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L’Edito du Lundi 11 Octobre 2021

Cette année 2021 marquera définitivement un tournant dans la mémoire collective des attentats islamistes mais aussi dans la lutte contre le terrorisme.

20 ans que les avions détournés par Al Qaeda ont détruit les tours du World Trade Center et nos illusions par la même occasion, nous laissant avec un sentiment d’impuissance et de renoncement, matérialisé par le récent retrait américain de Kaboul.

2021, sera aussi le temps de la justice qui doit sanctionner les pires attentats de l’histoire contemporaine de notre pays qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés au Bataclan, sur les terrasses de café à Paris et au Stade de France à Saint-Denis.

Le 16 octobre prochain, nous commémorerons également l’assassinat de Samuel Paty, 47 ans, décapité dans une rue voisine de son collège du Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine par un jeune réfugié tchétchène qui lui reprochait d’avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Depuis, le nom de celui qui a été fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume est brandi comme un bouclier de la liberté d’expression face à l’obscurantisme, en France et au-delà.

La tâche qui nous incombe est extrêmement complexe. Comment lutter contre une idéologie mortifère qui depuis 20 ans, à un rythme plus ou moins « intense », remet en question les fondements mêmes de notre société, veut imposer ses codes par la terreur ? La campagne présidentielle, qui vient de commencer en France, s’articule autour de cette problématique et de ses sujets connexes comme la sécurité, l’immigration, la laïcité.

Insidieusement, le discours intégriste s’est affiné, les techniques d’embrigadement se sont transformées en proposant une offre sur mesure aux différents profils intéressés. Après les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Cacher en janvier 2015, l’ancien Premier ministre Manuel Valls avait fait de la lutte contre l’islam radical une priorité : « L’islam de France doit prendre ses responsabilités », avait-il affirmé. Nous sommes en effet confrontés à une guerre extérieure et intérieure qui nécessite une riposte forte et la communauté musulmane a un rôle important à jouer pour mettre au ban ce totalitarisme islamique. Le salafisme n’a pas de place sur le territoire de la République et pour cela, les organisations religieuses doivent mettre de l’ordre dans leur rang, expurger les textes de tout ce qui est contraire aux Droits de l’Homme. La France et l’Europe ne sont pas condamnées à subir la menace terroriste et la radicalisation islamiste, qui mettent en péril le socle et les valeurs du rêve européen. Le combat n’est pas terminé : sans relâche, il nous faut en adresser les enjeux, les moyens et les perspectives.

C’est dans ce contexte qu’ELNET a créé, avec la participation de Manuel Valls, le « Sommet européen sur la radicalisation islamiste et la menace terroriste », dont les deux premiers volets se sont tenus les 11 janvier et 22 mars et 23 juin derniers. Ils ont rassemblé des experts, universitaires, journalistes et décideurs politiques français et européens de premier plan, qui ont débattu du séparatisme islamiste, de la laïcité à la française, de la liberté  d’expression, du djihadisme européen, ainsi que de la lutte contre le terrorisme à l’échelle européenne.

Le quatrième et dernier volet de ce sommet européen aura lieu le 22 novembre 2021. Il dressera le bilan géostratégique de cette guerre de vingt ans contre le terrorisme islamiste. Nous reviendrons notamment sur les mutations de la menace dans le contexte du retrait américain d’Afghanistan et du retour des talibans à Kaboul. Nous nous demanderons dans quelle mesure cette nouvelle donne afghane pourrait entraîner une énième reconfiguration du phénomène djihadiste et bouleverser les équilibres régionaux et internationaux alors que le régime des mollahs accélère sa course à la bombe atomique. Nous nous pencherons également sur les leçons des attaques multi-sites du 13 novembre 2015. Ce sommet européen a vocation à se tenir chaque année. Il est conçu pour offrir une plateforme inédite permettant la tenue de discussions informelles de haut niveau, en rassemblant des responsables politiques de premier plan et des experts venant des quatre coins de l’Europe et du monde arabo-musulman.

Il s’agit, à travers la mise en commun des analyses et des expertises, d’établir une meilleure  connaissance de la mouvance islamiste radicale, de ses racines historiques et géopolitiques, de ses composantes et de son pouvoir de nuisance. Mais aussi de proposer un état des lieux de la menace terroriste qui pèse sur l’Europe dans son ensemble pour pouvoir mieux la combattre.

C’est en affrontant cet enjeu sécuritaire sans précédent que l’Europe pourra garantir son avenir. Le 20ème siècle ne nous a malheureusement pas débarrassé des totalitarismes et l’islamisme constitue et constituera, pour sûr, le combat du 21ème siècle.