Eradiquer l’islamisme pour ne pas être condamnés à vivre avec le terrorisme

Si chacun des attentats que nous avons connus en France nous a littéralement sidéré, celui de Nice est celui qui aura convaincu les incrédules que nous avons changé de paradigme, que l’Histoire de France a pris un tournant tragique, à la mesure de la violence qui frappe notre sol depuis plusieurs années. Ainsi le terrorisme n’est plus une variable mais une constante et l’attentat du 14 juillet aura définitivement fait prendre conscience que toutes les strates de la société, gouvernants et gouvernés, doivent prendre part au combat contre l’islamisme, qui est la racine du mal et non le terrorisme qui est un moyen d’action. Sans comprendre ce principe de base, nous serons condamnés à nous habituer à vivre avec le terrorisme. Rappelons qu’en 1939, nous n’étions pas en guerre contre les Allemands mais contre le nazisme, une idéologie mortifère.

 

Après les tueries du Bataclan et du Stade de France en novembre 2015, le Premier ministre Manuel Valls a commis l’erreur d’appeler les Français à « s’habituer à vivre avec le terrorisme », avouant ainsi son impuissance face à cette menace globale, extérieure et intérieure.  Nous sommes si peu habitués aux conflits armés que nous résonnons par abstraction, la guerre a définitivement perdu le caractère, héroïque, romantique et patriotique qu’elle revêtait au 20ème siècle et aujourd’hui, nous cherchons à tout pris à l’éviter alors qu’elle s’impose à nous, de toute évidence.

 

Notre société a été vidée de toute morale religieuse pour être investie par une morale laïque, sans Dieu tandis que toute expression religieuse est mal perçue, au nom de la laïcité souvent confondue avec l’athéisme. Notre propre culture s’est oubliée à force de déconstruction, de culpabilité, de haine de soi, dénigrant ce qu’étaient une nation, un peuple, des racines. Or les idées qui mènent au radicalisme religieux se nourrissent de cette faiblesse.

 

Les islamistes ne font que reprendre les mêmes termes de la bien-pensance sur la mauvaise conscience de l’Occident ou de l’abjection de notre société consumériste, des Etats-Unis ou d’Israël pour radicaliser des individus. Le politiquement correct a fait des ravages mortels et si le réveil citoyen n’est pas couplé à un travail de fond, structurel, de la part de nos dirigeants, alors nous aurons perdu ce combat contre la barbarie.

Docteur en science politique, spécialiste du Proche-Orient et des questions de Défense, Sarah Perez est chercheur et consultante risque-pays. Elle est l'auteur de Iran-Israël: une guerre technologique, Les coulisses d'un conflit invisible.