Israël : la démission du ministre de la Défense provoque une tempête politique (Thierry Oberlé – Le Figaro)

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a annoncé sa démission ce mercredi, au lendemain d’un accord de cessez-le-feu avec les groupes palestiniens dans la bande de Gaza, qu’il dénonce.

Le cessez-le-feu à Gaza vient de faire sa première victime collatérale: le ministre de la Défense israélien. Avigdor Lieberman a annoncé sa démission pour exprimer son désaccord avec la politique sécuritaire du premier ministre Benyamin Nétanyahou. Il accuse le chef du gouvernement de «faiblesse face aux terroristes».

Le chef de file du parti ultranationaliste et russophone Yisraël Beitenou, qui exigeait une opération militaire d’envergure contre le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, était dans une position intenable. Il avait participé mercredi à la réunion du comité de sécurité restreint organisé après le tir de plus de 400 roquettes et missiles palestiniens en direction du sud du pays et le bombardement par Israël de plus d’une centaine de bâtiments et de sites militaires de l’enclave palestinienne. Le chef du gouvernement avait tranché en faveur d’une désescalade, suivant ainsi l’avis de l’ensemble des chefs militaires israéliens. Il était et reste favorable à l’exploration d’autres options qu’une offensive aérienne massive ou une invasion terrestre de Gaza pour tenter de dénouer une crise qui a fait plus de 200 morts depuis sept mois.

Lierberman avait avalé de nombreuses couleuvres

Avigdor Lieberman, dont la démission devrait prendre effet dans les prochaines 48 heures, a réclamé l’organisation d’élections législatives anticipées pour solder les divergences qui déchirent la droite israélienne. Il table sur la fragilité de la majorité dont dispose Benyamin Nétanyahou à la Knesset pour parvenir à ses fins.

Ministre de la Défense pendant deux ans et demi, Avigdor Lieberman avait avalé ces derniers mois – de son propre aveu – de nombreuses couleuvres. Il avait réclamé sans succès l’évacuation par la force du camp bédouin de Khan al-Ahmar en Cisjordanie en septembre, s’était opposé en octobre à la livraison de carburant par le Qatar pour alimenter la centrale électrique de Gaza et avait dénoncé le versement la semaine dernière de 15 millions de dollars en cash par un diplomate qatari pour payer le salaire des fonctionnaires du Hamas. Israël a été «complice du financement des terroristes» a-t-il déclaré en commentant sa démission. Le cessez-le-feu a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.