Finalement autorisée par Israël, une élue démocrate renonce à se rendre en Cisjordanie (Le Figaro)

Lors d’une conférence de presse donnée lundi, l’élue démocrate musulmane Rashida Tlaib a dénoncé les politiques de Donald Trump et du premier ministre Nétanyahou, ainsi que les conditions qui lui étaient imposées pour se rendre en Cisjordanie.

Rashida Tlaib ne se rendra finalement pas en Palestine pour visiter sa grand-mère. Peinant à maîtriser ses larmes, la seule élue américaine d’origine palestinienne a expliqué lundi, devant la presse, les raisons qui l’ont poussé à renoncer à se rendre en Cisjordanie.

Après avoir reçu l’autorisation de se rendre en Palestine, «pour une visite humanitaire à sa grand-mère», l’élue démocrate a finalement fait volte-face. Elle avait dénoncé alors des «conditions oppressives», qui la restreignaient dans ses mouvements sur place. Lundi durant son intervention, elle s’est est pris au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qu’elle accuse d’avoir obéi à Donald Trump. Le président américain avait en effet déclaré la semaine dernière qu’Israël ferait preuve d’une «grande faiblesse» en acceptant une élue qui a soutenu une campagne de boycott de l’État d’Israël.

«Pourquoi devrais-je revenir et me laisser mettre en cage»

Né à Detroit de parents originaire de Palestine, Rashida Tlaib a refusé ce qu’elle a appelé des «conditions oppressives», après avoir discuté avec sa famille. Au cours de l’interview, elle cite sa grand-mère qui vit toujours dans le village de Beit Ur al-Fauqa, près de Ramalha. «Elle m’a dit que j’étais son rêve réalisé, que j’étais son oiseau libre, a-t-elle raconté la voix brisée. Pourquoi devrais-je revenir et me laisser mettre en cage, et m’incliner alors que mon élection a restauré sa dignité pour la première fois? C’est donc en larmes, à trois heures du matin, que nous avons tous décidé, en famille, que je ne pouvais pas y aller tant que je ne serai pas une élue des États-Unis libre», a conclu Rashida Tlaib.

Organisatrice de la conférence de presse, l’élue démocrate Ilhan Omar a pour sa part dénoncé l’interdiction de visite en Israël qui la frappe elle aussi comme «rien de moins que la tentative d’un allié des États-Unis de nier notre capacité à faire notre travail d’élues».

Si les États-Unis sont un allié historique d’Israël, Rashida Tlaib, et sa comparse Ilhan Omar, sont considérées par plusieurs comme des «ennemies» de l’État hébreu, car militant pour lacampagne BDS qui prône le boycott d’Israël. Or, depuis 2017, une loi israélienne permet aux autorités d’interdire l’entrée aux partisans du mouvement BDS qui appelle au boycott économique, culturel ou scientifique d’Israël afin de protester contre l’occupation des Territoires palestiniens.