Israël: Ehoud Barak revient dans le jeu politique pour défier Benyamin Nétanyahou (Marc Henry – Le Figaro)

Celui qui fut premier ministre en 1999, après avoir défait «Bibi», espère rééditer cette performance.

Être le candidat le plus anti-Bibi: c’est ainsi qu’Ehoud Barak explique son spectaculaire retour sur la scène politique après une traversée du désert de sept années, passées dans le monde des affaires. À l’approche du nouveau round des élections du 17 septembre, cet ancien premier ministre et militaire le plus médaillé du pays, s’est fixé une mission: mettre fin au «règne» de Benyamin Nétanyahou qui est en passe de battre le record de longévité d’exercice du pouvoir en Israël.

Ehoud Barak estime qu’il est le seul à avoir «l’énergie» nécessaire, autrement dit «l’instinct de tueur» indispensable face à un animal politique aussi coriace que Benyamin Nétanyahou. Pour y parvenir, il s’est constitué une formation sur mesure, le Parti démocratique d’Israël, avec comme espoir de fédérer autour de lui une coalition de centre gauche. Faisant preuve d’une modestie dont il est peu coutumier, il s’est dit prêt à renoncer à la première place sur la liste qui pourrait être conduite par Amir Péretz, le chef du Parti travailliste. Cette stratégie semble payante. Selon les derniers sondages, le Likoud de Benyamin Nétanyahou et ses alliés ultra-nationalistes et religieux échoueraient de nouveau à mobiliser une majorité, comme cela a été le cas lors des dernières législatives de mars. Résultat: le premier ministre sortant s’est retrouvé dans une impasse, ce qui a provoqué la dissolution la plus rapide de l’histoire de la Knesset.

Ehoud Barak dispose d’un avantage psychologique. Il connaît son adversaire sur le bout des doigts. Ehoud Barak a été le chef du commando d’élite d’état-major dans lequel a servi Benyamin Nétanyahou

Pour mener sa bataille, Ehoud Barak dispose d’un avantage psychologique. Il est un des rares à avoir déjà réussi à vaincre Benyamin Nétanyahou pour le poste de premier ministre, en 1999. Il connaît son adversaire sur le bout des doigts. Ehoud Barak a été le chef du commando d’élite d’état-major dans lequel a servi Benyamin Nétanyahou. Il a également détenu le portefeuille de ministre de la Défense dans un précédent gouvernement dirigé par son rival. Détail important: en 2011-2012, tous deux avaient mis un plan d’attaque contre les installations nucléaires iraniennes. L’opération, qui avait nécessité selon les médias près de 3 milliards de dollars d’investissements, avait finalement été annulée à la suite de l’opposition de l’armée et du Mossad, les services de renseignements. «Sur l’Iran, je suis plus dur que Nétanyahou», a récemment confié Ehoud Barak.

«Pour battre Nétanyahou, il faut être comme Nétanyahou», estime Ben Caspi, éditorialiste du quotidien Maariv, qui dresse un portrait peu flatteur des deux hommes, présentés comme des «narcissiques, sans scrupule, menteurs patentés, et prêts à tout faire, absolument tout pour gagner». Un profil qui a valu à Ehoud Barak de multiples inimitiés. Seule certitude: malgré son âge (77 ans), une barbe où le sel commence à l’emporter sur le poivre, Ehoud Barak a gardé un «punch», une agressivité, qui pourrait faire la différence pour battre celui qu’il qualifie «fake (faux) premier ministre», en référence à une série d’affaires de corruption dans lesquelles Benjamin Nétanyahou est impliqué. Mais le pari est loin d’être gagné.


Intifada: l’Autorité palestinienne jugée «responsable»

Le tribunal de Jérusalem a décrété lundi que l’Autorité palestinienne avait une «responsabilité» dans 17 attaques et attentats anti-israéliens commis entre 1996 et 2002, selon un communiqué du ministère de la Justice. La cour a aussi reconnu la responsabilité «générale» du président palestinien Mahmoud Abbas, de Marwan Barghouti, ancien haut cadre du Fatah aujourd’hui en prison en Israël, et de Yasser Arafat, ex-chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Présidente de l’ONG qui entend défendre les droits des victimes juives du «terrorisme», l’avocate Nitsana Darshan-Leitner a requis un milliard de shekels (250 millions d’euros) de dédommagements pour les victimes de ces attentats. Les éventuels dommages et intérêts seront fixés ultérieurement. La décision de justice rend responsable «l’Autorité palestinienne des attentats commis lors de la seconde Intifada», soulèvement palestinien de 2000 à 2005, a-t-elle souligné. En 2017, un tribunal israélien avait condamné l’Autorité palestinienne et les auteurs d’un attentat, en 2001, à payer 18 millions de dollars (15 millions d’euros) de dommages et intérêts aux proches des trois Israéliens qui avaient été tués. L’injonction n’avait jamais été appliquée. Comme celle de 2017, la décision de lundi est largement symbolique, ses modalités d’application restant floues.