Edito du 22 Mars 2021

Neuf ans se sont écoulés mais la douleur est intacte. Le 19 mars 2012,  le rabbin et professeur Jonathan Sandler, ainsi que ses deux fils Gabriel et Arieh étaient assassinés à l’école juive Ozar Hatorah à Toulouse. Myriam Monsonego, fille du directeur de l’établissement, a également  été abattue par le terroriste Mohamed Merah.

Quelques jours plus tôt, le 11 mars 2012, à Toulouse, le militaire Imad Ibn Ziaten avait été assassiné sous les balles du tueur. Et le 15 mars, à Montauban, le caporal Abel Chennouf, le 1re classe Mohamed Farah Chamse-Dine Legouad succombaient aux balles du terroriste. Ce jour-là, une troisième victime, Loïc Liber, s’en est sortie, mais est restée paralysée.

Leurs visages sont à jamais gravés dans nos mémoires. L’islamisme a condamné à mort des enfants, l’islamisme a décimé des familles, l’islamisme continue de gangréner notre société. Depuis ce mois de mars 2012, les attentats terroristes n’ont pas connu d’interruption. Ils ont été si nombreux qu’il nous arrive parfois d’en oublier certains. Si nos dirigeants ont promis de faire de la lutte contre le terrorisme une priorité nous sommes confrontés à un problème de fond qui empêche de mener à bien ce combat.

On constate en effet  la multiplication de déclarations qui, dans le monde de l’enseignement notamment, évitent de nommer l’idéologie islamiste qui inspire les attentats qui nous frappent, et même parfois le terrorisme, qui le caractérise. Quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, la principale réaction de la Conférence des présidents d’université (CPU), a été de « faire part de l’émotion suscitée » par des propos de Jean-Michel Blanquer sur Europe 1 et au Sénat le 22 octobre. Le ministre de l’Éducation nationale avait constaté sur Europe 1 que « l’islamo-gauchisme fait des ravages à l’université », notamment « quand une organisation comme l’UNEF cède à ce type de choses ». Il dénonçait une « idéologie qui mène au pire », notant que l’assassin a été « conditionné par des gens qui encouragent cette radicalité intellectuelle ».

La France et l’Europe ne sont pas condamnées à subir sans relâche la menace terroriste et la radicalisation islamiste. Le combat n’est pas terminé, il nous faut en adresser les enjeux, les moyens et les perspectives.

C’est dans ce contexte qu’ELNET a créé avec la participation de l’ancien Premier Ministre Manuel Valls le « Sommet européen sur la radicalisation islamiste et la menace terroriste ». Réunissant un parterre franco-européen de décideurs politiques et  d’universitaires de renom, il a eu pour but d’adresser les questions relatives au séparatisme, à la liberté d’expression, à la laïcité à la française mais aussi à l’islamisme comme crise pan-européenne. 

Ce sommet européen a été conçu pour offrir une plateforme inédite permettant la tenue de discussions informelles de haut niveau rassemblant des responsables politiques de premier plan, des experts venant des quatre coins de l’Europe et du monde arabo-musulman.

Il s’agit à travers la mise en commun des analyses et des expertises, de permettre une meilleure connaissance de la mouvance islamiste radicale, de ses racines historiques et géopolitiques, de ses composantes et de son pouvoir de nuisance ainsi que de proposer un état des lieux de la menace terroriste qui pèse sur l’Europe dans son ensemble pour pouvoir mieux la combattre.