi 27 juillet, à la frontière avec le Liban., déclarant qu’une « cellule terroriste » composée de trois à cinq combattants du Hezbollah, avait fait une tentative d’incursion sur le territoire israélien et avait été repoussée par Tsahal « qui a ouvert le feu au moyen de mitrailleuses et d’obus de chars », comme l’a rapporté le Jerusalem Post. De son côté, le Hezbollah a démenti toute tentative d’infiltration et a attribué les heurts au seul camp israélien, selon The Daily Star, au Liban. Ce qui fait consensus des deux côtés, c’est le point de départ, a expliqué le Yediot Aharonot : lundi 20 juillet, « Tsahal a conduit une frappe près de l’aéroport de Damas pour détruire des stocks d’armes et de munitions qui étaient arrivés d’Iran et qui devaient servir au Hezbollah. Un agent du Hezbollah qui était sur place, peut-être pour superviser l’acheminement du matériel vers le Liban, a été tué. » Le Hezbollah a décidé de venger cette mort, poursuit le journal israélien, « conformément à la doctrine définie en 2015 par son dirigeant Hassan Nasrallah, qui a appelé à systématiquement venger les victimes ». Et, de fait, Tsahal s’attendait à des représailles. Benyamin Netanyahou et Benny Gantz, le ministre de la Défense ont multiplié les mises en garde. Le chef du gouvernement s’est rendu mardi au quartier général de la région militaire du nord d’Israël. « Le Hezbollah joue avec le feu, l’armée israélienne est prête à faire face à tout scénario. Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour nous défendre, et je suggère au Hezbollah de tenir compte de ce simple fait », a lancé le Premier ministre. Sa mise en garde a visé aussi Téhéran. « Israël continuera à mettre en échec les tentatives de l’Iran de s’établir (militairement) dans notre région. »

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