Lettre d’informations du Vendredi 26 Juillet 2019

L’Iran a annoncé, lundi 22 juillet, avoir arrêté dix-sept Iraniens et en avoir condamné à mort plusieurs dans le cadre du démantèlement d’un « réseau d’espions » de la CIA, l’Agence centrale du renseignement des Etats-Unis. Ce démantèlement avait été annoncé le 18 juin par Téhéran ; les arrestations ont eu lieu entre mars 2018 et mars 2019. La publication de détails sur cette opération du contre-espionnage survient dans un contexte de fortes tensions entre l’Iran et les Etats-Unis – plus d’un an après le retrait unilatéral américain de l’accord international sur le nucléaire iranien – et d’escalade militaire dans le Golfe. « Pas une once de vérité », a immédiatement répondu Donald Trump qui n’a pas attendu la réaction de l’agence pour qualifier les propos iraniens « totalement faux ». « Leur économie est morte et cela va empirer », a conclu le président américain. Le tweet de Donal Trump a suscité des critiques de la part des renseignements américains. « Il y a une raison pour laquelle le gouvernement ne s’exprime JAMAIS sur de telles informations. La prochaine fois qu’une information de cette nature ne suscitera pas de réponse, tout le monde pensera qu’elle est vraie », a notamment réagi Ned Price, ancien membre de la CIA. Cette nouvelle annonce de Téhéran intervient dans un contexte d’extrêmes tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, dans le Golfe, où le détroit d’Ormuz est le théâtre d’opérations militaires conduites par les deux pays. C’est donc le deuxième démenti en seulement trois jours, après l’annonce de la destruction d’un drone iranien par Washington jeudi 18 juillet, contestée ensuite par Téhéran.

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Mardi dernier, Téhéran a adressé un avertissement à Boris Johnson, tout juste désigné pour devenir le nouveau Premier ministre britannique, en affirmant que l’Iran comptait bien protéger le Golfe, en pleine crise des tankers entre la République islamique et le Royaume-Uni. « Nous avons 1.500 miles de côte sur le golfe Persique. Ce sont nos eaux et nous les protégerons », a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter. Disant féliciter Boris Johnson pour son accession au 10, Downing Street, Javad Zarif rappelle la position de Téhéran selon laquelle les Iraniens sont « responsables de la sécurité et de la liberté de navigation dans le golfe Persique ». Le site Internet du gouvernement avait cité plus tôt des propos similaires tenus par le président iranien Hassan Rohani lors d’une rencontre avec le Premier ministre irakien, Adel Abdel Mahdi. Région stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole, le Golfe traverse une période de turbulences. Celles-ci sont liées à l’exacerbation des tensions entre Téhéran et Washington depuis le retrait unilatéral américain, en mai 2018, de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015. Depuis mai, des sabotages et attaques de navires dans le Golfe – imputées par les Etats-Unis à Téhéran– ainsi que la destruction d’un drone américain par l’Iran ont encore fait monter la pression.

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Ali Khamenei, dirigeant suprême de l’Iran a rencontré lundi une délégation du Hamas et s’est entretenu avec son chef adjoint, Saleh al-Arouri. L’ayatollah a déclaré aux responsables du Hamas que soutenir les Palestiniens « est une question idéologique et religieuse » et a fermement condamné le plan de paix pour le Moyen-Orient mis en avant par l’administration du président américain Donald Trump. « La dangereuse conspiration du »deal du siècle » a pour objectif de détruire l’identité palestinienne parmi le public et les jeunes palestiniens », a-t-il affirmé dans un communiqué publié sur son site internet. « Pour faire face au deal du siècle, il faut déployer des efforts promotionnels, culturels et intellectuels. L’autre méthode consiste à faire sentir aux Palestiniens qu’ils progressent. Aujourd’hui, les Palestiniens sont équipés de missiles de précision plutôt que de pierres et cela signifie qu’il y a un sentiment de progrès », a ajouté Khamenei. Al-Arouri a déclaré au dirigeant iranien : « nous croyons que sur la base de la promesse divine, Al-Qods et la Palestine seront libérées de la tyrannie des sionistes », selon le communiqué du bureau de Khamenei. La délégation du Hamas a également rencontré Kamal Kharrazi, un conseiller de Khamenei.

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En Israël, Le Parti de gauche Meretz et le nouveau parti de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, ont annoncé jeudi leur alliance en vue des élections législatives du 17 septembre avec l’objectif de contrer Benyamin Netanyahu. La scène politique israélienne est en pleine ébullition avant les nouvelles élections convoquées après l’échec de l’actuel Premier ministre à former une coalition de gouvernement à l’issue des élections d’avril. L’opposition de gauche cherche à s’unir pour empêcher le Likoud au pouvoir depuis 2009 et bien placé dans les sondages, de remporter une nouvelle fois le scrutin de septembre.  Les petits partis de gauche, comme le parti d’Ehud Barak « Israël démocratique » cherchent aussi à s’unir sur des listes communes pour éviter des déperditions de voix au cas où ils n’atteindraient pas le seuil d’éligibilité, fixé à 3,25% de l’ensemble des voix, dans le système proportionnel israélien. Dans un communiqué commun, le chef de file de Meretz, Nitzan Horowitz, et Ehud Barak ont annoncé jeudi leur décision d’unir leurs formations sur la liste commune « Le camp démocratique ».
Stav Shaffir, députée du parti travailliste âgée de 34 ans très engagée dans le combat contre les inégalités sociales en Israël, rejoindra également la liste dont elle occupera la deuxième place, Nitzan Horowitz en prenant la tête.

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