Lettre d’information du 12 Juillet 2019

La tension ne redescend toujours pas au Moyen-Orient. Cette semaine a été marquée par l’annonce de l’Iran qui a passé le seuil de 4,5 % pour l’enrichissement de l’uranium, s’affranchissant de certains engagements pris à Vienne en 2015, afin de forcer les parties restantes à l’accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) à l’aider à contourner les sanctions américaines. La décision iranienne a suscité des réactions préoccupées à travers le monde. Lundi, l’Union européenne a exhorté l’Iran à cesser ses activités d’enrichissement. Dans des communiqués distincts, Londres et Berlin avaient exhorté dimanche Téhéran à revenir sur sa décision, Paris faisant part de sa « grande inquiétude » et demandant à l’Iran de cesser toute activité « non conforme » à l’accord. Les sanctions contre l’Iran vont bientôt être « considérablement » durcies, a prévenu mercredi le président américain Donald Trump : « L’Iran “enrichit” [de l’uranium] depuis longtemps en secret, en violation totale de l’horrible accord à 150 milliards de dollars conclu par [l’ancien secrétaire d’Etat américain] John Kerry et l’administration Obama », a tweeté Donald Trump en référence au pacte sur le nucléaire iranien, dont Washington s’est retiré l’an dernier.

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En visite sur la base de l’armée de l’air de Nevatim , Benyamin Netanyahou a inspecté les F-35, des avions de combat américains acquis par l’armée israélienne en 2016. « L’Iran menace de nous détruire, il a intérêt à se rappeler que ces avions peuvent arriver n’importe où au Moyen-Orient, y compris en Iran et bien entendu en Syrie», a-t-il déclaré. Ces dernières années, l’aviation israélienne a frappé des dizaines de cibles chez son voisin syrien: positions de l’armée du régime de Bachar el-Assad, convois d’armes à destination du Hezbollah libanais et, plus récemment, installations et équipements iraniens. L’Iran soutient le mouvement chiite Hezbollah et est également présent militairement en Syrie. Le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui gouverne la bande de Gaza située au sud-ouest d’Israël, est également soutenu par Téhéran. En juin, le premier ministre israélien avait sommé ses ennemis de ne pas « tester » son pays. Israël avait annoncé en mai 2018 avoir engagé pour la première fois ses F-35 dans des opérations de combat, devenant le premier pays à soumettre à l’épreuve du feu ces chasseurs bombardiers furtifs. Les « Adir » («puissants»), nom des F-35 en hébreu, «sont opérationnels et prennent part à des missions de combat», avait déclaré le général Amikam Norkin, commandant de l’armée de l’air.

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Autre sujet à l’actualité cette semaine, une délégation de Ramallah dirigée par Majid Faraj, responsable des services de sécurité, devrait se rendre prochainement à Washington pour s’entretenir avec de hauts responsables américains.  Des entretiens officieux auraient également eu lieu entre les collaborateurs du président américain Donald Trump et ceux de Mahmoud Abbas. « Les deux parties ont exprimé une attitude positive et des progrès ont été réalisés concernant la possibilité de rétablir des relations », a déclaré le haut responsable palestinien à Israel Hayom. L’administration américaine de Donald Trump a présenté les 25 et 26 juin à Bahreïn une conférence exclusivement économique baptisée « De la paix à la prospérité », à laquelle ont participé de nombreux Etats arabes qui n’ont pas soutenu le boycott palestinien, à la grande déception de l’AP. La partie politique du plan de paix dirigé par le gendre et conseiller du président américain Donald Trump, Jared Kushner, ne devrait pas être révélée avant le mois d’octobre (après les élections législatives en Israël du 17 septembre), et les Palestiniens pourraient envisager cette fois d’être partie prenante.

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En Israël, un récent sondage publié mardi matin affirme que si les élections législatives prévues en septembre avaient lieu aujourd’hui, le bloc centre et gauche serait en tête, a révélé mardi un sondage publié par le radiodiffuseur public Kan. Selon les prévisions, les blocs de centre-gauche et de droite ne pourraient toutefois pas réunir les 61 sièges nécessaires pour former une coalition. Le Parti Bleu Blanc, le parti travailliste, Meretz, Israël démocratique, et la Liste arabe commune obtiendraient 57 sièges contre 54 pour le Likoud, le Judaïsme de la Torah Shas, l’Union des partis de droite, la Nouvelle droite et Zehout. De son côté, Avigdor Lieberman obtiendrait 9 sièges. Il a appelé récemment à la formation d’un gouvernement d’union comprenant Yisrael Beiteinu, le Likoud et les personnalités Bleu et Blanc après les élections. Le président du parti Israel Beitenou a dénoncé début juillet la radicalisation qui, selon lui, se produit au sein des mouvements sionistes religieux.   Il a également fustigé le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son rival Benny Gantz, les accusant tous deux de « faire la cour » aux ultra-orthodoxes au moment de la formation de la coalition gouvernementale.

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L’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, qui a récemment annoncé son retour en politique, a dévoilé le nom de son parti, baptisé « Israël démocratique ». « La démocratie est sur le point d’être dissoute dans l’Etat d’Israël. Le temps est venu de redonner l’espoir et le courage à Israël, de nous unir et de ramener Israël sur une bonne voie. Nous sommes un Etat démocratique », a indiqué le candidat aux législatives sur son compte Twitter. Ehud Barak a accompagné son post d’une photo de campagne, où l’on peut lire le slogan « L’Etat Netanyahou ou l’Etat d’Israël ». Depuis l’annonce de sa candidature aux élections législatives du 17 septembre 2019, le chef du parti Israël démocratique s’en est pris à plusieurs reprises au Premier ministre de l’Etat hébreu. « Tout citoyen doit se souvenir qui a tenté de saper la démocratie en Israël. Parmi les membres du Likoud, personne n’a osé stopper la folie dans laquelle nous entraîne Netanyahou, » avait déclaré Ehud Barak lors de sa première conférence de presse entant que candidat, appelant son principal concurrent à « rentrer chez lui par sa propre volonté ».

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