États-Unis-Iran: la guerre des mots pour ne pas perdre la face (Georges Malbruno – Le Figaro)

Donald Trump a annoncé dans un tweet de nouvelles sanctions «majeures» dès lundi contre l’Iran. Peu avant, il avait assuré que si les Iraniens renonçaient à leur programme nucléaire, il deviendrait leur «meilleur ami».

Même si l’heure semble à la désescalade militaire, après le renoncement américain à frapper l’Iran qui avait détruit jeudi un de ses drones, la guerre des mots s’est poursuivie durant le week-end entre Iraniens et Américains, chaque camp ne pouvant perdre la face dans la partie de bras de fer en cours.

Le «faucon» John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qui plaidait pour une riposte militaire, a averti l’Iran dimanche. «Ni l’Iran ni aucun autre acteur hostile ne devrait confondre prudence et retenue de la part des États-Unis avec de la faiblesse», a déclaré M. Bolton, avant une rencontre à Jérusalem avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. «Nos forces armées sont prêtes à partir», a-t-il ajouté.

«Meilleur ami»

Samedi, Donald Trump avait annoncé dans un tweet de nouvelles sanctions «majeures» dès lundi contre l’Iran, affirmant que «l’Iran ne peut pas avoir d’armes nucléaires!». Peu avant, le locataire de la Maison-Blanche, qui alterne déclarations martiales et appels au dialogue, avait assuré que si les Iraniens renonçaient à leur programme nucléaire, il deviendrait leur «meilleur ami». «Quand le régime iranien décidera de renoncer à la violence et de répondre à notre diplomatie par la diplomatie, il sait comment nous joindre.» «D’ici là, notre campagne d’isolement diplomatique et de pression économique contre le régime va s’intensifier», a affirmé le secrétaire d’État Mike Pompeo.

Samedi, le Washington Post et le site Yahoo! News rapportaient que Donald Trump a autorisé secrètement des représailles sous forme de cyberattaques contre les systèmes de défense iraniens. Selon le Washington Post, une des cyberattaques a visé des ordinateurs servant à contrôler des lancements de missiles et de fusées. D’après Yahoo! News, l’autre attaque informatique a frappé un réseau d’espionnage chargé de surveiller les passages de navires dans le détroit d’Ormuz. Selon le Washington Post, ces cyberattaques, planifiées depuis plusieurs semaines, avaient été initialement proposées par les militaires américains comme riposte après les attaques mi-juin contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

«Ils se démènent, mais ils ont échoué», a assuré lundi sur Twitter le ministre iranien des Télécoms, Mohammad Javad Azari-Jahromi. L’agence de presse iranienne Fars, proche des conservateurs, avait au préalable laissé entendre que le piratage pourrait être un «bluff visant à toucher l’opinion publique et à redorer la réputation de la Maison-Blanche» après la destruction en vol du drone quatre jours plus tôt.

Exécution pour «espionnage»

Téhéran, qui a révélé qu’un précédent drone espion américain était déjà entré dans son espace aérien fin mai, continue de mettre en garde les États-Unis. «Tirer une balle en direction de l’Iran mettra le feu aux intérêts de l’Amérique et de ses alliés» dans la région, a déclaré samedi le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l’état-major conjoint des forces armées iraniennes. Téhéran a par ailleurs annoncé samedi l’exécution pour «espionnage» d’un prestataire du ministère de la Défense, accusé d’avoir collaboré avec la CIA.

Dans ce contexte tendu, les Émirats arabes unis, alliés des États-Unis mais aux premières loges en cas d’embrasement dans le Golfe, exhortent au dialogue.