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L’Edito hebdomadaire du 26 Juillet 2021

Ben & Jerry’s ou l’hypocrisie du double standard

Lundi 19 juillet, la célèbre marque américaine Ben & Jerry a décidé de “mettre fin aux ventes de [ses] glaces dans les territoires palestiniens occupés”, invoquant que cela serait “incompatible avec [ses] valeurs”, à la suite d’un appel du mouvement anti-Israël BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Les autorités israéliennes n’ont pas tardé à réagir pour condamner cette décision. Le Premier ministre Naftali Bennett s’est entretenu avec le PDG de la firme américaine. Il a indiqué prendre “très au sérieux la décision de Ben & Jerry’s de boycotter Israël”, ajoutant que la filiale d’Unilever “avait pris une mesure clairement anti-israélienne”. De son côté, l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies Gilad Erdan a demandé aux 35 Etats disposant d’une législation anti-BDS de l’activer pour contrer la décision de Ben & Jerry’s. Plusieurs d’entre eux ont annoncé se tenir aux côtés d’Israël.

Le sujet est régulièrement au coeur de l’actualité, comme au début du mois de juillet 2021 lorsque le plus gros fonds de pension norvégien avait annoncé se désengager des entreprises françaises Altice Europe et Alstom ainsi que de 14 autres groupes dont le géant Motorola pour leur implication dans les implantations israéliennes en Judée-Samarie/Cisjordanie.

Mais il ne faut pas s’y tromper. La décision de Ben & Jerry’s visait initialement à boycotter l’ensemble du territoire israélien avant que la maison-mère Unilever n’intervienne, pour se “limiter” à la Cisjordanie[1]. Une prise de position qui en dit long sur ce qui est ici désigné comme des “territoires occupés”… Faisant le jeu dangereux du BDS et des pires groupes terroristes comme le Hamas ou le djihad islamique qui appellent à la destruction de l’Etat d’Israël, l’entreprise américaine nie purement et simplement l’existence de l’Etat hébreu, une démocratie reconnue et soutenue par les plus grandes nations du monde, en particulier les Etats-Unis. En réaction, le Maire de New York Bill de Blasio a indiqué qu’il ne mangerait plus de glaces Ben & Jerry’s « avant un long moment ». De son côté, Ned Price, porte-parole du département américain, a indiqué que l’actuelle administration américaine « [rejettait] fermement le mouvement BDS qui pointe injustement du doigt Israël ».

Une fois de plus, la haine d’Israël pousse certains à chercher à affaiblir le pays pour le délégitimer aux yeux du monde. Ben & Jerry’s s’est-il retiré d’autres terrains de conflit, pourtant nombreux sur la planète ? Il est légitime d’en douter. Il s’agit donc d’un exemple typique de double standard auquel fait face l’État hébreu depuis des décennies, notamment de la part de Ben & Jerry’s. Comme l’a souligné le PDG de la filière israélienne Avi Zinger, “Ben & Jerry’s subit depuis bien longtemps des pressions.” Dans le passé, la firme américaine avait déjà manifesté son soutien au BDS. En effet, en novembre 2018, les fondateurs ont décidé d’attribuer une aide financière importante à la militante du mouvement Linda Sarsour. Le journal israélien Yediot Aharonot révèle également que la directrice du Conseil d’administration de Ben & Jerry’s Anuradha Mittal, n’a cessé de pousser à l’adoption de sanctions contre Israël. Suite au dernier conflit entre Israël et Gaza, de nouvelles pressions ont été exercées sur A. Zinger pour ne plus fournir de glaces à la Judée-Samarie.

Mais l’injustice que provoque une telle prise de position bien au-delà des prérogatives d’une entreprise privée, risque même d’avoir de lourdes conséquences. En effet, la filiale de Ben & Jerry’s en Israël emploie actuellement 160 personnes dont beaucoup de Palestiniens. Retirer les produits des “territoires” mettrait en péril l’emploi de dizaines de personnes notamment dans le sud du pays, d’autant que les Israéliens pourraient à leur tour décider d’acheter les glaces de la concurrence pour sanctionner la firme américaine. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a tenu à rencontrer Avi Zinger pour demander à la population de continuer de soutenir Ben & Jerry’s Israël tout en appelant les alliés américains à boycotter la marque aux Etats-Unis.

Comme l’a récemment affirmé le Président israélien Isaac Herzog, “le boycott contre Israël est un nouveau type de terrorisme, un terrorisme économique qui essaie de nuire aux citoyens israéliens et à l’économie d’Israël”. Ainsi, ces comportements iniques nous éloignent d’une quelconque perspective de paix. En effet, celle-ci ne peut qu’être fondée sur la justice et la vérité. Parce qu’un mensonge répété inlassablement ne devient pas pour autant une réalité, nous devons donc continuer à dénoncer les calomnies dont Israël fait constamment l’objet. Heureusement, d’autres ont compris l’intérêt d’une paix durable avec Israël pour l’ensemble de la région. En signant les accords d’Abraham, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan ouvrent la voie vers de nouvelles coopérations au bénéfice des populations.

[1]  https://www.jpost.com/israel-news/ben-and-jerrys-board-wanted-to-boycott-all-of-israel-674405