Israël en pointe dans l’adtech (Alexandre Debouté – Le Figaro)

Plusieurs centaines de start-up s’y intéressent, sous le regard attentif des Gafa.

Ce n’est pas un hasard si Israël est bien positionné dans l’adtech mondiale. Sur les 5000 à 6000 start-up actives du pays, 600 environ seraient spécialisées sur les problématiques marketing et publicité. Et pour cause. Au niveau mondial, le secteur est actuellement mobilisé autour d’un enjeu central: la fiabilité et donc la sécurité du marketing en ligne. Les chiffres varient selon les sources mais, en gros, la moitié des investissements en ligne seraient au pire inopérants, au mieux inefficaces. Les questions de visibilité et de «brand safety», c’est-à-dire l’assurance d’une publicité vue dans un environnement de bonne qualité, sont devenues les priorités des directeurs marketing et des agences.

Parcours militaire

Les start-up à Tel-Aviv y répondent en partie. Le parcours militaire des Israéliens entrepreneurs les conduit en effet naturellement à s’intéresser à ces sujets. C’est notamment le cas de Cheq Technologies, dont la valorisation est en train de grimper en flèche. La start-up a développé des outils d’intelligence artificielle qui permettent de détecter la fraude en ligne ou des contextes inappropriés pour communiquer.

La vidéo est le terrain de jeu préféré des startuppeurs israéliens

Mais d’autres sujets occupent les jeunes pousses les plus prometteuses. Souvent dans des champs de recherche et de business potentiel d’application plus large que la publicité, par exemple dans la réalité augmentée ou la reconnaissance visuelle. L’industrie publicitaire est alors un débouché possible parmi d’autres, ce qui réduit les risques.

Format chéri des annonceurs, la vidéo est le terrain de jeu préféré des startuppeurs israéliens qui savent qu’une découverte dans ce créneau peut avoir de multiples développements dans le monde marchand et la publicité. Une centaine de start-up seraient actuellement sur le pont, sous la haute surveillance des Gafa, qui disposent tous d’antennes sur place, quand ce n’est pas carrément un centre de recherche comme celui de Google. Les plateformes américaines sont prêtes à sortir le carnet de chèques pour mettre la main sur les technos les plus prometteuses.