La semaine a débuté avec une polémique à propos du vote à l’ONU de plusieurs pays européens dont la France, en faveur de deux résolutions accusant Israël de violer les droits de la femme et les droits de l’Homme. Selon l’organisation UN Watch, Israël était le seul pays a être désigné comme un « Etat violateur » par le Conseil économique et social des Nations unies, composé de 54 nations. La France, les Pays-Bas, le Danemark, l’Irlande, le Luxembourg et Malte se sont joints à la Chine, à la Russie, à l’Iran et au Venezuela et à 29 autres pays pour soutenir une résolution disant « que l’occupation israélienne reste un obstacle majeur pour les femmes et les filles palestiniennes dans la réalisation de leurs droits. » L’autre résolution adoptée mentionnait « les répercussions sociales de l’occupation israélienne » de manière plus générale. « Je suis étonnée de voir que les Nations Unies tolèrent des votes comme ceux-là. C’est une insulte totale aux droits de l’Homme que de permettre à l’Arabie saoudite, à l’Iran, au Pakistan et au Yémen de désigner Israël comme le seul pays violateur des droits de la femme dans le monde, » a réagi l’ancienne ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley sur Twitter. Israël est le seul Etat au monde dont l’existence soit systématiquement remise en cause par des accusations tout aussi calomnieuses que caricaturales. On compte aujourd’hui 193 Etats à l’ONU. Une minorité seulement, dont Israël, sont des Etats de droit, démocratiques, respectueux des droits de l’Homme et de la charte des Nations Unis. Et pourtant, seul Israël fait l’objet de ce double standard permanent qui en fait un Etat à part parmi les nations.

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Emmanuel Macron s’est entretenu mercredi avec le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, dit « MBZ », des dossiers du Moyen-Orient, en particulier des tensions entre l’Iran et les États-Unis, a indiqué ce jeudi la présidence. Le président français et l’homme fort des Émirats arabes unis ont «échangé sur les questions régionales, dont l’Iran», a précisé la présidence. Emmanuel Macron multiplie les consultations pour tenter de faire baisser les tensions entre Téhéran et Washington, qui se sont accrues ces deux derniers mois. Il s’est entretenu mardi avec le président iranien Hassan Rohani et vendredi avec l’Américain Donald Trump. Les Émirats sont préoccupés par la montée des tensions dans le Golfe et le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, depuis que, le 12 mai, quatre navires, dont trois pétroliers, ont été la cible d’«actes de sabotage» au large des Émirats. Washington a accusé l’Iran, qui nie, d’être derrière ces attaques.

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Israël poursuit sa « stratégie d’endiguement » de l’influence iranienne en bombardant des cibles en Irak, un pays où son aviation n’est pas intervenue depuis le raid sur le réacteur nucléaire d’Osirak en 1981. Selon le quotidien arabe Asharq al-Awsat, Israël a mené deux frappes en l’espace de deux semaines contre des centres de transit d’armes contrôlés par des milices irakiennes soutenues politiquement et financièrement par Téhéran. La première a visé le 19 juillet une base d’une brigade turkmène d’al-Hachd al-Chaabi (Forces de mobilisation populaires, chiites) dans la région d’Amerli. L’attaque a tout d’abord été attribuée à un drone américain dans cet espace aérien surveillé par le Centcom, le centre de commandement responsable des opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient. Le Pentagone a nié toute implication tandis qu’Israël observait un mutisme complet sur l’opération. Dans une récente déclaration, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, avait cependant indiqué que les chasseurs furtifs F-35 pouvaient frapper « n’importe où au Moyen-Orient ». « L’armée israélienne est la seule armée dans le monde qui combatte l’Iran », avait-il affirmé. Son ministre de la Coopération régionale, Tzahi Hanegbi, avait surenchéri en affirmant la semaine dernière sur un ton provocateur qu’Israël «tuait des Iraniens». La seconde frappe aurait touché, dimanche, le camp Ashraf, l’ancien quartier général de l’organisation d’opposants des Moudjahidins du peuple de l’Iran, situé au nord-est de Bagdad et proche de la frontière iranienne, devenu une base des milices irakiennes pro-Téhéran. Elle aurait visé des conseillers militaires iraniens et une cargaison de missiles balistiques. Le territoire irakien où Téhéran dispose de relais paramilitaires est une zone de passage pour le matériel de guerre à destination de la Syrie. Le soutien iranien au régime de Damas a été déterminant dans les succès du président Bachar el-Assad face à son opposition armée. Il a donné à Téhéran une profondeur stratégique inédite. Tsahal a reconnu avoir mené des centaines de frappes aériennes en Syrie ces dernières années pour contrecarrer cette pénétration.

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Jared Kushner, gendre et conseiller principal du président américain Donald Trump, s’est entretenu ce mercredi à Amman avec le roi Abdallah II de Jordanie du processus de paix pour un règlement du conflit israélo-palestinien, a indiqué le palais royal. Tous deux ont discuté « des efforts déployés pour résoudre le conflit israélo-palestinien », lors d’une rencontre au palais royal à Amman, selon un communiqué du Palais. Le responsable américain «effectue actuellement une tournée qui doit le conduire dans plusieurs Etats de la région», a-t-on ajouté de même source, alors que Washington promet un plan de paix très controversé, rejeté par les Palestiniens et critiqué par la Jordanie. Le roi a souligné « la nécessité d’instaurer une paix juste et durable pour assurer la création d’un État palestinien indépendant sur les lignes du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale et vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël », selon le texte. Le souverain a également répété son soutien à «une solution à deux Etats conformément à l’Initiative de paix arabe» de 2002, lors de sa rencontre avec Jared Kushner, qui était accompagné de l’émissaire du président Trump pour le Proche-Orient Jason Greenblatt, selon le communiqué.

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En Israël, c’est aujoud’hui qu’est la date limite de dépôts de listes des candidats aux élections législatives anticipées du 17 septembre. Et cela suscite un regain d’intérêt pour la campagne électorale en pleine période des vacances d’été. Le jeu politique consiste à créer des alliances même provisoires pour éviter la dispersion des voix selon le système électoral de proportionnelle intégrale. La bataille se déroule sur trois fronts. À gauche, un pas a été franchi avec une alliance entre le Meretz et la nouvelle formation de l’ancien premier ministre Ehud Barak qui a donné le jour à l’Union démocratique. Cette naissance qui a eu deux effets immédiats : grignoter quelques sièges au parti de centre gauche Bleu Blanc. Et aussi d’écarter le parti travailliste qui, lui, a choisi d’intégrer dans ses rangs un mini parti de droite. À droite, le Premier ministre Benyamin Netanyahou encourage les petites formations à s’unir pour les élections. Et il offrirait même en récompense un poste de vice-ministre dans le prochain gouvernement à une formation Kahaniste. Une première dans l’histoire politique israélienne. Quant aux partis arabes israéliens, ils reviennent à une liste commune après le fiasco du mois d’avril dernier. Mais l’ensemble des sondages le montre : à ce stade du moins, aucun bloc politique, ni la gauche ni la droite, n’obtient une majorité parlementaire qui permettrait de mettre sur pied une coalition stable.

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