Lettre d’information du 14 Décembre 2018

Les tunnels creusés par le Hezbollah sont toujours au cœur de l’actualité. Benyamin Netanyahou a prévenu la milice chiite qu’elle s’exposait à une riposte si elle lançait une attaque contre Israël, après la découverte d’un troisième tunnel sous la frontière infiltrant le territoire israélien. Le Premier ministre s’est exprimé lors d’une visite dans le nord d’Israël accompagné du chef d’état-major de l’armée, Gadi Eisenkot. Il mène depuis le 4 décembre une campagne vigoureuse pour dénoncer les tunnels offensifs de la milice chiite libanaise qui violent la résolution 1701 de l’ONU. Parallèlement, une délégation militaire israélienne de haut niveau s’est rendue à Moscou pour « expliquer l’opération, en rappelant de la manière la plus claire possible qu’Israël a le droit et le devoir de lutter contre la présence militaire iranienne et d’agir contre la tentative d’agression du Hezbollah par les tunnels ». Les officiers israéliens, avec à leur tête le général Aharon Haliva, commandant du Directoire de Technologie et de Logistiques de Tsahal, ont révélé à leurs homologues russes les rouages de l’Opération Bouclier du nord. Les représentants de deux armées ont également discuté d’améliorations dans les mécanismes de déconfliction en place pour éviter un affrontement entre Israël et la Russie en Syrie.

Lire aussi : L’affaire du tunnel du Hezbollah met le Liban dans l’embarras

S’exprimant devant la presse lors de son déplacement à la frontière nord, Benyamin Netanyahou a déclaré: « Notre ligne rouge, c’est notre survie », alors qu’on lui demandait quelle « ligne rouge » devrait être franchie pour qu’Israël attaque l’Iran à l’intérieur des frontières de la République islamique. « Nous faisons ce qui est nécessaire pour protéger l’Etat d’Israël contre le régime iranien qui, au bout du compte, appelle à annihiler l’Etat juif », a-t-il dit. « Je n’exclus rien qui puisse être nécessaire pour nous défendre », a-t-il insisté.

Israël est le seul pays dont l’armée a combattu directement les forces iraniennes, sur le sol syrien, où l’Iran soutient le régime de Bachar al-Assad. Pour Israël, l’Iran constitue la plus grave menace pour Israël. C’est dans ce contexte que l’Etat hébreu s’est rapproché des Etats sunnites du Golfe ces dernières années. « Les pays arabes comprennent exactement qu’Israël n’est pas leur ennemi, mais leur partenaire indispensable contre les extrémistes », a soutenu le Premier ministre, parlant de « nouvelle relation entre Israël et le monde arabe ».

Lire aussi : L’Iran confirme un « récent » test de missile

Matteo Salvini s’est rendu mardi en Israël pour une visite de deux jours au cours de laquelle  le vice-Premier ministre italien, également ministre de l’Intérieur et chef du parti d’extrême droite la Ligue, a été reçu par Benyamin Netanyahou. « L’Union européenne ces dernières années a été absolument déséquilibrée (…) dans sa gestion du conflit du Proche-Orient, condamnant et sanctionnant Israël toutes les 15 minutes », a-t-il dit lors d’un point de presse. Qualifiant l’Etat hébreu de « rempart de sécurité pour les valeurs européennes et occidentales dans la région », il a estimé que « quiconque veut la paix soutient Israël ». Matteo Salvini s’est rendu à la frontière nord pour observer les tunnels creusés par le Hezbollah. « Qui veut la paix doit soutenir le droit à l’existence d’Israël. Je viens d’aller à la frontière nord avec le Liban, où les terroristes islamistes du Hezbollah creusent des tunnels et lancent des missiles pour attaquer le rempart de la démocratie dans cette région », a-t-il posté sur les réseaux sociaux.

Lire aussi : Israël/Palestiniens: Salvini accuse l’UE de biais anti-israélien

Le Premier ministre israélien a réclamé devant le vice-Premier ministre italien, que la force de l’ONU au Liban, la FINUL, commandée par l’Italien Stefano Del Col, agisse plus vigoureusement contre les « actes d’agression » du Hezbollah. « Nous pensons que la FINUL doit se montrer plus ferme, plus vigoureuse, mais au bout du compte, cette responsabilité incombe à la communauté internationale », a-t-il estimé.

Benyamin Netanyahou avait réclamé la semaine passée des sanctions internationales renforcées contre le Hezbollah, et des sanctions contre le Liban qui, selon lui, permet au mouvement chiite de s’en prendre à Israël. Les Etats-Unis, grands alliés d’Israël, ont accepté de préparer des sanctions renforcées contre le Hezbollah, mais pas contre le Liban, rapportait mercredi le quotidien Haaretz.

Lire aussi : Les USA refusent une demande israélienne visant à imposer des sanctions contre le Liban

Cette semaine, Israël a été lourdement frappé par le terrorisme avec quatre attentats dans la seule journée de jeudi : une attaque à la voiture-bélier et une fusillade en Cisjordanie, une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem et une autre attaque à la voiture-bélier près de Kochav Yaakov. Les soldats israéliens ont mené de vastes opérations dans toute la région pour retrouver les terroristes, en établissant des postes de contrôle et des barrages routiers, notamment aux entrées de Ramallah et d’el-Bireh. Des bataillons d’infanterie supplémentaires ont été envoyés en Cisjordanie pour protéger les routes et les implantations et pour procéder à de nouvelles perquisitions et arrestations, a fait savoir l’armée.

La Cisjordanie a connu une augmentation significative du nombre d’attaques contre des civils et des soldats israéliens ces dernières semaines, après des mois de calme relatif dans la région, ce qui fait craindre une nouvelle flambée potentielle de violence généralisée et grave dans cette région. Les militaires imputent la multiplication des attentats à la fois aux efforts en cours des groupes terroristes, au phénomène de « mimétisme » et à un certain nombre de dates importantes à venir cette semaine, notamment l’anniversaire de la fondation du Hamas. Les tensions risquent donc de se multiplier dans les jours qui viennent.

Lire aussi : Cisjordanie: le Hamas revendique les attaques contre des Israéliens