Gisements gaziers, mur frontalier : le Liban cherche-t-il un casus belli ?

Le contrôle des zones gazières et des frontières sont souvent à l’origine de conflits régionaux majeurs. Depuis plusieurs jours, la tension monte entre le Liban et Israël sur fond d’exploitation d’hydrocarbures offshore et de construction d’un mur frontalier dans une zone contestée par Beyrouth.

Sur le dossier des ressources et de la revendication du bloc 9, les autorités libanaises se sont dit prêtes à « contrer l’agression israélienne », tandis qu’Israël, par la voix de son ministre de l’Energie, Yuval Steinitz, appelle de son côté à trouver un compromis : « Nous espérons, et nous sommes prêts à discuter afin de trouver une solution diplomatique à ce sujet », a-t-il déclaré, réagissant aux propos du ministre de la Défense, Avigdor Lieberman. Ce dernier avait accusé le Liban de « provoquer » Israël en lançant les procédures pour l’exploitation dans le bloc 9, proche de ses frontières et qu’il considère comme appartenant à sa zone économique exclusive (ZEE).

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah n’a pas tardé à réagir dans une vidéo diffusée sur la chaîne Al-Alam al-Harbi  : « Vos installations seront ciblées (…) Quiconque veut frapper les champs pétroliers ou gaziers dans les eaux territoriales libanaises, devrait savoir que ses installations seront en représailles ciblées. Le Liban est capable de le faire ». Une déclaration qui laisse plusieurs questions en suspens. Qui gouverne réellement le Liban ? Le Hezbollah cherche-t-il un casus belli pour attaquer Israël ?

Car au même moment, un autre sujet de discorde renforce l’animosité entre les deux pays. Pour se prémunir contre d’éventuels tirs du Hezbollah, Israël a lancé la construction du mur à sa frontière avec le Liban, au sud la « ligne bleue » définie en 2000 par l’ONU, donc dans ses frontières. Le président libanais Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri et le président du parlement Nabih Berri ont accusé l’Etat hébreu de menacer la stabilité de la région en voulant ériger cet édifice le long d’une frontière qui est relativement calme depuis la guerre en 2006.

Mardi dernier, Benyamin Netanyahou s’est rendu dans le Golan accompagné par des membres du cabinet de sécurité pour un briefing sur le mont Avital qui a mis en avant la préparation des troupes face à la menace continue posée par le Hezbollah et d’autres forces soutenues par l’Iran le long de la frontière nord, transformée en base de lancement de roquettes contre Israël. Le mois dernier, le chef d’état-major Gadi Eizenkot a en effet averti que le Hezbollah renforçait ses capacités militaires : « Le groupe terroriste du Hezbollah enfreint les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, maintenant une présence militaire dans la région, détenant des systèmes militaires et améliorant ses capacités militaires ».

La milice chiite tente en effet d’obtenir des armes avancées ce qu’Israël a promis d’empêcher. Du reste, des dizaines de frappes aériennes sur des convois d’armes à destination du Liban ont été attribuées à l’Etat hébreu par des médias étrangers. Ni le Liban ni Israël n’ont intérêt à voir la situation déraper dans la zone frontalière, mais la tension est si forte ces dernières semaines que la menace d’un nouveau conflit est de plus en plus palpable.