L’édito hebdomadaire du Lundi 14 Décembre 2020

Biden, la France et Israël

La frontière entre connaissances et croyances est parfois ténue.
Depuis 4 ans, le gouvernement des États Unis a navigué sur cette ligne de crête.
Dès 2016, le président Trump annonçait la couleur en indiquant que dorénavant il présenterait et défendrait des «Vérités Alternatives ».
La diplomatie US s’en est trouvée profondément marquée.
Court-circuitant les analyses et les usages habituels, le président Trump a apposé son imprimatur, au gré de ses relations personnelles, sur la Corée du Nord, l’Iran, le Vénézuéla, Cuba, la Chine, le Mexique, la Turquie, mais également sur l’OTAN, l’OMS, les Nations Unies, la Russie, l’Europe, le Royaume Uni, le Brésil, le Canada, la Turquie, l’Arabie Saoudite, la France…
Israël a été de loin le pays le plus choyé par son administration. Transfert de l’ambassade à Jérusalem, reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan, silence sur les extensions de construction en territoires disputés, extension de la coopération sécuritaire et militaire, élaboration du plan « Peace to Prosperity » sont autant de marques d’amitié, d’affection et de solidarité indéfectibles.
Mais surtout la diplomatie américaine aura marqué l’année 2020 bien plus que la crise du Covid. Si cette pandémie aura séparé les êtres, les accords d’Abraham auront réconcilié les peuples.
Cet accomplissement inouï, et presque inimaginable, restera certainement l’apothéose du mandat de D.Trump.
Dans le même temps, les élections de 2020 offrent une séquence paroxystique des faits alternatifs… Souhaitons que l’histoire retienne la capacité de Trump à faire advenir une nouvelle donne et oublie son entêtement à nier le résultat des urnes.
Et déjà ce changement d’administration s’accompagne du retour de la culture des « Vérités Consensuelles ».
Joe Biden s’est inscrit sans tarder dans la lignée de ses prédécesseurs. Une vision d’un monde multipolaire avec les USA dans le rôle de l’arbitre et du banquier en chef.
L’administration de B.Obama nous a laissé le douloureux leg du JCPOA dont on a pu mesurer à quel point il était inefficace, inadapté et dangereux.
Le nouveau secrétaire d’état, Antony Blinken est un francophile et un europhile. Il est aussi un homme de confession juive, fortement marqué par la Shoah qu’il a découvert au contact de son beau père, Samuel Pisar. C’est également un souverainiste qui considère l’emploi de la force comme nécéssaire pour faire régner la paix.
Atlantiste, volontaire, croyant (et musicien), voila notre nouveau partenaire pour bâtir un monde plus équilibré, plus paisible et plus prospère.
C’est certainement une grande opportunité pour le rapprochement des chancelleries française et américaine. La première doit digérer en vitesse les impacts des accords d’Abraham et réaliser que ses vieilles lunes sont mortes et enterrées alors que la seconde devra retrouver la mesure d’une gouvernance multipartite.
Et alors que j’écris ces lignes, l’annonce de la normalisation des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et l’Etat d’Israël vient ébranler avec force l’édifice «arabique» du quai d’Orsay. Ses caciques viennent d’essuyer une gifle mémorable. Avec un Liban en lambeaux, une Syrie vassalisée, et les pays sunnites coalisés à Israel pour museler le démon iranien, les diplomates français vont devoir mettre à jour leur logiciel et s’adapter à la nouvelle « Eastern Politics ».
Elnet va donc se retrouver au coeur de ces changements radicaux. Notre forte implantation en France et en Israël, nos relais aux Emirats Arabes Unis et au Maroc, et le réseau de Felnet aux USA nous donnent les moyens d’influer significativement dans chacune de ces capitales et aux échelons les plus élevés.
Et c’est tant mieux ! Car depuis notre fondation, nous militons pour l’entente entre les peuples du moyen et du proche orient. Nous militons pour une prospérité commune. Nous militons pour des liens forts entre Israël et l’Europe, et avec la France en particulier.
Nous pouvons cultiver l’espoir que durant les 4 prochaines années nous verrons l’islamisme reculer, le régime des Mollahs s’affaiblir et la prospérité de la région croitre.
Reste à espérer que 2022 nous préserve des populismes et que le Brexit ne fracture pas plus la construction Européenne.
Hanoukka sameah !
Jean David Benichou
Président de ELNET France