Lettre d’information du 07 Juin 2019

Cette semaine, Jared Kushner, conseiller et gendre du président américain Donald Trump, a exposé « ses idées » pour le Proche-Orient au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. « Au cours de la conversation sur le Moyen-Orient, le Président Juncker et la Haute Représentante pour la diplomatie de l’UE Federica Mogherini ont écouté les idées de Kushner et souligné l’intérêt fondamental de l’Union européenne pour une paix et une stabilité durables dans la région », a expliqué la porte-parole adjointe de l’exécutif bruxellois Mina Andreeva. Les deux responsables européens ont insisté sur l’importance d’un « développement économique de l’ensemble de la région » jugé « crucial ». « Il doit s’accompagner de progrès politiques viables qui tiennent compte à la fois des aspirations des Palestiniens et des Israéliens », ont-ils précisé. Washington doit présenter les 25 et 26 juin à Bahreïn le volet économique lors d’une conférence boycottée par les Palestiniens. L’incertitude demeure sur ses aspects politiques, de loin les plus délicats. Le plan de paix devrait s’abstenir d’appeler à la création d’un Etat palestinien.

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Lors d’une discussion privée avec des organisations juives américaines, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a reconnu que le plan de paix pourrait être mal accueilli, comme l’ont révélé des enregistrements, et cela, alors qu’il n’a pas encore été dévoilé. Il a admis le risque d’un échec. Le plan « peut être rejeté », a-t-il affirmé mardi dernier. « Tout le monde, y compris les Palestiniens, trouvera de quoi commencer à construire quelque chose », a cependant assuré Mike Pompeo, sans donner davantage de détails. « Les gens peuvent penser que seuls les Israéliens aimeront ce plan, je comprends cette perception », a-t-il reconnu. Il a dit espérer tout de même en dégager un espace de discussion. L’Iran a de son côté qualifié de « grande trahison » le plan de paix américain. « L’accord du siècle  est une grande trahison du monde islamique. Si Dieu le veut, il ne se concrétisera jamais. Nous espérons que les dirigeants de Bahreïn et d’Arabie saoudite se rendront compte du bourbier dans lequel ils se sont engagés», a déclaré l’ayatollah Khamenei.

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Un rapport publié par le Centre pour les affaires publiques de Jérusalem a révélé une série de commentaires de responsables montrant que le régime iranien n’a pas abandonné ses espoirs d’instaurer un soulèvement sanglant en Cisjordanie. L’ancien commandant du Corps des Gardiens de la révolution iranienne, le général Yahya Rahim Safavi, a déclaré la semaine dernière que le soutien aux Palestiniens était un principe fondamental de la paix et se poursuivrait jusqu’à l’élimination du « régime sioniste ». Safavi a loué les armes améliorées récemment utilisées par les Palestiniens à Gaza, affirmant qu’ils possédaient dorénavant un arsenal de roquettes leur permettant de répondre à « toute attaque israélienne ». Safavi a repris les propos de Khamenei qui a appeler à armer les Palestiniens de Cisjordanie de la même manière que ceux de la bande de Gaza, et déclaré que la stratégie d’approvisionnement en armes de la Cisjordanie était en cours de mise en œuvre. 

« Il y a de plus en plus de signes que le régime sioniste va disparaître de la région », a déclaré Safavi, ajoutant que Khamenei avait déclaré qu’Israël « ne verrait pas les 25 prochaines années ».

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En Israël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a nommé mercredi le député du Likoud Amir Ohana, à la tête du ministère de la Justice, et ce jusqu’au scrutin du 17 septembre pour de nouvelles élections législatives. C’est la première fois de l’histoire de l’Etat hébreu qu’une personne ouvertement homosexuelle accède au poste de ministre. Selon les médias israéliens, Amir Ohana se serait dans le passé prononcé en faveur d’une loi d’immunité qui pourrait interdire la mise en examen de responsables politiques pendant leur mandat. Au début de l’année, il s’en est pris aux autorités judiciaires au sujet des enquêtes pesant sur Netanyahou, les accusant d’usurper la volonté des électeurs israéliens. « C’est ce qui arrive quand des éléments qui sont choisis par le public et n’ont pas à réclamer sa confiance tous les quatre ans décident de se saisir des rênes de l’Etat », aurait-il dit, selon le site Ynet En février, le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé son intention d’inculper Benjamin Netanyahou pour « corruption », « fraude » et « abus de confiance » dans trois affaires de dons reçus de la part de milliardaires, d’échanges de bons procédés entre gouvernants et patrons et de tentatives de collusion avec la presse.

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