Gaza : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire

Quand un nouveau conflit éclate entre Israël et les Palestiniens, l’émotion l’emporte systématiquement sur la raison. La grille de lecture « humanitariste » de la majorité des médias du monde entier, laisse peu de place aux analyses plus « froides » de la situation. Ainsi, le « poids » des morts côté palestinien et le choc des images a même fait regretter à certaines personnalités politiques, à l’instar de Benoit Hamon, qu’« Hélas les morts ne sont que d’un seul côté[1] ».

L’annonce par Salah Bardawil, un officiel du Hamas, que 50 des 62 Palestiniens tués par Israël au cours des émeutes qui ont éclaté à la frontière lundi et mardi derniers étaient des membres du Hamas – 3 autres appartenaient au Djihad islamique -, ne semble pas avoir ému l’opinion publique, qui ne s’est d’ailleurs pas non plus interrogée sur la provenance du bilan des personnes tuées et blessées, pourtant fourni par le Ministère de la santé, contrôlé par l’organisation terroriste palestinienne.

Cela n’a pas non plus empêché le Conseil de Sécurité de l’ONU de faire une minute de silence le 15 mai, en l’honneur de cette majorité de terroristes tués par les soldats israéliens. Convoquée à l’initiative du Koweït et présidée par la Pologne, la réunion a vu de multiples prises de paroles, dont celle de la représentante des Etats-Unis, Nikki Haley, qui a condamné le Hamas : « Ceux qui suggèrent que les violences à Gaza ont quelque chose à voir avec l’endroit où est située l’ambassade américaine se trompent grandement », a-t-elle lancé. « Une telle motivation, la destruction d’un État membre des Nations Unies, est tellement illégitime qu’elle ne mérite aucunement qu’on perde du temps en Conseil de sécurité de l’ONU. Il suffit juste de le dénoncer ». Les centaines de milliers de morts en Syrie ne méritaient-ils pas eu aussi une minute de silence ? Ni même les Rohingyas massacrés par l’armée birmane ? Quand cessera donc ce double standard à l’égard d’Israël ?

Nul doute que la situation humanitaire à Gaza est désolante mais elle est instrumentalisée pour mettre Israël au ban des nations, alors que seul le Hamas est responsable de cette situation. Mais beaucoup de journalistes occidentaux, en se fiant aux mises en scène macabres orchestrées par les mouvements terroristes palestiniens, sont tombés dans le piège traditionnel du conflit asymétrique, où les médias dressent un tableau manichéen dans lequel l’armée régulière semble nécessairement riposter de façon disproportionnée et où les agresseurs sont les victimes et ceux qui se défendent, les bourreaux.

On ne peut aspirer à la paix entre Israéliens et Palestiniens sans exigence de justice et de vérité. Si la communauté internationale, qui ne cesse de réclamer la paix au Moyen-Orient, veut vraiment faire œuvre utile, qu’elle mette un terme à ce double standard qui tend à faire d’Israël un Etat paria et qui nourrit la haine des Juifs partout dans le monde.

Plutôt que de condamner sans cesse Israël, sans tenir compte de la complexité de la situation, que la communauté internationale, et au premier rang la France, dont la voix compte en Europe et dans le monde, rappelle à toutes les parties leurs obligations pour que la paix soit le résultat d’une négociation où chacun, selon le principe de réciprocité, devra faire des concessions et accepter un compromis historique.


[1] Benoit Hamon, au micro de RTL, 15 mai 2018