L’armée syrienne a repris toute la Ghouta orientale (Alexis Feertchak – Reuters – Le Figaro)

La police militaire russe est rentrée dans la ville de Douma, la dernière zone où les rebelles n’avaient pas encore capitulé. En vertu d’un accord avec la Russie, les combattants de Jaïch al-Islam sont évacués vers le nord du pays tenu par des rebelles proturcs.

Les forces gouvernementales syriennes ont repris le contrôle de la totalité de la ville de Douma, dernier bastion que tenaient les rebelles islamistes de Jaïch al-Islam dans la région de la Ghouta orientale, rapportent les agences de presse russes citant un officier du ministère russe des Affaires étrangères.

La police militaire russe s’est déployée dans cette localité, indique l’agence de presse RIA citant le ministère russe de la Défense, jeudi. «Ils sont la garantie de la loi et de l’ordre dans la ville», a déclaré le ministère. L’accord conclu entre le groupe rebelle et la Russie prévoyait en effet que, dans un premier temps, seule la police militaire russe entrerait dans la ville et non l’Armée syrienne, cantonnée aux entrées de la ville. «La levée du drapeau de l’État sur un bâtiment de la ville de Douma marque le contrôle sur cette localité et de fait sur l’ensemble de la Ghouta orientale», a dit le général Iouri Ievtouchenko, chef du centre de paix et de réconciliation en Syrie.

L’armée syrienne et ses alliés russe et iranien avaient lancé une offensive au début du mois de février dans l’enclave de la Ghouta orientale, près de Damas. Après une intense campagne de bombardements qui s’est soldée par la mort de centaines de civils, une opération terrestre a été lancée. Mais comme pour de précédentes batailles du conflit syrien, ce sont finalement des accords entre la Russie et la rébellion qui ont accéléré la reprise de la Ghouta. Deux groupes rebelles – Ahrar al-Cham et Faylaq al-Rahmane – ont rapidement accepté de capituler en échange de leur évacuation vers Idleb, la dernière grande province syrienne aux mains des rebelles, en l’espèce djihadistes.

Accord d’évacuation et attaque chimique

Les rebelles de Jaïch al-Islam, opposés à Hayat Tahrir al-Cham, la coalition djihadiste qui contrôle Idleb, refusent en revanche un tel accord d’évacuation et résiste à Douma, qui devient, fin mars, la dernière ville de la Ghouta orientale non reprise par le gouvernement syrien. La Russie et Jaïch al-Islam concluent finalement un accord d’évacuation le 1er avril. Les rebelles islamistes n’iront pas à Idleb, mais à al-Bab et Jarabulus dans l’extrême-nord de la Syrie, dans une zone tenue par les rebelles proturcs, directement contrôlés par Ankara. Néanmoins, selon RFI, cet accord est refusé par une partie importante des combattants de Jaïch al-Islam, ce qui entraîne la reprise des combats. Finalement, le 8 avril, un nouvel accord est conclu, permettant l’évacuation des rebelles.

Le 7 avril, une attaque chimique aurait eu lieu à Douma, au moyen de chlore, mais aussi d’un produit innervant, bien plus toxique encore, d’après plusieurs vidéos publiées par l’ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society) et les Casques blancs syriens, ces secouristes qui opèrent en zones rebelles en Syrie et qui sont critiqués, entre autres, par la Russie. Moscou dénonce une «mise en scène». Dans la foulée, les pays occidentaux accusent le gouvernement syrien d’avoir utilisé une nouvelle fois des armes chimiques. Les États-Unis et la France envisagent, dans ce contexte, de lancer une campagne de frappes contre la Syrie.