HETZ-3 opérationnel: Le bouclier antimissile israélien se renforce

La défense antimissile israélienne a franchi cette semaine un nouveau palier. L’armée de l’air a pris livraison de sa première batterie Hetz-3 (ou Arrow-3), un système d’interception conçu en collaboration avec les Etats-Unis pour intercepter des missiles balistiques à longue portée. Hetz-3 va compléter le système antimissile d’Israël et ainsi assurer sa défense aérienne, qui comprend notamment Iron Dome, créé pour neutraliser des roquettes et des missiles à courte portée, et qui avait prouvé son efficacité lors de l’Opération Bordure protectrice à Gaza à l’été 2014, et Magic Wand (baguette magique), en cours de mise au point pour les missiles à moyenne portée.

La particularité de Hetz-3 est qu’il est exo-atmosphérique, c’est-à-dire qu’il évolue hors de l’atmosphère, alors que Hetz-2, opérationnel depuis 2000, est conçu pour intercepter des projectiles dans l’atmosphère. Ce nouvel équipement vise notamment à protéger le territoire israélien d’éventuelles attaques iraniennes. Un de ses avantages est d’éviter des retombées de résidus éventuellement radioactifs. De plus, le système permet de tirer un deuxième missile dans le cas où le premier aurait manqué sa cible.

Les batteries ont été déployées au nord et au sud d’Israël, dans les bases aériennes de Ein Shemer et Palmahim. Connectées au système de radar Oren Adir développé par Elta Systems, une filiale d’Israel Aerospace Industries (IAI), les composantes proviennent de Boeing. L’entreprise Elisra Group, filiale de Elbit Systems, a quant à elle a mis au point le système de gestion de la mise à feu du missile.

Israël, qui doit faire face à une multitude de menaces contraint Tsahal à constamment ajuster sa stratégie pour protéger les civils contre les attaques et maintenir une avancée technologique sur ses adversaires. La prolifération de roquettes et de missiles balistiques à travers le Moyen-Orient – en particulier en Iran, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniens – a incité Israël à renforcer sa défense en créant un véritable « bouclier ». Etant donné l’étroitesse du territoire israélien, l’envoi de missiles balistiques peut représenter une menace existentielle.

Avec l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, le dossier iranien a refait surface. Le président américain et Benyamin Netanyahou se sont entretenus cette semaine et « sont tombés d’accord pour continuer à échanger leurs points de vue sur une série de questions régionales, notamment les menaces que constitue l’Iran », a déclaré la Maison Blanche, donnant la première indication d’un durcissement de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de Téhéran. Hier, à l’occasion d’un événement organisé à Yad Vashem en mémoire de l’Holocauste, le Premier ministre israélien a dit espérer que Donald Trump mettrait fin au « silence assourdissant » sur ce qu’il a décrit comme les intentions iraniennes d’exterminer le peule juif.

Docteur en science politique, spécialiste du Proche-Orient et des questions de Défense, Sarah Perez est chercheur et consultante risque-pays. Elle est l'auteur de Iran-Israël: une guerre technologique, Les coulisses d'un conflit invisible.