L’édito hebdomadaire du 8 Février 2021

Le monde après la pandémie sera différent. L’économie mondiale va changer. Les investissements dans la santé s’intensifieront. La technologie progressera et la politique aux États-Unis et dans l’Union Européenne changera.

Quand nous nous réveillerons le lendemain matin et tenterons de comprendre ce qui s’est passé dans le monde pendant que nous étions en confinement, nous nous rendrons compte que le monde a beaucoup changé. Israël est au cœur d’énormes bouleversements mondiaux et régionaux : nous ne pouvons nous permettre de rater ces opportunités. Alors que le monde qui nous entoure fourmille d’événements historiques, nous, Israéliens, ne parvenons pas à mettre de côté une minute notre préoccupation incessante pour la politique intérieure. Nous peinons à nous rendre compte du fort impact que nous pourrions avoir sur certains de ces événements qui changent le monde, et à profiter d’une fenêtre historique et ouverte d’opportunités. Quand nous nous réveillerons le matin après la pandémie et essaierons d’assimiler ce qui s’est passé dans le monde pendant que nous commandions nos courses en lignes, étions confinés et menions nos batailles politiques internes, nous découvrirons que le monde autour de nous a considérablement changé. Le monde a non seulement changé à cause de la pandémie, qui a affecté la santé publique et l’économie, mais aussi à cause de nombreuses évolutions dans la perception nationale, régionale et mondiale.

Le changement d’administration américaine est un événement historique extraordinaire en soi, et les répercussions internes que cela a engendré résonnent aux quatre coins du monde. Il aura de nombreuses conséquences, pour le meilleur ou pour le pire, au niveau national, dans le monde et certainement au Moyen-Orient.

Les accords de paix qui ont été signés à l’ombre de la pandémie – après de nombreuses années de maturation et d’hésitation – ont complètement changé la position géopolitique d’Israël. Les répercussions de cette onde de choc affecteront la communauté internationale pendant de nombreuses années. Maintenant, c’est l’Iran et ses proxies contre les États arabes modérés et Israël, avec les extrémistes ligués contre les modérés et les seigneurs de guerre opposés aux espoirs de progrès, de technologie et de paix.

L’Europe commence également à changer, tout comme son attitude envers Israël et le Moyen-Orient. La manière conventionnelle par laquelle l’Europe considérait Israël jusqu’à récemment – principalement à travers le prisme du conflit israélo-palestinien – commence maintenant lentement à évoluer vers une approche plus nuancée. Les nouveaux accords de paix présentent Israël comme une porte d’entrée vers le Moyen-Orient plutôt que comme une barrière, comme une clé de la coopération politique et économique et non comme son obstacle.

Israël et ses alliés arabes sont le fondement de la stabilité et du progrès dans la région face à des éléments islamistes extrémistes. D’autres développements dans l’arène européenne contribuent également à ce changement de paradigme : la vague de réfugiés musulmans – qui ne sont pas tous prêts à s’assimiler aux cultures locales -, et la montée du terrorisme, qui place l’Europe et Israël du même côté de l’histoire.

L’évolution de la perception européenne d’Israël et du Moyen-Orient a conduit de nombreux pays européens à introduire une interdiction totale du Hezbollah. Cela pourrait également affecter la position de l’Europe dans les négociations avec l’Iran et l’on s’attend à ce que l’administration Biden soit plus attentive à sa position.

Le monde après la pandémie sera différent. L’économie mondiale va changer. Les investissements dans la santé s’intensifieront. La technologie progressera à pas de géant et la politique aux États-Unis et en Europe changera considérablement.

Les opportunités offertes à Israël, compte tenu de ces changements mondiaux et régionaux, sont énormes, et nous ne pouvons nous permettre de rater celles qui nous attendent. La réalité nécessite un dialogue entre les opposants politiques et une stratégie bipartisane. Malheureusement, étant donné le climat politique actuel en Israël, ces approches semblent peu probables.