Hamas : Ismaïl Haniyeh, le pragmatisme au pouvoir ?

Par Le Monde – Aymeric Janier


L’ancien premier ministre palestinien a été désigné à la tête du mouvement islamiste, en remplacement de Khaled Mechaal. Son défi : briser l’isolement du groupe, né en 1987.

  • Sera-t-il le parangon de la réforme ou, au contraire, le chantre du statu quo ? A 54 ans, Ismaïl Haniyeh a été désigné samedi à la tête du bureau politique du mouvement islamiste palestinien Hamas, au terme d’un long processus interne frappé d’opacité. Middle East EyeYnetnews
  • Depuis 1996, ce poste était occupé par Khaled Mechaal, qui vivait au Qatar et représentait surtout le « pôle extérieur » de l’organisation, par opposition au « pôle de Gaza », dirigé jusqu’à tout récemment par Ismaïl Haniyeh, avant son remplacement par Yahya Sinouar.
  • A présent que la transition est achevée, que va-t-il advenir du Mouvement de la résistance islamique, fondé en décembre 1987 pour porter le flambeau de la lutte contre Israël et considéré comme terroriste par l’Etat hébreu, les Etats-Unis et l’Union européenne, entre autres ?
  • Né dans le camp de réfugiés de Chati (nord-ouest de la bande de Gaza), Ismaïl Haniyeh, qui a exercé brièvement les fonctions de premier ministre de l’Autorité palestinienne de février 2006 à juin 2007, est perçu comme une personnalité « pragmatique »Al-Jazira
  • A cet égard, d’aucuns subodorent qu’il va s’attacher en priorité – sans garantie de réussite – à briser l’image mortifère accolée au Hamas et à sa branche armée, les brigades Ezzedine Al-Qassam. Objectif : rompre l’isolement du groupe sur la scène internationale. BBC
  • La nouvelle doctrine du mouvement, présentée il y a quelques jours, s’inscrit dans le cadre de cette volonté d’assouplissement relatif. Dans ce document d’orientation – le premier à être publié depuis la charte d’août 1988 – le Hamas se dit en effet prêt à accepter un Etat palestinien dans les frontières de 1967, sans toutefois reconnaître le droit d’Israël à exister. HaaretzCNN
  • Il prend aussi ses distances avec les Frères musulmans, qui furent longtemps sa matrice identitaire et idéologique. Sans doute pour mieux se rapprocher de l’Egypte et apparaître plus « fréquentable ». Un changement de ton qui n’a pas l’heur de plaire à tout le monde, et notamment au Jihad islamique, l’autre mouvement islamiste palestinien. Lequel n’escompte pas céder le moindre pouce de terrain face à « l’ennemi sioniste »The Times of Israel